Glass Steagall

Vous trouverez sur cette page – par pays et par ordre chronologique – les articles, vidéos, rapports de mobilisation relatifs à la bataille pour réinstaurer le Glass Steagall, la loi de F.R.Roosevelt ordonnant la séparation stricte entre banques de dépôt et banques d’affaires.

L’action de Solidarité et Progrès et du mouvement de Lyndon LaRouche dans ce qui constitue l’enjeu de ce début de millénaire y figure au premier plan et ce d’autant plus que se multiplient des initiatives similaires à la nôtre qui, pour aussi bienvenues qu’elles soient quant au but à atteindre, tentent – pour certaines – de passer sous silence notre rôle pionnier.

Sommaire

1. Glass-Steagall ? Couper les banques en deux ? De quoi s’agit-il ?
Le Glass-Steagall par pays
2. En Allemagne
3. En Belgique
4.  Au Danemark
5. En Espagne
6. Aux Etats-Unis
7. En France
8. En Finlande
9. En Grande-Bretagne
10. En Islande
11. En Italie
12. En Russie
13. En Suède
14. En Suisse
15. Union européenne
16. Ailleurs dans le monde
Pour aller plus loin
17. La bataille historique du Glass Steagall

 

 

FDR_campagne

 

 

1. GLASS STEAGALL ? COUPER LES BANQUES EN DEUX ? DE QUOI S’AGIT-IL ?

 

Il est important de savoir précisément ce en quoi consiste véritablement la loi Glass Steagall car des versions frelatées sont promues ici et là (par exemple la version Vickers ou la version Liikanen). Ces dernières ont pour objectif, dans un contexte où la pression monte pour exiger une mise au pas des banques et des intérêts financiers, de tromper les gens notamment grâce à des formulations ambigües voir des aspects techniques rebutant les trop curieux. Le but ultime est, évidemment, que dans l’hypothèse où les législateurs décident d’agir, ils adoptent une version des plus bénignes ne remettant surtout pas en jeu le casino spéculatif. C’est ce qui s’est passé aux Etats-Unis avec la loi Dodd Franck comme vient de le reconnaître le professeur d’économie à l’université de Berkeley (Californie) Barry Eichengreen (Why no Glass Steagall II ? (1))

3 mai 2010 – S&P – Mettre les banques au pas et redonner le la :

Le Glass-Steagall global et le précédent français

23 juin 2011 – S&P – VIDEO : Qu’est-ce que Glass-Steagall, au juste ?

13 avril 2012 – Cheminade2012 – VIDEO : Pourquoi il faut couper les banques en deux

13 avril 2012 – Cheminade2012 – VIDEO : Le crédit public en une minute chrono

Revenir au sommaire

 

 

Germany

 

2. EN ALLEMAGNE

 

En Allemagne, le mythe de la « banque universelle » est confronté aux déboires de la Deutsche Bank (raid de la police dans l’affaire de la fraude sur les certificats d’émission de CO2, enquête de la Bafin sur la manipulation de l’Euribor, etc.). La rumeur enfle au Bundestag mais seul un groupe parlementaire ou un groupe d’au moins 5 % des députés peut proposer une loi. Toutefois, le 22 avril, des auditions ont eu lieu au Bundestag dans le cadre d’une proposition de loi portant sur une réforme bancaire (voir ci-dessous).

Alors que les élections législatives se profilent à l’automne et dans un contexte où, en Allemagne comme ailleurs, le discrédit du monde financier est total, le gouvernement vient d’adopter une loi portant sur la séparation des activités de banques. En d’autres termes, on essaie d’éteindre la contestation en mettant en place des mesures qui feront peut-être grogner les banques pour la forme mais qui, fondamentalement, ne remettent pas en cause leur fonctionnement quasi-délictuel. En effet, sous un même toit – ce qu’implique le terme séparation des activités, par opposition à séparation des établissements selon leur métier respectif – l’inceste financier pourra se dérouler avec, en plus, la justification que “des mesures ont été prises” !

On souligne partout que cette loi est inspirée par le débat sur la réforme bancaire en France. Sans aucun doute, puisque M. Hollande et Mme Merkel ont trouvé sur cette question un accord.

7 février 2013 – Les Echos – Allemagne : une douzaine de banques devront se scinder

_______________________

14 avril 2013 – La résolution suivante a été adoptée le 14 avril dernier, suite à la conférence de deux jours de l’Institut Schiller tenue en Allemagne et dédiée à la création d’un nouveau paradigme pour sauver la civilisation.

“Rassemblés à Flörsheim-an-Main en Allemagne, et représentants des pays de tous les continents, nous affirmons notre soutien sans réserve à l’adoption par le Congrès des Etats-Unis d’une Loi Glass-Steagall, tant à la Chambre des représentants qu’au Sénat, dans l’esprit de la proposition de loi H.R. 129 de Marcy Kaptur et Walter Jones.

« Nous sommes tous convaincus qu’il s’agit-là d’une question de vie ou de mort, et que seule une Loi Glass-Steagall aux Etats-Unis peut mettre un terme aux politiques de génocide du système monétaire international existant. C’est l’arme indispensable pour rompre les chaînes de l’Empire Britannique. En bref, c’est soit Glass-Steagall, soit le chaos et le génocide.

Nous sommes par conséquent engagés à mener la bataille pour que le principe Glass-Steagall soit adopté, tant aux Etats-Unis qu’au sein de chacun de nos pays. C’est à partir de là que pourra se mettre en place un système de crédit public dans la tradition d’Alexander Hamilton, fondé sur une banque nationale pour financer la reconstruction de l’économie mondiale. Afin que l’humanité ait un avenir, il faut que nous mettions fin aux politiques actuelles de résolution des conflits par la guerre et nous accordions sur les objectifs communs de l’humanité, telle qu’une victoire contre la pauvreté dans le monde et la défense de notre planète contre les très réelles menaces provenant de l’espace en organisant une Initiative de défense terrestre.

« L’adoption immédiate de Glass-Steagall, cependant, est le premier pas, sans lequel aucun autre objectif ne pourra jamais être réalisé.

« Notre développement mutuel est le nouveau nom de la paix, et la seule alternative à la dérive vers la guerre thermonucléaire. »

_______________________

22 avril 2013 – Le Comité des finances du Bundestag a entamé des auditions pour préparer l’examen d’un projet de loi relatif à l’adoption d’une réforme bancaire. Ce projet de loi trompeusement intitulé Trenbanken (séparation de banques) semble s’inspirer fortement de la pseudo réforme bancaire de Pierre Moscovici tout juste adoptée en France. Une vingtaine d’experts avaient été invité pour donner leur point de vue : Sir John Vickers (Commission Vickers), Thierry Philipponnat de Finance Watch, les grandes associations bancaires, la fédération syndicale DGB et plusieurs universitaires.

C’est Thierry Philipponnat qui apporta la contribution la plus significative en indiquant que seul 1% des transactions financières seraient concernées par le projet de loi, une proportion similaire à celle de la réforme bancaire française. Il insista par ailleurs qu’une division stricte est nécessaire avec d’un côté, les fonctions de crédit, de paiement et de détail et de l’autre côté, tout ce qui est relatif aux activités de marché et le marché pour compte propre (proprietary trading). A cet effet, il cita les statistiques de la Banque des règlements internationaux (BRI) qui montrent qu’aujourd’hui 93% des transactions financières se font de banques à banques, l’économie réelle ne jouant presque aucun rôle. La Deutsche Bank à elle seule serait à la tête d’un volume de 60.000 milliards d’€ de produits dérivés, représentant presque 23 fois le PIB de l’Allemagne et pas loin du PIB mondial.

Comme M. Philipponnat l’a montré, toutes ces activités financières sont en fin de compte nourries à partir du système public de banques et d’assurances des Etats-nations et donc par les contribuables. Ceci se vérifie pour toutes les banques indépendamment de leurs « nationalités ». Aussi la question est-elle la suivante : la société entend-elle réellement subventionner ces positions financières ?

Ce fut la seule intervention dans l’enceinte du Bundestag, à poser les vraies questions, les autres intervenants se contentant de couvrir d’une manière ou d’une autre les banques spéculatives.

Toutefois, à l’extérieur du Bundestag, une équipe du Bueso, le parti frère de Solidarité et Progrès en Allemagne, interpellait les parlementaires en distribuant la version allemande de notre appel à un Glass Steagall qui a déjà été signé en France par de nombreuses personnalités. Cet appel, rappelons-le, exige que l’on reprenne la loi de séparation des banques à l’identique de ce que Franklin Delano Roosevelt avait fait avec le Glass Steagall Act.

_______________________

2 mai 2013 – Dans le cadre de la mobilisation internationale lancée depuis la conférence de l’Institut Schiller des 13 et 14 avril en Allemagne, des citoyens de différents pays ont décidé d’adresser au Congrès des Etats-Unis des courriers pressant ses représentants, au nom de l’intérêt commun entre les Nations, de remettre en vigueur la séparation des banques, Glass Steagall Act, au plus vite.

Notons, parmi les premiers à faire la démarche, une adjointe au maire allemande, deux universitaires espagnols et une douzaine de citoyens mexicains.

Cette mobilisation se traduit également par l’engagement personnel des participants à la conférence de l’Institut Schiller à l’instar de Nino Galloni, économiste, ancien directeur général du Ministère italien du travail, interviewé par le responsable de la communication au Sénat du mouvement Beppe Grillo. Dans cette longue interview M. Galloni explique comment l’économie doit être reconstruite en commençant par la réintroduction du Glass Steagall.

_______________________

17 mai 2013 – le Bundestag allemand a adopté un projet de loi de restructuration bancaire présenté par le gouvernement comme la «première loi de séparation bancaire adoptée en Europe»,
encore que les trois partis d’opposition (SPD, Verts et La gauche) aient voté contre. Elle doit être soumise à la chambre haute, le Bundesrat, qui est composé des représentants des seize Länder, où ces mêmes partis détiennent la majorité. S’ils la rejettent, elle sera soumise à la commission de médiation
des deux chambres, qui ne donnera vraisemblablement pas son accord avant les vacances d’été, voire pas avant les élections législatives du 22 septembre. Contrairement à ce que prétend le gouvernement, le projet de loi prévoit un simple «cantonnement» (ring-fencing) des banques, c’est-à-dire pas de réelle séparation des activités bancaires commerciales de celles de marché, et rien qui pénalise la spéculation. Il est expressément dit qu’il facilitera les activités bancaires de marché ! Même la Commission Liikanen, mandatée par l’UE, voit dans ce texte une version très édulcorée de sa propre proposition de cantonnement, une sorte de Liikanen «allégé» impliquant une protection du secteur bancaire commercial et de ses dépôts largement insuffisante.
Le nouveau projet de loi et l’Union bancaire sont à juste titre rejetés par les caisses d’épargne allemandes, qui les considèrent comme une nouvelle tentative des banques privées d’éliminer le secteur bancaire public, vu comme un obstacle à la dérégulation et la privatisation totales.

_______________________

13 juin 2013 – Dans une interview au quotidien allemand Handelsblatt, Tom Hoenig, le vice-président de l’Agence fédérale de garantie des dépôts FDIC, appelle à casser les banques en deux.

Hoenig rejette catégoriquement les l’argument avancé par les opposants à la séparation selon lequel les banques d’investissement (spéculatives) étant de type “systémiques”, elles doivent être protégées. Il explique que “seules les banques traditionnelles sont irremplaçables” et que l’État doit cesser d’accorder des garanties tacites aux banques d’investissement. Les Etats, devraient “abandonner les banques investissement à la volonté des marchés financiers”, dit-il. Il ajoute que la prochaine grande crise est préprogrammée et qu’il faut s’y préparer et conclue que les banques qui font faillite, même les plus grandes, ne devraient pas être renflouées à moins qu’elles ne sont pas utiles à l’économie réelle.

–> Der Feind der Wall Street

_______________________

13 août 2014 – Markus C. Kerber, fondateur du groupe d’eurosceptiques Europolis et l’un des plaignants auprès de la Cour constitutionnelle contre le système de renflouement de l’euro, a déclaré dans une interview le 13 août à l’hebdomadaire Focus que le Mécanisme de supervision unique (MSU) de l’UE (contre lequel il a déposé une autre plainte) est illégal et que la BCE n’est pas habilitée à superviser les banques indépendamment des autorités nationales. Il accuse également la BCE de fausser la compétition, en diluant les conditions requises pour le rachat d’actifs par les banques centrales en tant que collatéral. « Les banques centrales d’Autriche et de Chypre par exemple – en forçant un peu le trait – sont désormais libres de prendre du papier toilette comme collatéral. » Une véritable réforme, selon Kerber, doit « séparer les banques de marché des institutions de crédit ».

 

Revenir au sommaire

 

 

Belgium

3. EN BELGIQUE

 

 

Une proposition de loi (DOC 53/ 0166/001) a été introduite à la Chambre des députés le 10 septembre 2010, puis reformulée et réintroduite le 21 octobre 2011(DOC 1835/001) par Meyrem Almaci, Georges Gilkinet, Muriel Gerkens et Stefaan Van Hecke (de Ecolo-Groen !). Elle est en attente d’examen à la commission des Finances.

21 octobre 2011 – Chambre des représentants de Belgique – Proposition de loi

_______________________

Au quotidien La Libre Belgique , qui lui demandait quel type de réforme bancaire il envisageait, le Premier ministre Elio di Rupo (Parti socialiste) a déclaré le 1er septembre 2012 :

« Les moyens financiers tournent dans le monde de la finance et ne sont plus consacrés, de manière suffisante, à l’économie réelle. Cela n’est pas normal. Il y a une demande, en Belgique comme dans d’autres pays – aux Etats­-Unis par exemple –, de scinder les banques : d’un côté les banques de dépôt, de l’autre les banques d’affaires. Des réflexions ont lieu chez nous, à la Banque nationale et au niveau européen. »

« Ma conviction est que l’on doit parvenir à scinder les banques, à réduire leur taille et à protéger les avoirs des citoyens de manière à éviter que les Etats interviennent. Il faudra prendre des dispositions de sorte que tous les comportements à risque soient assumés par ceux qui les posent. Il faudra des clauses qui imposent des pénalités directes à la fois chez les gestionnaires et chez les actionnaires en cas d’erreurs manifestes. »

1er septembre 2012 – La Libre Belgique – Interview d’Elio di Rupo

_______________________

26 juillet 2012 – finance-watch.org – Ces banquiers seniors qui soutiennent la séparation des activités bancaires

28 janvier 2012 – Agora Erasmus – Belgique : le texte complet de la loi de séparation bancaire adoptée en 1934

29 janvier 2013 – Finance Watch – Recommandations de Finance Watch pour donner de la substance au projet de loi bancaire

_______________________

9 mai 2013 – Duncan Lindo, senior economist de l’association
Finance Watch, a rédigé un rapport en faveur de la séparation des banques “De l’importance d’une séparation – rétablir la souveraineté de l’intérêt général sur les banques” qui constitue sans doute l’une des propositions les plus avancées et les plus complètes en dehors de ce que le mouvement de Lyndon LaRouche a proposé jusqu’à présent.

http://www.finance-watch.org/presse/communiques-de-presse/585?lang=fr

_______________________

23 mai 2013 – Dans une tribune publiée par l’AGEFI, Thierry Philipponnat, secrétaire général de l’ONG Finance Watch, parlant à propos de la consultation publique lancée par la Commission européenne, renouvelle son appel pour une séparation stricte des banques tout en soulignant à quel point la loi Moscovici en France en est loin. Bien que son nom n’y soit pas explicitement évoqué, c’est bien du rétablissement de la loi Glass-Steagall qu’il s’agit.

Finance Watch renouvelle son appel pour une séparation bancaire

_______________________

5 août 2013 – Agora Erasmus – Glass Steagall : un député belge écrit aux membres du Congrès américain

31 août 2013 – S&P – Le Premier ministre belge Elio di Rupo rappelle sa position sur Glass-Steagall

1er octobre 2013 – Agora Erasmus – Le président du PS flamand au Congrès américain : « Glass-Steagall : qu’attendent les hommes politiques ? »

28 octobre 2013 – S&P – Belgique : mobilisation populaire pour scinder les banques

_______________________

26 novembre 2013 – Dans une tribune publiée dans le quotidien flamand De Morgen, l’économiste belge de renom Paul de Grauwe (London School of Economics, Université catholique de Louvain), un partisan d’un retour à une séparation bancaire stricte de type Glass-Steagall, a taillé en lambeaux la loi de réforme bancaire proposée par le ministre des Finances Koen Geens.

La loi Geens, présentée aux membres du cabinet le 25 novembre, annonce vouloir endiguer les activités spéculatives des banques. « Le rêve de certains (dont moi-même) de séparer complètement ces activités des banques est en pièces », écrit de Grauwe. « Le ministre a suivi les souhaits des banquiers et n’a donc pas un plan pour introduire une séparation. »

Si la législation Geens était adoptée, là où l’activité spéculative d’une banque dépasse les 2,5% de ses fonds propres, la loi l’obligerait à les cantonner dans une filiale. « Et alors, objecte de Grauwe, une filiale est une partie de la banque. D’une séparation il n’en est donc pas question. Par contre, ce que le ministre réussit, c’est d’introduire ’’la fiction’’ d’une séparation. Mais tout le monde sait que ce qu’on mettra dans la filiale restera sous le contrôle entier de la banque. (…) Merci, Monsieur le ministre, disent spontanément les banquiers ».

« Ce plan bancaire échoue à séparer l’activité de banque d’affaire de celle de banque traditionnelle, avec de lourdes conséquences pour l’avenir », analyse de Grauwe. L’économiste note également que le plan Geens fait l’impasse sur le très faible ratio des fonds propres par rapport aux bilans des banques belges, qui est de seulement de 5%. Alors que ce ratio se situe, hors du secteur bancaire, à 20-30% pour les sociétés bien gérées. Contrairement aux banques, ces dernières « savent que des chocs peuvent provoquer des pertes conséquentes. Elles comprennent que pour amortir ces chocs et éviter les faillites, un gros matelas sous forme de capitaux propres est nécessaire ».

Pour leur part,

les banquiers belges ne s’en inquiètent guère (…) alors qu’une baisse relativement marginale de la valeur de leurs actifs suffit pour plonger leur fonds propres dans le négatif. De tels chocs vont certainement encore se produire.

Pourquoi les banquiers belges ne s’en inquiètent-ils si peu ? « La raison a tout à faire avec le syndrome too big to fail (trop gros pour sombrer) », poursuit-il. Les banquiers savent très bien qu’avec le système de banques universelles, les autorités n’ont pas d’autre choix que de les sauver.

Ce qui est triste, conclut l’économiste, c’est le fait qu’en dépit de la crise bancaire de 2008, le modèle bancaire n’a quasiment pas évolué.

A la marge, on a renforcé la régulation, mais au niveau des fondamentaux, c’est-à-dire la pratique qui permet aux banques de mélanger des activités spéculatives avec la pratique bancaire traditionnelle (…), elle est restée inchangée. Si à l’avenir de nouvelles turbulences se produisent, nos grandes banques seront comme l’oiseau pour le chat. Et le ministre ne change rien à cela. Son plan bancaire n’est rien de plus qu’une feuille de vigne.

_______________________

13 décembre 2013 – Belgique : dans un appel commun, quatre députés belges et Agora Erasmus appellent à un Glass Steagall

18 décembre 2013 – S&P – Belgique : le lobby bancaire vent debout pour saboter Glass-Steagall

_______________________

Rétrospective 2013 pour la Belgique

Des deux côtés de l’Atlantique, des débats intenses sur la nécessité d’effectuer une stricte séparation entre banques de dépôt et banques de marché pour protéger les citoyens et l’économie réelle se sont intensifiés tout au long de l’année dernière. Dans tous ces cas, un rôle catalyseur a été joué par le mouvement international associé à Lyndon LaRouche et notamment, en Belgique, Agora Erasmus. A souligner toutefois qu’une séparation de type Glass-Steagall n’est qu’un premier pas vers un nouveau système de crédit destiné aux investissements productifs, après avoir éliminé les milliers de milliards de dollars de déchets toxiques.
Face à cela,  en étroite coopération avec ses alliés de la Troïka et de la BCE, le lobby bancaire s’est mobilisé pour saboter une telle réforme en défendant la poursuite des sauvetages bancaires et la mise en œuvre de l’expropriation des dépôts, ou « bail-in ».

Les temps forts

Le Premier ministre Elio di Rupo du Parti socialiste (PS), la vice Première ministre Laurette Onkelinx, et les présidents des PS wallon (Paul Magnette) et flamand (Bruno Tobback), ont tous soutenus une séparation stricte des banques.
Mais l’opposition était forte. Par conséquent, la réforme bancaire que le gouvernement a fini par proposer fin décembre ressemble au modèle du cloisonnement « électrifié » (ringfencing) adopté en Grande Bretagne, plus quelques mesures de protection des déposants. Le combat se poursuivra dans la nouvelle année, aiguillonné par Agora Erasmus.
Par ailleurs, l’été dernier, le député socialiste Dirk Van der Maelen a envoyé une lettre personnelle aux membres du Congrès américain les appelant à voter les propositions de loi prévoyant un retour à Glass-Steagall. Son collègue Bruno Tobback a également écrit une lettre, demandant à la fin « Qu’attendons-nous ? »

Revenir au sommaire

 

Denmark

4. AU DANEMARK

 

 

Trois commissions du Parlement danois ont entendu des dépositions de représentants de l’Institut Schiller sur la mise en œuvre de Glass-Steagall pour mettre fin à l’hyperinflation globale et au chaos.

17 juin 2013 – Lors d’un rassemblement politique de deux jours au Danemark, une délégation de l’Institut Schiller a pu présenter la nécessité de la séparation des banques en deux à un grand nombre d’élus (parlementaires, maires), de représentants de syndicats, de fonctionnaires et de simples citoyens. Beaucoup d’entre eux étaient d’autant plus familiers avec le Glass Steagall, que Tom Gillesberg, de l’Institut Schiller, s’était déjà présenté à des élections avec comme thème de campagne la séparation en deux des banques.

Revenir au sommaire

 

Spain


5. EN ESPAGNE

 

21 mai 2013 – Dans un article posté sur internet le 21 mai par Colectiva Burbuja, un groupe de discussion alternatif qui diffuse sur internet, par la radio et sur YouTube, le journaliste d’investigation bancaire Josep Manuel Novoa insiste sur l’urgence d’adopter la loi Glass-Steagall, en citant la campagne de l’économiste américain Lyndon LaRouche pour le rétablissement de cette loi de Franklin Roosevelt aux Etats-Unis.

Arrêtez de faire les ânes et appliquez le Glass-Steagall !

_______________________

24 mai 2013 – L’économiste Juan Laborda vient d’écrire un excellent article, publié dans le site Voz Populi, présentant les dernières avancées dans la campagne pour rétablir le Glass Steagall Act de Rossevelt aux Etats-Unis. En particulier Laborda se concentre sur la percée que représente la toute récente introduction par le sénateur démocrate Tom Harkin du projet de loi SB 985. L’auteur replace ce projet de loi dans le contexte historique de ce qu’a été le Glass Steagall et l’erreur monumentale qu’a été son abandon et fait également le lien avec le projet de loi de Marcy Kaptur.

_______________________

22 juillet 2013 – La bataille pour le Glass Steagall s’invite dans la presse espagnole. L’édition dominicale du quotidien El Pais publie un article par son correspondant de New York sous le titre « Faire revivre le pare-feu de la grande dépression ». L’auteur montre l’importance du projet de loi « Glass
Steagall for the 21st Century” (Glass Steagall pour le XXI siècle) dans un contexte où la loi Dodd Franck et les provisions Bâle III sont au coeur d’une polémique dénonçant leur insuffisance et, surtout, le fait qu’elles ont été conçues pour le bénéfice de l’industrie financière.

Un autre article, de Juan Laborda dans le site Voz Populi, est également consacré au nouveau projet de loi et mentionne aussi celui déposé auparavant par Tom Harkin.

_______________________

9 décembre 2013 – Alfredo Mirando, correspondant de Hispan TV à Washington, explique dans ce reportage comment des élus se mobilisant pour la réinstauration du Glass Steagall sont l’objet de pressions et de menaces du lobby bancaire.

–> Lobby amenaza a legisladores en EEUU

_______________________

23 janvier 2013 – S&P – Séparation des banques : une commune espagnole rejoint la bataille

Revenir au sommaire

United-States

 

6. AUX ETATS-UNIS

 

GS_NOWLes Etats-Unis – pays du Glass Steagall – constituent évidemment la pierre angulaire de la bataille. Il faut savoir que la discussion sur sa réinstauration a été portée sur la scène publique par la mobilisation sans relâche de Lyndon LaRouche et de son mouvement. Cette mobilisation est maintenant rejointe par des forces ayant pris conscience de l’erreur monumentale qu’a été l’abrogation du Glass Steagall en 1999. Du fait même ce que représentent les Etats-Unis, l’enjeu est crucial. Toutefois, les Européens doivent comprendre que leur propre mobilisation peut agir comme levier sur les Etats-Unis et que, réciproquement, ils ne pourront agir efficacement dans leurs pays respectifs que s’ils comprennent, font connaître et s’associent à ce qu’il se passe outre-Atlantique.

25 mai 2010 – S&P – Mobilisation aux USA pour un Glass-Steagall et contre les dérivés

12 février 2011 – jacquescheminade.fr – Rapport Angelides : une arme pour un sursaut politique

17 février 2011 S&P – Rapport Angelides 1ère partie

11 mars 2011 – S&P – Rapport Angelides 2ème partie

4 juin 2011 – S&P – USA : Marcy Kaptur monte au créneau pour rétablir Glass-Steagall

15 juin 2011 – S&P – La confédération syndicale américaine du New Jersey apporte son soutien au nouveau Glass-Steagall !

12 août 2011 – S&P – USA : La première confédération syndicale veut rétablir Glass-Steagall

21 juin 2012 -S&P – Paul Volcker part en campagne contre tout retour à Glass-Steagall !

23 juin 2012 – BOM – Poster “Glass Steagall or die”

27 juillet 2012 – S&P – Le vent du changement souffle sur les Etats-Unis : l’ex-patron de Citigroup Sandy Weill se convertit à Glass-Steagall (1)

–> CNBC – Wall Street Legend Sandy Weill: Break Up the Big Banks

31 juillet 2012 – S&P – Les « trois Times » se convertissent à Glass-Steagall

_______________________

5 janvier 2013 – S&P – Congrès US : un projet de loi pour rétablir Glass-Steagall !

Le projet de loi H.R. 1489 introduit par la représentante démocrate de l’Ohio Marcy Kaptur devant le 112ème Congrès des États-Unis a été de nouveau présenté devant le 113ème Congrès pratiquement dans les mêmes termes. Il s’appelle désormais H.R. 129.

–> Library of Congress – H.R.129 — Return to Prudent Banking Act of 2013

La version française de H.R. 129 est disponible ici.

_______________________

10 janvier 2013 – S&P – Robert Reich : l’heure est au Glass-Steagall

10 janvier 2013 – project-syndicate.org – Why no Glass Steagall II ?

16 janvier 2012 – S&P – USA : Le texte du projet de loi rétablissant Glass-Steagall !

17 janvier 2013 – S&P – Un dirigeant de la Fed veut couper les banques en deux !

7 janvier 2013 – Bloomberg – Breaking Up Banks Is Easy When They Aren’t Failing

_______________________

Thomas M. Hoenig, vice-président de la FDIC (Federal Deposit Insurance Company, organisme d’Etat créé sous Rossevelt par la même loi qui institua le Glass Steagall), explique que le problème du “Too big to fail” pourrait être facilement résolu en privant de la garantie de l’Etat les banques financiers se livrant à des activités autres que celles de leur métier véritable.

17 janvier 2013 – americanbancker.com – Banking Safety Net Makes Wall Street Dangerous

_______________________

24 janvier 2013 – S&P – USA : nouveaux soutiens au projet de loi Glass-Steagall

25 janvier 2013 – S&P – Le magazine Forbes veut une séparation stricte des banques !

_______________________

4 février 2013 – Mardi après-midi, une résolution a été introduite devant la législature de l’État de Pennsylvanie (USA) appelant le Congrès à adopter le projet de loi H.R. 129 de la représentante démocrate de l’Ohio Marcy Kaptur. Ce projet de loi entend remettre en vigueur la loi Glass Steagall telle qu’elle avait été votée en 1933 et, en particulier, la séparation des banques en deux. Cette résolution (H.R. 73) a été présentée par le représentant Mark Cohen avec le soutien de six représentants démocrates et deux républicains.

_______________________

8 février 2013 – Quatre nouveaux représentants viennent d’endosser le projet de loi H.R. 129 de Marcy Kaptur pour restaurer le Glass Steagall Act. Tous sont démocrates. Il s’agit de Judy Chu et George Miller de Californie, de David Cicilline du Rhode Island et de Daniel Lipinski d’Illinois.

_______________________

14 février 2013 – Un nouveau co-sponsor vient de s’ajouter à la liste des 12 élus soutenant la résolution H.R. 129 de Marcy Kaptur pour la réinstauration du Glass Steagall Act. Il s’adit de Collin Peterson, représentant démocrate du Minnesota.
_______________________

16 février 2013 – La résolution H.R. 129 de Marcy Kaptur compte désormais 16 co-sponsors, avec David Cicilline (Rhode Island), George Miller (Californie), Louise Slaughter (New York) et Susan Davis (Californie) qui viennent de s’y ajouter.
_______________________

16 février 2013 – Dans une conférence Internet, Lyndon LaRouche a rappelé pourquoi le Glass-Steagall est une impérieuse nécessité, dans un contexte où l’on assiste à une surenchère des banques centrales pour émettre de la monnaie à tout va et sans contrepartie. Cette politique d’”assouplissement monétaire”, est évidemment de la folie furieuse et criminelle – par ailleurs dénoncée comme telle par un nombre croissant d’acteurs même du système – qui nous mène tout droit à l’hyperinflation et à l’explosion du système financier actuel. Ce scénario pourrait être le premier pas – du point ce vue de ceux qui s’opposent au Glass-Steagall – permettant la création d’un nouveau système financier, privé, entièrement au service d’une poignée de grosses fortunes et de leurs supplétifs pendant que le reste de l’humanité serait laissée à elle-même.

19 février 2013 – S&P/LPAC – VIDEO : Lyndon LaRouche: Glass-Steagall ou l’hyperinflation

_______________________

28 février 2013 – Aux États-Unis, trois nouveaux représentants ont signé la résolution H.R. 129 de Marcy Kaptur pour la réinstauration du Glass-Steagall Act, ce qui porte à 26 le nombre des “sponsors”. Il s’agit de Mike Coffman (républicain du Colorado), Gene Green (démocrate du Texas), and Jan Schakowsky (démocrate de l’Illinois) soit, en tout, 3 républicains et 23 démocrates.

_______________________

1er mars 2013 – C’est une première victoire pour le retour du Glass Steagall-Act aux États-Unis. Le Dakota du Sud vient de passer une résolution demandant au Congrès de réinstaurer cette loi. Celle-ci (SCR6) a été adoptée par le sénat de l’État (19 voix contre 16) puis par la chambre des Représentants (67 voix contre 2 !) ce qui la qualifie pour être introduite devant le Congrès des États-Unis par la délégation du Dakota du Sud composée du représentant Kristi Noem et des sénateurs John Thune et Tim Johnson.

_______________________

2 mars 2013 – Avec l’introduction le 28 février d’une résolution en faveur de la réinstauration du Glass-Steagall Act dans l’État de l’Alabama (http://legiscan.com/AL/bill/HJR121?utm_campaign=rss) puis le 1er mars dans l’État de Washington (http://apps.leg.wa.gov/documents/billdocs/2013-14/Pdf/Bills/Senate%20Joint%20Memorials/ 8009-Banking-Glass-Steagall%20act.pdf), il y maintenant 10 États (Alabama, Pennsylvanie, Kentucky, Maryland, Montana, Rhode Island, South Dakota, Virginie, West Virginia et Washington) sur 50 dans lesquels une telle résolution a été introduite, et un État, le Dakota du Sud, dans lequel elle a été acceptée par les deux chambres lui ouvrant ainsi la voie au Congrès. En outre, l’Alabama comme Washington soutiennent la résolution H.R. 129 présentée par Marcy Kaptur devant le Congrès des États-Unis, laquelle vient de recevoir le soutien de trois nouveaux représentants : John Conyers du Michigan, Robert Brady de Pennsylvanie et Donna Chistensen, ce qui porte le total des “co-sponsors” à 28.

_______________________

8 mars 2013 – S&P – Etats-Unis : la mobilisation pour Glass-Steagall en pleine ébullition

_______________________

15 mars 2013 – Il y a maintenant 39 “co-sponsors” à la proposition H.R. 129 de la représentante démocrate de l’Ohio, Marcy Kaptur. Les derniers “co-sponsors” sont les démocrates Donna Edwards du Maryland et Paul Tonko de l’État de New York.

_______________________

22 mars 2013 – Une commission parlementaire d’Hawaï vient d’introduire une résolution demandant au Congrès des États-Unis de réinstaurer immédiatement le Glass-Steagall. Hawaï devient ainsi le douzième État à prendre position en faveur du Glass-Steagall.

_______________________

27 mars 2013 – La résolution H.R. 129 de Marcy Kaptur pour la réinstauration du Glass Steagall Act vient de recevoir le soutien de six nouveaux Représentants : Marcia Fudge (démocrate de l’Ohio), Keith Ellison (dém. Minnesota), John Dingell (dém. Michigan), Hank Johnson Jr. (dém. Georgie) et Julia Brownley (dém. Californie). Plusieurs de ces élus ont un “poids” politique significatif. Marcia Fudge est la présidente du Black Caucus (l’un des Caucus représentant les élus afro-américains du Congrès), Keith Ellison est le vice-président du Progressive Caucus (l’un des Caucus du Parti démocrate), John Dingell est le plus ancien élu de la Chambre des représentants, depuis 1955, quand il a relevé le flambeau laissé par la mort de son père. Ce dernier fut l’un de ceux à s’être engagé, aux côtés de Franklin Delano Rossevelt, en faveur de Glass-Steagall en étant, dès cette époque, l’un des co-sponsors de cette loi.

_______________________

4 avril 2013 – L’État Mississippi introduit à son tour une résolution en faveur de la réintroduction du Glass-Steagall.

_______________________

10 avril 2013 – Dans l’Etat du Maine, le Sénat puis la chambre des représentants viennent d’adopter une résolution en faveur du retour au Glass Steagall Act. Le Maine devient ainsi, après le Dakota du Sud le deuxième État à demander la réinstauration de la séparation des banques (voir http://www.mainelegislature.org/LawMakerWeb/dockets.asp?ID=280048355). De telles résolutions ont été introduites dans quatorze des cinquante États de l’Union.

_______________________

16 avril 2013 – Trois représentants démocrates ajoutent leurs signatures à la résolution H.R. 129 de Marcy Kaptur pour réinstaurer le Glass Steagall : Jackie Speier et Grace F. Napolitano (Californie) ainsi que Danny K. Davis (Illinois).

_______________________

20 avril 2013 – Le Colorado vient d’introduire une résolution en faveur de la remise en vigueur de la loi Glass Steagall. C’est le 17ème État à le faire. Cet engagement sans précédent d’un nombre croissant d’État est le résultat d’une mobilisation sans faille des militants larouchistes.

Vous pouvez d’ailleurs suivre l’état d’avancement de cette mobilisation sur une carte interactive à l’adresse suivante : http://larouchepac.com/glass-steagall

Par ailleurs, deux nouveaux signataires viennent de soutenir le H.R. 129 de Marcy Kaptur: Walter F. Todd, ancien vice Conseiller générale et chercheur à la Réserve fédérale de Cleveland, ainsi que Surendra K. Kaushik, professeur d’Économie et finance de la Lubin School of Business à la Pace University et président de la fondation pour l’éducation Helena Kauschik de l’Etat de Rajasthan en Inde.

_______________________

22 avril 2013 – S&P – Le Glass-Steagall de LaRouche au coeur du printemps américain

_______________________

2 mai 2013 – La bataille continue plus que jamais avec trois nouveaux signataires pour la résolution H.R. 129 de Marcy Kaptur. Il s’agit de représentants démocrates : John Garamendi et Zoe Lofgren de Californie et d’Eni Falemavaega des Samoa américaines. Cette résolution devant le Congrès des Etats-Unis dispose donc désormais de 61 signataires.

D’autre part, la Louisiane vient à son tour d’introduire une résolution en faveur du retour au Glass Steagall, devenant ainsi le 18 ème Etat à le faire.

Enfin, le Dr Cornell West, professeur d’études afro-américaines à Princeton ainsi que de philosophie religieuse et d’études chrétiennes au séminaire théologique de l’Union et, par ailleurs, activiste et philosophe bien connu, vient de soutenir publiquement le Glass Steagall et la résolution de Marcy Kaptur.

_______________________

6 mai 2013 – SEMAINE DE MOBILISATION SPECIALE DU LAROUCHE POLICAL ACTION COMMITTEE POUR REINTRODUIRE LE GLASS STEAGALL ACT

NWA_GlassSteagall

La page pour le National Call of Action du LaRouche PAC

http://larouchepac.com/call_to_action

La page consacrée à l’avancée de la résolution H.R. 129 “Return to Prudent Banking Act” to reinstate Glass-Steagall de Marcy Kaptur. On peut suivre la progression Etat par Etat du nombre de cosponsors soutenant la résolution.

http://larouchepac.com/glass-steagall

_______________________

8 mai 2013 – La semaine d’action en vue de la réintauration du Glass Steagall a débuté aux Etats-Unis. Près d’une centaine de militants ont pris possession des rues de Washington pour interpeler les citoyens et le personnel politique de la capitale américaine.

Un appel national à l’action a été émis depuis le site www.larouchepac.com (NATIONAL CALL TO ACTION FOR GLASS-STEAGALL)

Un premier compte-rendu vidéo est disponible (en anglais):

_______________________

7 mai 2013 – S&P – Semaine d’action à Washington pour rétablir le Glass Steagall

_______________________

15 mai 2013 – La résolution H.R. 129 de Marcy Kaptur compte dorénavant 62 “co-sponsors” avec les signatures de Frederica S. Wilson, démocrate de Floride, et Tim Ryan, démocrate de l’Ohio.

_______________________

17 mai 2013 – Alors que le Président américain s’y oppose de toutes ses forces, le sénateur démocrate Tom Harkin, de l’Iowa, vient d’introduire au Sénat une proposition de loi (SB 985) visant à rétablir le Glass-Steagall, cette loi qui, de 1933 à 1999, séparait strictement les banques commerciales (dépôts, crédits, etc.) des banques d’affaires spéculatives.

La proposition de Harkin fait le pendant d’une proposition similaire à la Chambre, où 62 députés se sont ralliés à la HR 129 co-introduite le 3 janvier par la démocrate de l’Ohio Marcy Kaptur et le républicain de Caroline du Nord Walter Jones.

L’initiative de Harkin est surtout le fruit d’une mobilisation tenace du Comité d’action politique de Lyndon LaRouche (LPAC) dont les sympathisants viennent de conclure une semaine d’action intense.

De France, plusieurs élus ont également pris la plume pour faire part aux parlementaires américains de l’intérêt que représente pour la France et l’Europe une telle perspective.

En France, Solidarité & Progrès, le parti fondé par Jacques Cheminade, est le seul parti politique qui présente une proposition de loi dans ce sens.

_______________________

17 mai 2013 – Les législatures de l’Etat d’Illinois et du Delaware introduisaient, chacune de son côté, une résolution en faveur du Glass Steagall Act. Ce développement ne manque pas de piment puisque l’Illinois est l’Etat de Barack Obama. Quand au Delaware, paradis fiscal abritant la majorité des sièges sociaux de grands compagnies américaines cotées en bourse, c’est l’Etat dont Joe Biden, actuel vice-président des Etats-Unis, était sénateur …

_______________________

30 mai 2013 – Une résolution en faveur du Glass Steagall vient d’être introduite par 19 représentants, démocrates et républicains, à la législature de l’<strong>Etat de New York</strong>.

_______________________

1er juin 2013 – Un article de Kenric Ward dénonçant les conséquences meurtrières de la fausse loi de régulation bancaire Dodd-Franck a été publié sur le site examiner.com. Reprenant un communiqué de presse du Larouche PAC, le comité d’action politique associé à « l’ancien candidat à la présidence américaine Lyndon LaRouche », Ward tire la sonnette d’alarme sur les « raids massifs à venir sur les dépôts dans les banques américaines », pour tenter de couvrir les quelque 1 600 milliards de dollars de produits dérivés détenus par les banques qui devront être honorés en toute priorité en cas de défaillance bancaire, comme le prévoit la loi Dodd-Franck.

_______________________

16 juin 2013 – Un nouvel article de Kenric Ward du site examiner.com a été publié à l’occasion du 80ème anniversaire du passage de la loi Glass Steagall Act (16 juin 1933). Après une étude historique de la loi mise en place par Roosevelt, Ward donne la parole à ceux qui la défendent aujourd’hui en reprenant certaines de leurs déclarations. Il mentionne en particulier le rôle du représentant républicain de Caroline du Nord Walter Jones et du Sénateur démocrate de l’Iowa Tom Harkin avant de conclure par une citation de Lyndon LaRouche.

_______________________

18 juin 2013 – Aux Etats-Unis, représentante républicaines du Wyoming, vient d’ajouter son nom à la liste de co-sponsors pour le projet de loi H.R. 129 de Marcy Kaptur.

_______________________

20 juin 2013 – L’association Public Citizen, fondée par Ralph Nader l’ancien candidat indépendant à l’élection présidentielle et défenseur du droit des consommateurs, vient de publier un document entièrement consacré à la réintroduction du Glass Steagall « Safety Glass — Why It’s Time to Restore the 1930s Law Separating Banking and Gambling » (Verre incassable [jeu de mots sur “Glass” qui signifie “verre”] : pourquoi il est temps de restaurer la loi des années 30 séparant le métier de banque et le jeu). Ecrit en célébration du 80ème anniversaire du passage du Glass Steagall Act, il est écrit par Bartlett Naylor, ancien responsable des enquêtes à la Commission bancaire du sénat. Ce rapport a également été couvert par le blog bankrate.com et dans une interview de Naylor sur le Glass-Steagall dans laquelle il affirme que la Sénatrice Elizabeth Warren s’apprête à introduire un projet de loi pour réintroduire le Glass Steagall d’ici quelques semaines.

_______________________

22 juin 2013 – Dans le contexte de la bataille pour rétablir la loi Glass-Steagall (séparation stricte des banques) par le Comité d’action politique de l’économiste américain Lyndon LaRouche (LPAC), le Delaware a été le théâtre d’une rude confrontation où s’est risqué le lobby des mégabanques.

–> Au Delaware, JP Morgan en campagne contre le Glass Steagall de LaRouche

_____________________

23 juin 2013Interview de Paul Gallagher, du magazine Executive Intelligence Review, par Sean Stone pour le programme Buzzsaw. L’interview reprends l’histoire du Glass Steagall Act, la bataille actuelle pour le réinstaurer ainsi qu’une discussion sur le projet NAWAPA (North American Water and Power Alliance) et, enfin, la nécessité d’une système de crédit public.

_______________________

26 juin 2013 – Thomas Hoenig, directeur de la Federal Deposit Insurance Corporation (agence fédérale américaine dont la fonction est de garantir les dépôts bancaires), discute de sa proposition pour reinstaurer le Glass Steagall Act et une régulation de l’industrie financière. (Source: Bloomberg)

–> http://www.businessweek.com/videos/2012-06-26/fdics-hoenig-on-glass-steagall-ii-bank-regulation

 

_______________________

27 juin 2013 – Lors d’une audition du Comité des services financiers de la chambre des Représentants sur le thème de “La Réserve fédérale et les banques too big to fail“, Michael Capuano (représentant démocrate du Massachusets et co-sponsor de la résolution H.R. 129) posa aux participants – des régulateurs bancaires bien connus – la question suivante : “Si vous étiez en mesure de restaurer maintenant le Glass Steagall comme solution à la crise, le feriez-vous si vous en aviez le pouvoir ?”

Le premier à répondre fut le vice-président de la FDIC (Federal Deposit Insurance Commission) : “Oui, je le ferai. C’est d’ailleurs ce que je vous propose à vous [le Congrès] de faire”. Sheila Bair, l’ancienne présidente de la FDIC répondit aussi à la question par l’affirmative. Le président de la Réserve fédérale de Dallas, Richard Fisher, déclara qu’il avait proposé quelque chose de similaire. Seul le président de la Réserve fédérale de Richmond éluda la question.

Quelques heures auparavant, à la Chambre des communes en Grande Bretagne, le doyen Peter Tapsell demandait au chancelier de l’Echiquier George Osborne d’instaurer immédiatement une législation de type Glass Steagall en Grande Bretagne afin de pas courir le risque de se retrouver face à un violent et soudain crash bancaire.

- Dans le paradis fiscal du Delaware où une résolution en faveur du Glass Steagall a été introduite, le lobby bancaire panique et tente d’intimider les législateurs (voir “Au Delaware, JP Morgan en campagne contre le Glass-Steagall de LaRouche”). Depuis fin mai, pas moins de cinq lobbyistes se sont inscrits (la loi les oblige à s’identifier en s’inscrivant) contre la résolution 8 du Sénat, celle demandant la stricte séparation en deux des banques. Trois de ces lobbyistes travaillent pour JP Morgan et deux pour Bank of America tout enreprésentant également la Delaware Bankers Association (dominée par les grosses banques de Wall Street) et l’Association of Mid-Atlantic Banks. On rapporte que, d’ores et déjà, le président de la commission bancaire n’a pas envoyé aux membres de celle-ci la copie de la résolution, dans une tentative d’empêcher un vote avant le 30 juin, date à laquelle la session parlementaire expire.

Ce déploiement de force prouve s’il en était besoin combien la séparation des banques en deux est la mesure que redoute par dessus tout les prédateurs financiers car elle seule remet vraiment en cause leur pouvoir tyrannique.

_______________________

12 juillet 2013 – S&P – Flash info : quatre sénateurs américains introduisent le Glass-Steagall du XXIe siècle

L’Agefi – Des sénateurs américains présentent un «Glass-Steagall Act» remanié

_______________________

18 juillet 2013 – La couverture médiatique s’est considérablement densifiée outre-Atlantique depuis la déposition de la proposition de « loi Glass-Steagall de 2013 pour le XIXème siècle » par quatre sénateurs le 11 juillet. De Bloomberg à MarketWatch, MoneyMinder, American Banker, et Fox Business, la presse financière focalise son attention sur Glass-Steagall, tout comme les publications consacrées à l’actualité au Congrès, telles que Politico et The Hill.

La presse nationale, régionale et internet s’est également jointe à l’engouement, comme le montrent les nombreux articles dans le St. Louis Today, le Washington Post, l’agence de presse Reuters et le Huffington Post, pour n’en nommer que quelques uns. (Notons ici qu’à la veille de l’adoption de la loi Moscovici visant à protéger le statut « universel » de nos banques françaises, la presse de notre pays, à quelques exceptions près, persiste à étouffer l’information.)

Dans un entretien vidéo avec le site yahoo (Daily Ticker), le sénateur indépendant Angus King, l’un des quatre sénateurs à l’origine de la dernière proposition de loi au Sénat américain, a insisté sur le fait que Glass-Steagall était une « réforme structurelle, et non pas seulement réglementaire ». Il s’agit d’une question qui dépasse l’appartenance partisane, a-t-il fait remarquer, une « question de bons sens » qui « suscite beaucoup d’intérêt ».

Il a conclu en disant que Glass-Steagall avait fonctionné pendant 70 ans. « Nous désirons seulement faire un retour vers le futur », a-t-il conclu.

–> S&P – Rétablissons la loi Glass Steagall, avant le krach de 2013 !

_______________________

22 juillet 2013 – S&P – CNBC censure Elizabeth Warren quand elle terrasse les adversaires de Glass-Steagall

27 juillet 2013 – S&P – Glass-Steagall : le vent se lève en Amérique

29 juillet 2013 – Portland Daily Sun – Reforming a century of legislative abuse

30 juillet 2013 – Money Morning – Why doesn’t Jack Lew support the New Glass Steagall Act ?

30 juillet 2013 – newsadvance.com – The Return of ‘Mr. Spectacular Failure’

31 juillet 2013 – US News and World Report – Wall Street’s Weak Argument’s Against a New Glass Steagall

31 juillet 2013 – IVN US – Warren: If You Want to take Financial Risks, Do It on Wall Street

6 août 2013 S&P – Un ancien adversaire de LaRouche : « J’enterre la hache de guerre, il faut Glass-Steagall. »

7 août 2013 – Huffington Post – 7 Things About Prosecuting Wall Street You Wanted to Know (But Were Too Depressed to Ask)

_______________________

10 août 2013 – Signe que la campagne internationale pour rétablir le Glass Steagall touche là où ça fait mal, Wall Street se mobilise pour empêcher sa réintroduction en utilisant de pitoyables arguments. Ceux-là mêmes qui ont bâtit leur fortune sur le démantèlement de l’économie et des emplois productifs sillonnent les États-Unis en clamant que des milliers d’emplois seraient perdus au cas où un État se prononcerait en faveur d’une séparation stricte entre banques de détail et banques d’affaires.

–> S&P – J.P. Morgan sur la brèche pour empêcher le retour de Glass-Steagall

_______________________

15 août 2013 – S&P – A Atlanta, la lutte pour Glass-Steagall atteint son paroxysme

_______________________

27 août 2013 – La réinstauration du Glass Steagall Act – la séparation en deux des banques – est clairement le fantôme qui hante les couloirs de la Maison Blanche et le sommeil de Barack Obama. Il est également au cœur de la polémique entourant la possible nomination de Larry Summers (chef du Conseil économique national d’Obama jusqu’en 2010) à la tête de la Réserve fédérale. Larry Summers, comme le prouve le désormais fameux mémo sur le « End Game », est un acteur clef de l’abrogation du Glass Steagall. C’est à ce fidèle serviteur de Wall Street, viscéralement opposé à toute forme de régulation que le président Obama veut confier les manettes de la Réserve fédérale et de sa machine à générer de l’argent fictif.

C’est donc dans ce contexte que Barack Obama a convoqué le 19 août dernier à la Maison Blanche Ben Bernanke, le patron actuel de la Réserve fédérale, Jack Lew, le secrétaire au Trésor et d’autres régulateurs financiers, pour une réunion à portes closes destinée à impartir l’urgence de boucler et mettre en application la loi de régulation financière Dodd Franck. En effet, les décrets d’application de cette loi se comptent en milliers de pages et ralentissent la machine administrative. Obama entend donc presser le pas face à une dynamique croissante en faveur Glass Steagall Act qu’il pressent comme menaçante pour les intérêts de ses protégés de Wall Street.

Cette manœuvre n’est pas passée inaperçue des commentateurs ou de certains journaux comme le New York Times. Dans un article de Wall Street on Parade, l’analyste Pam Martens abonde en ce sens : What Was Really Behind President Obama’s Meeting With Wall Street Regulator

_______________________

11 septembre 2013 – Le président de la Réserve fédérale de Dallas, Richard Fisher, grand défenseur des banques locales indépendantes, a évoqué pour la première fois le rétablissement de la loi Glass-Steagall dans une interview à Euromoney du 5 septembre.

Précisant que la loi Dodd-Frank a codifié les « too-big-tofail », Fisher a ajouté que l’on parle actuellement d’un Glass-Steagall 2.0, sur le modèle de ce que nous [la Réserve fédérale de Dallas] avons suggéré. Il souligne que, selon lui, il y aura encore plus d’arguments en sa faveur en octobre et affirme qu’une volonté politique existe en ce sens, même si certains ont peur de ne pas savoir comment faire.

Il ajoute : « Les grandes entreprises financières et leurs mandataires déboursent des millions de dollars pour acheter les membres du Congrès et se protéger. Vous pouvez me citer là-dessus. »

Lors d’une audition devant la Commission sur les Services financiers, en juin 2013, où Thomas Hoenig et Sheila Bair, respectivement actuel et ancien responsables de la FDIC, avaient exprimé leur souhait que le Congrès rétablisse immédiatement le Glass-Steagall, Richard Fisher, pourtant présent, était resté muet sur cette question. Sa décision de les rejoindre maintenant reflète le ferment grandissant pour une telle mesure en cette rentrée du Congrès.

_______________________

11 septembre 2013 – S&P – USA : la sénatrice Warren rallie les syndicats à Glass-Steagall

_______________________

16 septembre 2013 – John Redd, ancien PDG de Citibank et Citigroup, a déclaré au Financial Times (9 septembre) que « la vieille division de Glass Steagall devrait être rétablie ». Déjà en juillet 2012, Sandy Weill, l’ancien patron de Travelers Group, puis PDG de Citigroup, reconnaissait que la cause principale de la crise était l’abrogation du Glass Steagall Act, tout en appelant à le rétablir.

Tous deux parlent en connaissance de cause : ils étaient parmi les plus acharnés à obtenir cette abrogation. En 1998, Reed présidait à la fusion de la banque Citicorp avec l’assureur Travelers Group pour former Citigroup, ouvrant ainsi l’âge de la banque universelle. Richard Parsons, qui siégea au conseil d’administration de Citigroup pendant seize ans, a lui aussi admis que l’abrogation du Glass Steagall avait largement contribué à la crise de 2007-2008.

Dans son interview au Financial Times, John Reed avoue que la logique sous-tendant cette initiative était « erronée ». Il rejette aussi l’argument souvent avancé selon lequel il serait difficile aujourd’hui de mettre en œuvre une séparation des banques : « On pourrait le faire. L’industrie financière est étonnamment flexible. Nous n’avons pas de grandes bases de capital fixe. Nous n’avons pas d’usines qu’il faudrait rééquiper. »

Par ailleurs, le liquidateur judiciaire de Lehman Brothers, Bryan Marsal, a reconnu le 14 septembre dans une interview à Die Welt, qu’il avait « radicalement » changé d’avis sur le Glass Steagall. Il soutenait son abrogation, précisa-t-il, « jusqu’à ce que j’ai vu ce qui est arrivé à Lehman ».

Lorsqu’on lui a demandé si l’interdiction du trading pour compte propre (la fameuse « règle Volcker ») suffirait, Marsal a répondu : « La distinction est artificielle. On ne peut pas tracer de frontière claire entre le trading pour compte propre et le trading à la demande du client. Par conséquent, la banque devrait décider : soit elle a une activité classique de détail et d’entreprise, soit elle agit comme une banque d’affaires, échange des titres et travaille avec des hedge funds. Faire les deux ensemble ne marche pas. »

Entre-temps, le LaRouche PAC poursuit sa campagne pour la séparation des banques, à la fois à Washington et auprès de la population. La proposition de loi déposée au Sénat par Elizabeth Warren et John McCain a été signée la semaine dernière par un dixième sénateur : Bernie Sanders, un indépendant du Vermont. Elle a aussi été soutenue par la confédération syndicale AFL-CIO lors de leur congrès annuel le 9 septembre, dans une résolution appelant explicitement au Glass Steagall. Le même texte propose de donner la priorité aux fonds de retraite en cas de réorganisation financière, et non aux produits dérivés, comme c’est le cas actuellement.

La veille, Elizabeth Warren était l’invitée d’honneur de la convention, où elle a plaidé à nouveau pour sa proposition de loi, comme elle le fait depuis des semaines lors d’événements publics. Elle a pratiquement admis, sans le dire explicitement, que la « réforme Dodd-Frank » n’a rien fait pour résoudre la crise.

_______________________

5 octobre 2013 – Kenric Ward, du site examiner.com, revient sur la récente couverture consacrée au Glass Steagall publiée par le magazine gratuit de la grande chaîne de distribution. Huit millions d’Américains sont abonnés à ce magazine.

–> examiner.com – Costco connects with ‘Too Big to Fail’ bank debate

_______________________

6 octobre 2013 – S&P – Crise budgétaire : Wall Street ordonne à Obama de stopper le Glass-Steagall

15 octobre 2013 – Bullion Vault – Glass-Steagall ? Banking Strikes Gold on Columbus Day

_______________________

 

JPEG - 137.6 ko

Nous avons empêché la guerre inconstitutionnelle d’Obama en Syrie, maintenant arrêtons la guerre d’Obama et Wall Street contre les USA – VOTONS LE GLASS-STEAGALL VITE !

 

17 octobre 2013 – S&P – A Washington, l’offensive du LaRouche PAC pour Glass-Steagall

_______________________

24 novembre 2013 – Aux Etats-Unis, alors que les esprits à Washington étaient préoccupés ces dernières semaines par le shutdown du gouvernement, puis par le lancement de la réforme de la santé de Barack Obama, le LaRouche PAC était l’une des seules voix à marteler la nécessité de la séparation des banques comme première phase d’une solution à la crise. Il a toutefois été rejoint le 12 novembre par la sénatrice démocrate Elizabeth Warren qui est intervenue vigoureusement lors d’une conférence organisée dans la capitale par l’Institut Roosevelt et les Américains pour la réforme financière. Elle a souligné le danger d’un nouveau krach financier, précisant que les quatre plus grandes banques «trop grosses pour faire faillite» sont 30% plus grosses qu’en 2008, et que les cinq plus grandes banques contrôlent plus de la moitié des actifs bancaires aux Etats-Unis.

Elle a en particulier mis en avant sa proposition de loi présentée cet été (S.1282 – La loi pour un Glass-Steagall du XXIème siècle) avec trois de ses collègues: le républicain John McCain, l’indépendant Angus King et la démocrate Maria Cantwell. Ce projet de loi entend rétablir la séparation entre banques de dépôt et banques de marché, à la façon dont Franklin Roosevelt l’avait fait.

Ce qui était nouveau dans ses propos, c’est son affirmation que l’on ne peut plus attendre que les régulations de la loi Dodd-Frank (la réforme financière d’Obama) résolvent le problème des géants bancaires. Les risques d’explosion des marchés grandissent et l’heure est venue pour le Congrès de passer à l’action – avec le Glass-Steagall. Elle a attaqué à plusieurs reprises les grandes banques de Wall Street qui continuent d’engranger des profits records alors que les Américains ordinaires souffrent.

«Nous ne devons pas accepter un système financier qui permette aux plus grandes banques de se sortir d’une crise en pleine forme, alors que les travailleurs américains se battent pour s’en sortir. Nous ne devons pas non plus accepter un système de régulation qui soit tellement assailli par les lobbyistes des grandes banques qu’il faut des années pour promulguer des règles, qui bien souvent sont atténuées et inefficaces.»

La bataille sera très rude, a conclu Warren, mais «je suis confiante que David peut battre Goliath sur le problème des Too Big to Fail. Nous devons juste reprendre la fronde.»

_______________________

5 décembre 2013 – S&P – « Alerte au Glass-Steagall ! » : Wall Street se mobilise à nouveau

16 décembre 2013 – S&P – Glass-Steagall : une nouvelle proposition de loi introduite au Congrès américain

_______________________

19 janvier 2014 – Bob Hasegawa et Maralyn Chase, deux sénateurs de l’Etat de Washington ont soumis une nouvelle résolution pour un Glass-Steagall ( la Senate Joint Memorial Resolution 8012 soutenue par dix-sept cosponsors. Chacun des deux sénateurs étaient présents lors de la conférence annuelle du National Caucus of State Legislators (Caucus national des élus démocrates de l’Etat) à Atlanta – Georgie – en août dernier pendant laquelle une confrontation avec le lobby bancaire avait eu lieu. La résolution adoptée par la nouvelle session 2014 du Congrès a obtenu treize soutiens de plus que l’an dernier dans un contexte où les signataires de la résolution sont très résolus à se mobiliser. L’Etat de Washington est celui de Maria Cantwell, l’un des dix sénatrices soutenant le projet de loi « Glass-Steagall Act du 21ème siècle de 2013 » (The 21st Century Glass-Steagall Act of 2013).

_______________________

21 février 2014 – Aux États-Unis, le Joint Committee on Financial Services de l’État du Massachusetts annonce qu’il entendra le 26 février la résolution S.1824 – dites Millbury’s Citizens’ Petition – demandant au Congrès de réinstaurer de toute urgence le Glass-Steagall Act. Les citoyens sont tous invités à assister aux auditions.

_______________________

6 mars 2014 – Dans l’État du Minnesota (USA), une résolution en faveur d’un retour au Glass-Steagall Act a été introduite le 6 mars auprès du Sénat de l’État présentée l’intitulé SF 2334 auprès du Comité du Commerce. Le 27 février, une résolution, dite 7650, a été introduite devant la législature du Rhode Island toujours sur la nécessité d’un nouveau Glass-Steagall. Elle est introduite dans les mêmes termes que celle présentée devant le Sénat de cet État fin janvier.

_______________________

3 avril 2014 – La Réserve fédérale a publié de nouveaux rapports qui montrent – sans le dire – que toutes les régulations adoptées et les liquidités injectées depuis 2008 se sont soldées par un échec patent.
Les mégabanques sont plus grandes, moins transparentes et moins capitalisées qu’avant. Le Dodd-Frank Act – la loi de 2300 pages que le Président Obama a tout fait pour faire passer au Congrès au nom de la mal nommée « réforme de Wall Street » — est, comme cela était visible dès le début, une arnaque.
La seule alternative viable passe par la mise en œuvre immédiate de la séparation des banques de type Glass-Steagall, comme le prévoient deux propositions de loi devant le Sénat et deux autres devant la Chambre.
L’aveu de la Fed alimente le soutien pour cette législation. Le président de la Fed de Dallas, Richard Fisher, a déclaré à Reuters que les nouveaux rapports démontrent qu’il avait raison de mettre en garde contre la menace pour le système posée par les banques TBTF (trop grandes pour faire faillite), qui se livrent encore à une commercialisation « hyper-agressive » de nouveaux produits exotiques. Pour Fisher, « il est indécent de demander au contribuable d’assurer les opérations bancaires non commerciales d’un holding bancaire complexe ».
Ces études, dit-il, étaye son propre argument selon lequel Dodd-Frank « ne fait pas l’affaire ».
Si Fisher n’a pas soutenu nommément les propositions de loi devant le Congrès, il a souvent appelé à une séparation des activités bancaires, sans protection des activités d’investissement.
Pam Martens était encore plus directe le 27 mars sur son site Wall Street on Parade dans un post intitulé « Citigroup échoue au stress test : les spectres de Glass-Steagall hantent la Fed ». Martens conclut son article en observant que l’opération baleine de JPMorgan à Londres, réalisée à l’aide des dépôts de sa banque assurée par la FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation, agence fédérale américaine chargée de garantir les dépôts bancaires), ainsi que la manipulation des taux du Libor et des marchés de change et de matières premières, plus la dernière enquête sur le recyclage d’argent sale par Citigroup, etc., montrent que le Dodd-Frank est un échec total. « Le seul moyen de sauver le système de la prochaine catastrophe financière est le retour du Glass-Steagall. »
Pour ce qui concerne le débat dans l’UE, un commentaire utile est paru dans le Hufffington Post UK par Paulo Casaca, un homme politique portugais et ancien membre socialiste du Parlement européen. Alors que l’UE présente le renflouement interne comme seule alternative au renflouement externe, écrit-il, « l’alternative évidente est de différencier les institutions financières qui doivent être renflouées en interne ou en externe de celles qu’il faut traiter au mieux comme toute autre entreprise.
Il s’agit de la loi «Glass-Steagall» que la vague monétariste de la fin du XXème siècle a éliminée des structures réglementaires, provoquant la pire crise financière depuis. »

_______________________

13 avril 2014 – La journaliste Nomi Prins – dont le livre « All the President’s Bankers » (http://www.nomiprins.com/) vient d’être publié – a lancé un vibrant appel pour réintroduire le Glass Steagall Act de F.D. Roosevelt comme seul moyen d’en finir avec la domination des six grosses banques sur l’industrie bancaire et la finance américaines mais aussi pour sortir des relations incestueuses que ces banques entretiennent avec l’institution de la présidence des Etats-Unis.

Nomi Prins s’est tout particulièrement penchée sur l’histoire de ces six banques que l’on retrouve, sous une forme ou une autre, jouant un rôle aussi désastreux que déterminant dans toutes les crises financières, que ce soit la panique financière de 1907, le krach de 1929, la Baie des Cochons, la frénésie des fusions acquisitions des années 90 ou encore la crise financière de 2008. –> Only Glass-Steagall Will Work against Financiers

_______________________

1er mai 2014 – La sénatrice démocrate du Massachusetts, Elizabeth Warren, a annoncé une grande campagne en faveur de la séparation des métiers de banque dès la rentrée du Congrès, le 28 avril. En juillet dernier, Warren, de concert avec le républicain John Mc-Cain, la démocrate Maria Cantwell et l’indépendant Angus King, avait déposé au Sénat le « Glass-Steagall Act du XXIe siècle », qui a son pendant à la Chambre des représentants, introduit par le républicain Walter Jones et le démocrate John Tierney.

La dévastation de l’économie américaine souligne l’urgence de cette initiative.

La campagne de Warren est alimentée par sa tournée de six semaines dans tous les Etats-Unis pour promouvoir son nouveau livre, A Fighting Chance, qui avait créé un buzz politique avant même sa parution le 22 avril. Elle y démontre que le système est biaisé au détriment de la population américaine, à cause de l’hégémonie exercée par Wall Street sur l’économie et la vie politique.

Le combat de Warren est vivement soutenu par « Les Américains pour la réforme de la finance » (AFR), qui regroupe plus de 200 organisations proches du Parti démocrate autour de l’AFLCIO, dont le NAACP. Le groupe a envoyé un e-mail de masse le 23 avril, intitulé « Aidez Elizabeth Warren à changer Wall Street et à faire passer le Glass-Steagall Act du XXIe siècle ».

On y lit : « Depuis plus d’un demi-siècle, la loi de l’ère de la Dépression, connue comme le Glass-Steagall Act, a maintenu les banques traditionnelles séparées du monde à haut risque des banques d’affaires et des hedge funds. L’Oncle Sam a accepté de garantir nos dépôts. Et les banques, en retour, ont accepté de ne pas utiliser nos dépôts pour tenter de faire de l’argent pour elles-mêmes en jouant au casino de Wall Street. Tout cela a changé (…) avec la déréglementation des années 1980 et 1990 (…) qui a créé les conditions de la crise financière et économique de 2008. Dites au Congrès de résister à Wall Street et de voter pour le Glass-Steagall Act du XXIe siècle ! » Sur un autre front, Warren et son collègue démocrate Sherrod Brown ont rendu publique le 16 avril une lettre à la Réserve fédérale, lui demandant d’interdire aux banques d’être propriétaires de matières premières et d’infrastructures afférentes.

_______________________

7 mai 2014 – Lors de l’émission This Week du 27 avril sur la chaîne de télévision ABC, la sénatrice démocrate du Massachusetts Elizabeth Warren, qui continue sa tournée dans tous les Etats-Unis (voir brève du 1er mai), a appelé le Congrès américain à voter en faveur du Glass-Steagall Act avec un soutien bipartisan fort. Elle est l’auteure de la proposition de loi « Glass Steagall Act du XXIe siècle », pour séparer les banques de dépôt et les banques de marché.

Le présentateur George Stephanopoulos l’a présentée comme opposée à Wall Street et comme une concurrente éventuelle de Hillary Clinton dans les primaires présidentielles démocrates en 2016 (Warren a décliné ce dernier point).

Après avoir déploré l’arrêt du processus législatif portant sur les questions financières suite à l’assaut des lobbyistes et des juristes de l’industrie financière, elle a confirmé qu’elle est depuis longtemps une fervente critique de la relation incestueuse entre le gouvernement Obama et Wall Street. Elle a concédé à Obama la création de l’Agence de protection des consommateurs (agence ayant vocation à stopper les dérives de Wall Street à la tête de laquelle Obama a cependant refusé de la nommer) et a reconnu que depuis sa création, cette Agence a contraint banques et autres agences de cartes de crédit à rembourser plus de 3 milliards de dollars à des clients abusés. Mais ce n’est pas suffisant : les banquiers devraient être condamner à des peines de prison au même titre que tout individu commettant des crimes ; que ce ne soit pas le cas montre bien où nous en sommes.

Le groupe démocrate Americans for Financial Reform (AFR – Les Américains pour la réforme financière) [1] ainsi que plus de deux cents autres groupes démocrates locaux, ont lancé une campagne de soutien à ce « Glass-Steagall du XXIe siècle ». Un e-mail de masse explique : «  Les sénateurs Elizabeth Warren, John McCain [républicain], Maria Cantwell [démocrate] et Angus King [indépendant] ont introduit une proposition de loi qui rendrait les grandes banques plus simples et plus petites et mettrait un terme définitif à la subvention publique de la spéculation de Wall Street. » [2]

Par ailleurs, le Seattle Times a publié une tribune d’opinion de l’auteure et ancienne banquière à Wall Street Nomi Prins, intitulée « Rompez les alliances entre Wall Street et la Maison Blanche ». Elle vient de publier un livre sur ces alliances et a reçu beaucoup de publicité, à commencer par une interview avec le magazine EIR fondé par Lyndon LaRouche. Sa tribune d’opinion est un plaidoyer en faveur du Glass-Steagall Act :

Aujourd’hui, les alliances entre le président Obama et le banquier le plus puissant du pays, le dirigeant de la JP Morgan Chase Jamie Dimon, n’est sans doute pas aussi étroite que l’étaient les alliances du temps de Teddy Roosevelt, qui comptait sur John Pierpont Morgan pour sauver l’économie américaine suite à la panique bancaire de 1907. Mais ces alliances sont tout autant fonctionnelles.

Nous (…) courons le risque d’une autre crise économique du fait que rien d’important n’a été fait pour l’empêcher.

Nos dirigeants doivent rétablir le Glass-Steagall Act pour diviser les grandes banques américaines, de sorte que nos dépôts ne soient pas utilisés comme carburant à des pratiques imprudentes. Le département de la Justice devrait prendre des mesures punitives contre ceux qui pillent les comptes bancaires (…) en comptant sur l’Etat pour les sauver de la faillite. (…)

Nous avons besoin que la Maison Blanche place l’intérêt économique du pays avant celui des banquiers.

_______________________

21 mai 2014 – Thomas Buffenbarger, président international de l’IAMAW (syndicat des machinistes et des travailleurs de l’aéronautique), a réitéré son appel au rétablissement de la loi Glass Steagall lors d’une conférence de l’IAM le 11 mai à Washington. Il a également appelé à une « TVA nationale » (par référence au projet Tennessy Valley Authority qu’avait initié Franklin Roosevelts) pour relancer l’économie, surtout pour faire face à la sécheresse nationale et à la crise de l’eau.

A propos des responsables gouvernementaux chargés du renflouement des banques, Buffenbarger estime que les délégués syndicaux des employés des banques auraient bien mieux mené les négociations que ne l’a fait le département du Trésor !

Buffenbarger a récemment été réélu avec deux tiers des voix au poste qu’il détient depuis 16 ans, à l’occasion d’une élection spéciale, imposée par des « réformateurs » qui contestent sa politique. L’IAM a pris officiellement position en faveur du rétablissement du Glass-Steagall Act depuis 2010 et Buffenbarger aime le rappeler régulièrement.

Les syndicalistes à la conférence de Washington ont d’ailleurs entendu trois des principaux sponsors des deux propositions de loi pour un nouveau Glass-Steagall en discussion au Sénat : les sénateurs Tom Harkin, Elizabeth Warren et Maria Cantwell.

A noter par ailleurs le discours prononcé le 7 mai par Thomas Hoenig, vice-président de la Federal Deposit Insurance Corporation : « Pouvons-nous mettre un terme aux renflouements financiers ? » Pour lui, c’est actuellement impossible car le Congrès n’a pas séparé les banques par une loi Glass-Steagall. Il a également démontré la futilité de la loi Dodd-Frank.

La question du Glass-Steagall s’est aussi invitée dans une conférence de hedge funds, le 15 mai à Las Vegas, au cours d’un débat entre l’ancien secrétaire au Trésor Larry Summers et l’auteur Nassim Taleb. Ce dernier a provoqué les applaudissements en disant : « Revenons au temps où les banques étaient d’ennuyeuses institutions d’intérêt public et ne prenaient pas trop de risque et n’avaient pas besoin d’avoir recours au contribuable ; et où les banques d’affaires prenaient les risques et pouvaient faire faillite comme l’a fait Drexel. »

_______________________

29 mai 2014 – Tandis que les banques centrales continuent de protéger les grandes banques en faillite, le soutien populaire à la séparation des banques prend de l’ampleur aux Etats-Unis.

La sénatrice Elizabeth Warren, qui mène le combat au Congrès américain sur ce front, a rappelé lors d’un événement public à Washington qu’elle était elle-même professeur du droit relatif aux faillites: quand de l’argent nouveau est investi dans une entreprise en faillite, a-t-elle dit, «les actionnaires sont balayés, les porteurs d’obligations acceptent des pertes, les dirigeants au plus haut niveau sont remerciés et peuvent être poursuivis en justice». Rien de tout cela ne s’est produit depuis l’éclatement de la crise en 2008, mais la Réserve fédérale et l’Etat américain ont versé des milliers de milliards de dollars à titre de renflouements bancaires.

Lors d’un événement organisé à Washington par Campaign for America’s Future, le LaRouche PAC a demandé à Elizabeth Warren de «parler du Glass-Steagall». Sur ce, elle s’est lancée dans une réponse passionnée de 6 à 7 minutes, qui a provoqué un tonnerre d’applaudissements de la part des 250 personnesprésentes; curieusement, ce passage ne figure pas dans la vidéo de sa présentation postée sur le site internet des organisateurs.

La sénatrice a décrit la proposition de loi qu’elle a déposée au Sénat avec John McCain, Maria Cantwell et Angus King: «D’abord, elle séparera ces grandes banques, et ce ne sont que les plus grandes banques de Wall Street qui seront réellement affectées. Ensuite, elle obligera les grandes entités dont les dépôts sont garantis par l’Etat à utiliser leurs ressources pour émettre des prêts à l’économie, sans quoi elles n’auront pas de soutien.»

Les grandes entreprises financières de Wall Street, a-t-elle fait remarquer, «n’aiment pas» la loi Glass-Steagall, et une pression financière et des menaces s’exercent pour l’empêcher. Et pour conclure : «Quel genre d’avenir voulons-nous ?

Voulons-nous travailler pour les banques de Wall Street, pour les rendre encore plus grosses ? Ou voulons-nous travailler pour que nos enfants et nos petits enfants aient de meilleures chances ?»

_______________________

19 juin 2914 – 162 organisations, dont les plus grandes centrales syndicales du pays, des associations d’aide aux consommateurs ainsi que plusieurs autres représentant des millions d’Américains, ont fait parvenir le 16 juin une lettre aux Sénateurs leur demandant de soutenir et de co-signer la proposition de Loi pour un Glass-Steagall du 21e siècle (S. 1282).

Le 16 juin marquait le 81e anniversaire de la promulgation, par le président américain Franklin D. Roosevelt, du Banking Act de 1933, qui incluait la disposition Glass-Steagall pour une séparation stricte entre les deux principaux types de banques. La mobilisation pour cette initiative a été assurée par les associations Public Citizen et Americans for Financial Reform.

« Cette lettre démontre qu’il existe un large soutien pour une réforme financière durable et pour mettre fin au renflouement des banques ’’trop grosses pour sombrer’’, aux frais du contribuable », a déclaré Susan Harley, directrice-adjointe de la division de la Surveillance du Congrès pour l’association Public Citizen. « Les banques devraient être des institutions se consacrant au service de la population, en fournissant les services financiers nécessaires aux entreprises et aux ménages, non pas des institutions jouant avec l’argent des épargnants, garanti par le contribuable. »

La proposition S. 1282 fut déposée par un groupe de sénateurs appartenant aux deux partis, incluant la démocrate Elizabeth Warren du Massachusetts et le républicain John McCain de l’Arizona, ainsi que l’indépendant Angus King du Maine et la démocrate Maria Cantwell de l’Etat de Washington. La proposition a été co-signée par 9 sénateurs au total. Une proposition correspondante a été déposée à la Chambre des représentants, H.R. 3711, par les députés John Tierney (démocrate du Massachusetts) et Walter Jones Jr. (républicain de Caroline du Nord).

Le texte de la lettre et la liste des signataires peuvent être trouvés ici.

_______________________


10 juillet 2014 – S&P – Glass-Steagall : près de 600 000 signatures déposées au Sénat américain

_______________________

18 juillet 2014 – La sénatrice Elizabeth Warren et les trois co-sponsors de sa Loi Glass-Steagall du XXI e siècle – John McCain, Maria Cantwell et Angus King – ont fait paraître une tribune d’opinion le 17 juillet sur le site de CNN. Son paragraphe de conclusion est formel : cinq ans après la faillite de Lehman Brothers et la sévère récession économique qui l’a suivie, et alors qu’une « autre crise financière est une possibilité très réelle », comment se fait-il que la séparation des banques n’est pas considérée comme le sujet numéro un ? « Nous demandons instamment à nos collègues de soutenir notre proposition de loi ».
La tribune note au début que « les chances d’une autre crise financière restent beaucoup trop élevées tant que des institutions financières ‘’trop grandes pour faire faillite’’ continueront d’exister. (…) Mais plus de cinq ans après le krach, les grandes banques sont plus concentrées et plus interconnectées et leur appétit pour le risque excessif reste inchangé. Celles-ci sont substantiellement plus importantes qu’elles ne l’étaient en 2008. En réalité, les cinq plus grandes banques contrôlent désormais plus de la moitié des actifs bancaires totaux du pays. »
Les sénateurs affirment que la proposition de loi qu’ils ont déposée il y a un an presque jour pour jour, adopte une « approche structurelle proactive pour réduire le risque bancaire [qui] devrait de loin être préférable à la gestion du risque par une sur-réglementation ». Et plus loin, « cela fait quatre ans que la loi Dodd-Frank a été votée au Congrès et que la rédaction de ses règles a commencé. Les régulateurs ont jusque là manqué à plus de la moitié de leurs délais légaux et la rédaction de nombreuses règles reste à faire ».
Ils évoquent aussi un rapport de la Réserve fédérale de Dallas, qui estime que « la crise financière nous a coûté pas moins de 14 000 milliards de dollars. Ce qui revient à 120 000 dollars par ménage américain – plus de deux ans de revenus pour un ménage moyen ».

_______________________

7 août 2014 – wallstreetonparade.com – Dodd-Frank Versus Glass Steagall : How Do They Compare ?

_______________________

26 novembre 2014 – S&P – Elizabeth Warren à Obama : trop c’est trop !

_______________________

14 décembre 2014 – Dans un discours prononcé le 10 décembre, le jour avant l’odieux vote du Congrès américain qui a rétabli la protection de l’État américain sur les activités spéculatives des banques de Wall Street, la sénatrice Elizabeth Warren, farouche partisane d’une séparation stricte des banques sur le modèle de Glass-Steagall, a appelé la Chambre des représentants à rejeter tout compromis avec Wall Street.Cette clause (article 716), qui vient d’être abrogée, était le seul élément à peu près valable de la loi Dodd-Franck (adoptée en fanfare au lendemain de la crise financière de 2008) qui jusqu’ici a surtout servi pour écarter la nécessité d’un nouveau Glass-Steagall.

Extraits :

M. le Président [du Sénat], je prends la parole devant vous aujourd’hui pour poser une question fondamentale : Pour qui travaille donc le Congrès ? Est-il au service des millionnaires, des milliardaires, des sociétés géantes et de leurs armées de lobbyistes et d’avocats ? Ou travaille-t-il pour nous tous ? (…)

Et maintenant, la Chambre des représentants est sur le point de nous montrer le pire de ce qu’est un gouvernement au service du riche et du puissant. La Chambre est sur le point de voter pour une loi budgétaire, une entente négociée dans les coulisses et qui intègre insidieusement une clause qui permettrait aux traders de produits dérivés à Wall Street de parier avec l’argent du contribuable et de se faire renflouer par l’État lorsque leurs paris risqués menacent de faire sauter notre système financier.

Ce sont là les mêmes banques qui ont presque détruit notre économie en 2008, et détruit des millions d’emplois. Les mêmes banques qui ont été renflouées par le contribuable et qui engrangent aujourd’hui des profits records. Les mêmes banques qui consacrent une grande partie de leur temps et argent dans des tentatives pour influencer le Congrès, pour qu’il infléchisse les règles à leur avantage.

Vous entendez beaucoup de gens dire que la règle qui sera abrogée dans le projet de loi est technique et compliquée, et qu’il ne faut pas s’en inquiéter parce que les gens intelligents qui en savent plus que vous sur les questions financières savent que ce n’est pas une chose si importante. Ne les écoutez pas.

A l’heure actuelle, la règle est assez simple. Voici comme elle s’intitule, cette règle que le Congrès est sur le point d’abroger, et je cite le texte de la Loi Dodd-Frank : « Interdiction du renflouement des activités de swaps par le gouvernement fédéral. » De quoi s’agit-il ? La clause qui est sur le point d’être abrogée exige que les banques gardent séparément un partie clé de leurs activités spéculatives risquées sur Wall Street de manière à ce qu’aucune assurance de l’État ne puisse couvrir cette partie de leurs activités. (…)

Cette règle a été mise en place après l’effondrement du système financier parce que nous espérions réduire le risque que les paris casse-cou sur Wall Street ne viennent plus jamais menacer les emplois et le niveau de vie de la population américaine. Nous avons mis cette règle en place parce que les gens de toute sensibilité politique étaient dégoûtés par la possibilité d’autres renflouements à venir. Et aujourd’hui, aucun débat, aucune discussion, les républicains à la Chambre des représentants menacent de fermer le gouvernement s’ils n’ont pas la possibilité d’abroger cette règle. [Rappelons que cette clause d’abrogation a été insidieusement insérée dans la loi sur le budget de l’État fédéral, sachant qu’un vote contre la loi dans son ensemble provoquerait une suspension des services gouvernementaux, comme cela s’est déjà produit à quelques occasions par le passé,ndlr.] (…)

Wall Street consacre beaucoup de temps et d’argent sur le Congrès. Selon les associations Public Citizen et le Center for Responsive Politics, dans la période précédant l’adoption de la loi Dodd-Franck, l’industrie financière a employé 1447 anciens salariés de l’État fédéral pour faire du lobbying auprès du Congrès, incluant 73 anciens députés et sénateurs. (…) Beaucoup d’anciens employés de l’État fédéral – ainsi que des députés et sénateurs – sont dépêchés auprès du Congrès pour faire en sorte que les banques soient entendues. Il n’y a rien de surprenant dans le fait que l’industrie financière dépense plus d’un million de dollars par jour pour faire pression sur le Congrès au sujet des réformes financières. (…)

Et nous voyons le fruits de leurs efforts. (…) Selon des documents examinés par le New York Times, la clause original qui a été incorporée dans la loi budgétaire qui sera soumise au vote de la Chambre aujourd’hui a été littéralement rédigée par des lobbyistes de Citigroup, qui ont « réécrit » le projet de loi, « effaçant certaines phrases et en insérant d’autres ». (…)

Cette clause va trop loin. Citigroup est une grande banque, et elle est puissante. Mais elle reste une simple entreprise privée. Elle ne devrait pas tenir tout le gouvernement en otage, en menaçant une interruption des services gouvernementaux, afin d’obtenir des concessions sur des mesures importantes visant à protéger notre économie. Nous sommes en démocratie, et le peuple américain ne nous pas élus pour défendre les intérêts de Citigroup. Il nous a élus pour défendre l’intérêt de tous.

Je prie donc mes collègues de la Chambre, en particulier mes collègues démocrates, dont le vote est essentiel pour obtenir la passage de cette loi, de retenir leur soutien jusqu’à ce que cette concession risquée soit retirée du projet de loi. Nous devons tous faire le nécessaire et lutter contre cette concession aux banques les plus puissantes de ce pays.

_______________________

15 décembre 2014 – L’adoption la semaine dernière de la nouvelle loi des finances 2015 (Omnibus Budget Bill, d’un montant de 1014 milliards de dollars), a donné lieu à l’émergence d’un début de fronde chez les élus républicains et démocrates contre la Maison Blanche et le monde financier.

Pris en otage par leurs propres manœuvres et par le lobby bancaire, les élus se sont retrouvés le dos au mur : si la loi était rejetée, le pays aurait été de nouveau paralysé. La loi a donc été votée jeudi à la Chambre des représentants (219 voix contre 206) et samedi au Sénat (56 voix contre 40). Si le scrutin a été aussi serré, c’est le fait qu’un minuscule amendement très particulier, introduit à la dernière minute par Obama et les Républicains, a mis le feu aux poudres.

Rappelons qu’en vertu de la fameuse « réforme financière » Dodd-Frank de 2010, les banques étaient sommées d’organiser en leur sein le cantonnement de certaines de leurs transactions sur les produits dérivés (notamment les « Credit default swaps », CDS) dans des entités distinctes (article 716 ou Swaps Pushout Rule). Contrairement aux dépôts et à l’épargne, les CDS n’auraient plus été assurés par le fonds des garanties qui assure les banques commerciales, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC). Ce dispositif visait à éviter que l’argent du contribuable soit utilisé pour subventionner ces opérations spéculatives, qui sont à l’origine de l’énorme bulle spéculative qui plane aujourd’hui sur l’ensemble du système financier mondial.

La loi Dodd-Frank étant une vaste usine à gaz manquant cruellement de décrets d’application, les banques ont bagarré dur pour ne jamais devoir se soumettre à cette règle. En janvier 2013, elles avaient d’ailleurs obtenu deux années supplémentaires pour se mettre en conformité avec la loi. Or, avec le vote de la semaine dernière, l’article 716 (considéré la seule chose importante dans la réforme), est tout simplement abrogé !

Si une petite majorité a voté la loi, une large minorité des élus ne cache pas sa fureur. Au total, 139 démocrates ont voté contre, soit deux sur trois ! Et chez les républicains, la proportion est également significative. « Les Américains ne nous ont pas élus pour défendre Citigroup », a tonné Elizabeth Warren, la sénatrice démocrate du Massachusetts qui incarne l’aile gauche du parti. « Cet amendement a été introduit par des lobbyistes de Citigroup, je veux dire que c’est littéralement eux qui l’ont rédigé », a révélé Warren à la chaîne MSNBC. Rien que le fait qu’une banque géante comme Citigroup puisse prendre le peuple et ses élus en otage démontre bien qu’il faut réduire d’urgence la taille de ces mégabanques. Certes, Dodd-Frank n’est pas parfait, mais si on défait cette loi, faisons-le pour faire une régulation plus stricte du type Glass-Steagall et non pas plus molle, a martelé la sénatrice.

Cette mesure « met une fois de plus en péril nos maisons, nos emplois et notre épargne-retraite », a ajouté la représentante de Californie Maxine Waters, chef de file des démocrates au sein de la Commission des services financiers de la Chambre. « Nous n’allons pas voter pour une loi qui donne toute la boutique aux plus grandes banques américaines ! », a-t-elle précisé. Même la chef de la minorité démocrate, Nancy Pelosi, d’habitude si docile, s’est dite « atterrée » et a voté contre, malgré un lobbying forcené de la Maison Blanche.

Barack Obama lui-même, tout comme le vice-président Biden, ont décroché leur téléphone pour tenter de convaincre les démocrates que la loi était le meilleur compromis possible à ce stade. Obama a également dépêché son bras droit, Denis McDonough, au Capitole pour une confrontation tumultueuse avec le groupe démocrate dans la soirée. (McDonough était aussi sur la rampe pour convaincre la sénatrice Diane Feinstein de ne pas rendre public le rapport du Sénat sur la torture de la CIA…)

Le grand patron de la banque JP Morgan Chase Jamie Dimon était lui aussi accroché à son téléphone pour appeler directement les élus. La collusion d’Obama avec Dimon, « cela nous dit quoi ? » s’est interrogée Maxine Waters. « C’est quand même étrange que tous deux se soient démenés pour faire voter cette loi ».

La bonne nouvelle, c’est la perspective d’un vrai retour à Glass-Steagall comme le préconisent depuis très longtemps l’économiste américain Lyndon LaRouche aux Etats-Unis et Jacques Cheminade en France. Car, en effet, l’existence même de l’article 716 dans la loi Dodd-Frank a retenu bon nombre d’élus d’apporter leur soutien au « Glass-Steagall Act du XXIe siècle », le projet de loi introduit par Elizabeth Warren en faveur d’une vraie séparation bancaire et opérant le démantèlement des banques « too big to fail » (trop gros pour faire faillite).

Comme le disait la députée Jan Schakowsky : « We are living another Glass-Steagall moment ! » (nous vivons un nouveau moment historique de Glass-Steagall).

_______________________

14 mars 2015 – Glass-Steagall au coeur de la prochaine présidentielle américaine

_______________________

30 mars 2015 – S&P – Wall Street menace de couper les fonds aux candidats pro-Glass-Steagall

 

Revenir au sommaire

France

 

7. EN FRANCE

 

La France est incontestablement l’un des pays où la bataille pour le Glass Steagall est la plus populaire et le fait que Jacques Cheminade en a fait le thème principal de sa campagne y est pour beaucoup. C’est d’ailleurs cet engagement pour la séparation stricte des banques qui a motivé les maires à parrainer sa candidature. C’est pourquoi, nombre de ceux-ci ont signé notre Appel à un Glass Steagall global. Cet intérêt est cohérent avec le sentiment général qui prévaut dans un pays où une majorité des citoyens se prononce clairement en faveur de la séparation des banques.

A contrario, l’industrie financière française – qui tient le politique en courte laisse – est vent debout contre le Glass Steagall qu’elle considère comme une menace mortelle pour son pouvoir. Ainsi, n’est-il pas remarquable que, dans le seul pays européen où une loi portant sur la réforme bancaire vient d’être présentée en conseil des Ministres (19 décembre 2012) pour être soumise au vote des parlementaires en février, il n’y en ait pas un mot dans la presse ! Il est vrai que – du point de vue de la féodalité de l’argent – il y a urgence à enfumer, avec le faux débat du mariage pour tous, une population qui pourrait avoir l’idée saugrenue (sic) de se mobiliser en faveur de la séparation des banques !

En 1945, après la victoire contre le nazisme et dans le but explicite d’assurer que jamais plus cette engeance ne trouve un terreau où prospérer, la France se dote d’une série d’instruments lui permettant d’organiser la distribution du crédit dans l’économie. La loi 45-15 du 2 décembre 1945 crée le cadre d’un véritable système de crédit public : nationalisation de la Banque de France (émettrice unique de la monnaie), création d’un Conseil national du crédit (représentatif des forces vives de la nation) ayant autorité sur la politique bancaire, et séparation des banques de dépôt et des banques d’affaires (avec un contrôle strict sur les activités de ces dernières). Sans ce dispositif, aucune politique économique digne de ce nom n’aurait été possible et la France aurait été livrée à la haine, la division et la destruction.

2 décembre 1945 – République française – Loi relative à la nationalisation de la Banque de France et des grandes banques et à l’organisation du crédit

11 juillet 2010 – S&P – Michel Rocard : « Il faut d’abord réadopter partout le Glass-Steagall »

14 juin 2012 – Agefi – Pour un retour au Glass-Steagall Act

26 juin 2012 – BOM – Appel pour un Glass Steagall global

4 octobre 2012 – Terra Nova – La réforme de la structure des banques : un enjeu démocratique majeur

19 novembre 2012 – S&P – Réforme bancaire : S&P présente son propre projet aux députés !

18 décembre 2012 – Assemblée nationale – Projet de loi de séparation et de régulation des activités bancaires – Étude d’impact

19 décembre 2012 – Alterntives Economiques – Pour une VRAIE séparation des banques d’affaires et des banques de dépôt

janvier 2013 – Alternatives économiques – Réforme bancaire : un pas en avant, un pas en arrière

3 janvier 2013 – S&P – Faisons de 2013 l’année du Glass-Steagall !

4 janvier 2013 – S&P – Jean Peyrelevade et la réforme bancaire, le choix de la défaite

5 janvier 2013 – S&P – Vidéo avec Jacques Cheminade : Le crédit public contre le simulacre de réforme bancaire

15 janvier 2013 – S&P – « Faut-il couper les banques en deux ? »

22 janvier 3013 – S&P – Réforme bancaire : enfin un vrai débat ?

_______________________

Jusqu’à présent, les partis politiques sont restés étonnamment silencieux sur la question de la réforme bancaire ou, à tout le moins, sont restés à la surface des choses. C’est Europe Ecologie les Verts qui rompt le silence à ce sujet avec une délibération de son Conseil fédéral qui pose l’enjeu très clairement.

23 janvier 2013 – EELV – Libérer l’économie du modèle de la banque universelle et du poids des paradis juridiques et fiscaux

_______________________

23 janvier 2013 – S&P – L’ancien conseiller scientifique de Pompidou estime qu’il faut scinder les banques

24 janvier 2013 – ResPUBLICA – Note de Gaël Giraud sur la nécessité d’une séparation des banques

29 janvier 2013 – S&P – Députés, Sénateurs : vous n’êtes pas seuls à vouloir couper les banques en deux

29 janvier 2013 – Nouvel Observateur – 5 raisons de couper les banques en deux selon Gaël Giraud

30 janvier 2013 – Le petit juriste – La séparation entre la banque de détail et d’investissement : mesure nouvelle et utile ou simple effet d’annonce ?

5 février 2013 – Les Echos – Loi de séparation bancaire : le parachute rêvé des banques

5 février 2013 – La Vie – Gaël Giraud : “Le projet de loi sur la régulation bancaire met le contribuable en danger”

7 février 2013 – S&P – Glass-Steagall ? C’est le système qu’il faut changer

7 fébrier 2013 – blog-mediapart – Séparation des activités bancaires : Esprit du Bourget, es-tu là ?

12 février 2013 – S&P – Mobilisation : Pas de réforme bancaire sans Glass-Steagall !

_______________________

Mardi 12 février s’est ouvert à l’Assemblée nationale le débat sur la réforme bancaire dont vous trouverez l’agenda législatif ci-dessous:

Assemblée nationale – Economie : separation et régulation des activités bancaires

Dans ce contexte, il est essentiel que les citoyens interpellent leurs députés sur l’enjeu de cette réforme et la nécessité de la refuser aussi longtemps qu’elle n’incluera pas une authentique séparation des banques. Faites-le de toute urgence en utilisant le formulaire ci-joint :

11 février 2013 – S&P – Réforme bancaire : écrivez d’urgence à votre député !

Pour en savoir plus sur notre mobilisation du 12 février, suivez le point stratégique :

12 février 2013 – S&P – VIDEO : Dire non au simulacre de réforme bancaire

_______________________

13 février 2013 – Cheminade.fr – « La guerre contre la finance a-t-elle commencé ? » – J. Cheminade invité de Ce soir (ou jamais !)

_______________________

14 février 2013 – Dans le débat parlementaire sur la réforme bancaire, la mention du Glass Steagall vient de sortir par la voix de Pierre Lellouche, député UMP de la 1ère circonscription de Paris. Son intervention a le grand mérite de montrer la mauvaise foi du lobby bancaire.

M. Pierre Lellouche. M. Hollande avait promis de séparer strictement les activités de dépôt des activités de banque d’affaires et de spéculation qui y sont liées, et voici que votre montagne accouche d’une toute petite souris.

Vous-même, monsieur le ministre, vous vous présentez dans les colonnes d’un journal du soir daté d’hier en avocat zélé et défenseur de la banque française et de ses 400 000 emplois. Je vous cite : « Si j’avais été convaincu qu’il fallait un Glass-Steagall Act français, je l’aurais fait ». Mais vous ajoutez de façon surprenante et au mépris des faits : « La crise l’a démontré, la séparation n’est pas une garantie contre une intervention de l’État auprès des banques ». Et de conclure : « Aucune formation politique, aucun syndicat ne la voulait. J’assume ce choix ».

Vous ajoutez en reprenant l’argumentaire des milieux bancaires français : « Nous avons un modèle bancaire qui combine banque de dépôt et banque d’investissement, qui a mieux résisté que d’autres. Pourquoi l’affaiblir en créant des banques de dépôt privées d’accès aux financements de marchés, et des banques d’affaires moins compétitives, de taille réduite ? »

Je vais vous faire une confidence, monsieur le ministre : lorsque j’étais à Bercy, au milieu de cette crise, à un poste certes moins éminent que le vôtre, j’avais proposé au Gouvernement et au Président de la République de l’époque d’introduire dans notre droit une loi Glass-Steagall à la française. Immédiatement, je me suis vu opposer par les milieux concernés l’argumentaire que vous développez aujourd’hui.

Et l’argument est, en effet, en partie fondé : oui, les banques françaises ont mieux résisté que les autres. Mais elles n’en ont pas moins bénéficié d’une injection massive de plus de 26 milliards d’euros d’argent public au plus fort de la crise, précisément parce que le risque systémique était là, chez nous aussi, et que le président Sarkozy n’avait qu’une idée : stopper la contagion et sauver les épargnants français.

Oui, ces banques existent au premier rang à l’international parce qu’elles mêlent les deux métiers et qu’une séparation absolue renforcerait sans doute les banques d’affaires américaines, alors même que ni les États-Unis sous Obama avec la loi Dodd-Franck, ni les Allemands n’ont procédé à pareille réforme.

Mais oui également, et c’est sur ce point que je ne partage pas votre avis, ni celui d’un certain nombre de mes éminents collègues de l’UMP, seule la séparation totale entre les activités de dépôt et les activités de marché, par essence spéculatives, est susceptible de protéger la collectivité et l’économie française du risque systémique qu’engendrent les pratiques actuelles de la finance internationale. Sans cette séparation, c’est le contribuable qui, en définitive, vient au secours des banques, selon la formule des Américains : « Main Street vient au secours de Wall Street ». C’est parce que ce système tend à privatiser les profits et à nationaliser les pertes que Roosevelt avait fait adopter la loi Glass-Steagall en 1933, qui devait ensuite être annulée sous Ronald Reagan.

_______________________

Alors que les parlementaires doivent voter aujourd’hui pour ou contre la réforme bancaire, la présentation qu’en a fait récemment TF1 au journal de 20h ne laisse guère planer d’illusions.

_______________________

19 février 2013 – Jol Press – Yves Censi: «Réforme bancaire: l’éléphant accouche d’une souris»

_______________________

Occulté par le débat “passionné” du « mariage pour tous », le projet de loi de « régulation et de séparation des activités bancaires » a été débattu la semaine dernière dans le vide de l’Assemblée nationale. Ce projet a été voté hier en première lecture par les partis et leurs tactiques.

20 février 2013 – S&P – Le Glass-Steagall Act hante l’Assemblée nationale

_______________________

Les élus ayant eu le courage de s’opposer à la pseudo réforme bancaire de Pierre Moscovici se comptent sur les doigts d’une main. Le Sénateur du Var, Pierre-Yves Collombat (Rassemblement Démocratique et Social Européen), est l’un de ceux-ci. Voici son intervention du 13 mars devant le Sénat.


PJL séparation et régulation des activités… par PYC83830

_______________________

30 mars 2013 – S&P – Rocard : séparer les banques pour éviter un « drame mondial »_

______________________

10 mai 2013 – S&P – Séparation bancaire : 14 élus français écrivent aux parlementaires américains

_______________________

Alors que le projet de loi Moscovici pour mettre en place une pseudo-réforme bancaire attend d’être adopté en deuxième lecture, Solidarité et Progrès a lancé sa propre proposition de loi. Cette-ci est centrée sur la séparation en deux des banques et représente, en France, le point de ralliement de la bataille internationale en faveur de la réintroduction du Glass Steagall.

Ce texte a été envoyé aux députés et aux sénateurs ainsi qu’aux syndicats ou encore à certaines associations et institutions dont l’objet recouvre la finalité de cette proposition.

13 mai 2013 -S&P – Proposition de loi de Solidarité et Progrès pour séparer les banques en deux

_______________________

13 juin 2013 – Le conseil municipal de Créancey (Côte d’Or) a voté à l’unanimité un vœu exigeant le dépôt et le vote au Parlement de la proposition de loi relative au crédit et à la séparation entre banques de dépôt et banques de marché, rendu public par Solidarité et Progrès le mois dernier.

Ce n’est qu’un début ! Des dizaines de maires et des dizaines de citoyens sont mobilisés partout en France pour faire voter ce type de vœux et rappeler leurs députés et sénateurs à leur devoir.

–> Délibération du conseil municipal de Créancey

_______________________

17 juillet 2013 – latribune.fr – Le retour du Glass-Steagall Act
_______________________

12 août 2013 – S&P – Des élus municipaux français et allemands s’engagent contre l’austérité et pour couper les banques en deux !


Initiative franco-allemande contre la… par Solidarite_et_Progres

_______________________

11 septembre 2013 – S&P – Glass-Steagall : un député français écrit à ses collègues américains

13 septembre 2013 – Natura Sciences – Pourquoi François Hollande refuse-t-il de séparer les banques ?

3 octobre 2013 – S&P – Glass-Steagall : un sénateur français écrit à ses collègues américains

_______________________

29 octobre 2013 – La majorité de gauche du Conseil régional des Pays-de-la-Loire vient de se prononcer : le gouvernement doit revoir sa copie de la réforme bancaire !

Souvenez-vous, en juillet la réforme bancaire avait définitivement enterré la promesse de Hollande de séparer les banques d’affaires des banques de dépôts. Sous la pression du lobby bancaire et de son laquais Pierre Moscovici, la réforme adoptée par les députés a abouti à une simple filialisation de seulement 0,5 % des activités des banques, considérant la majeure partie des services financiers comme « utile à l’économie réelle ».

Eh bien le Conseil régional des Pays-de-la-Loire – certes, avec toute la pudeur d’usage – met les pieds dans le plat : dans un vœu adopté le 18 octobre, il exige de séparer « distinctement et systématiquement » les activités de banques d’affaires des activités de banques de dépôts en excluant toute notion fallacieuse d’« activité utile ».

Si ce vœu est un pas dans la bonne direction – rompre avec la trahison des élites face au monde de la finance – il pourrait cependant être plus franc. Notre proposition de loi pour couper les banques en deux est une référence pour la contre-attaque : elle fournit clairement le mode d’emploi pour en finir avec le chantage des banques universelles sur notre économie. Déjà 14 communes ont adopté un vœu de soutien pour que leurs députés et sénateurs la défendent à Paris…

_______________________

4 novembre 2013 – Alors que le Conseil régional des Pays-de-la-Loire vient de demander, dans un vœu adopté le 18 octobre (voir ci-dessous), de séparer « distinctement et systématiquement » activités de banques d’affaires et activités de banques de dépôts en excluant toute notion fallacieuse d’« activité utile », la mobilisation continue. Il y a maintenant 14 municipalités composées de 206 élus représentants 35.221 habitants qui ont adopté un vœu demandant la séparation en deux des banques. Le procès-verbal de ces vœux a été transmis aux préfectures respectives, selon les procédures en vigueur, mais également aux parlementaires locaux afin qu’ils prennent connaissance des enjeux qui se jouent chez eux.

Notons également le vœu passé à l’unanimité par le Conseil municipal de Coudekerque-Branche, une ville du Nord comptant 23.000 habitants dans le Nord, toutes tendances confondues contre la réforme Moscovici et pour la séparation stricte entre banques de dépôts et banques de marché.

13 novembre  2013 – Jean-Louis Tourenne, président du Conseil général d’Ille-et-Vilaine, envoit  au premier Ministre un courrier l’informant que l’Assemblée départementale vient de passer un vœu exigeant la séparation des banques en deux. L’Ille-et-Vilaine est donc le premier département français à demander officiellement la séparation des banques en deux. Ironie de l’histoire, la ville de Rennes avait quelque temps auparavant rejeté les mêmes vœux formulés devant le Conseil municipal par des militants de  Solidarité et Progrès.

–> Comme le Conseil général, Rennes doit exiger de couper les banques en 2

_______________________
Rétrospective 2013 en France

Des deux côtés de l’Atlantique, des débats intenses sur la nécessité d’effectuer une stricte séparation entre banques de dépôt et banques de marché pour protéger les citoyens et l’économie réelle se sont intensifiés tout au long de l’année dernière. Dans tous ces cas, un rôle catalyseur a été joué par le mouvement international associé à Lyndon LaRouche. A souligner toutefois qu’une séparation de type Glass-Steagall n’est qu’un premier pas vers un nouveau système de crédit destiné aux investissements productifs, après avoir éliminé les milliers de milliards de dollars de déchets toxiques.
Face à cela,  en étroite coopération avec ses alliés de la Troïka et de la BCE, le lobby bancaire s’est mobilisé pour saboter une telle réforme en défendant la poursuite des sauvetages bancaires et la mise en œuvre de l’expropriation des dépôts, ou « bail-in ».
Nous avons choisi quelques points forts de la bataille en Europe en 2013, pays par pays.

Les temps forts

Depuis sa campagne présidentielle de 2012, Jacques Cheminade est reconnu comme faisant autorité en ce qui concerne la séparation des banques. Cette année, une pétition pour un Glass-Steagall global diffusée par Solidarité & Progrès a été signée par 3000 personnes, dont deux-cent-soixante maires de communes et dis-sept économistes.
Quelque soixante-quinze municipalités, y compris les conseils municipaux de grandes villes comme Rennes et Toulouse, ont discuté de propositions de résolution de Solidarité et Progrès, déposées par des conseillers de différents partis. Jusqu’à présent, vingt-cinq municipalités ont adopté de tels vœux appelant gouvernement de mettre en place un véritable Glass-Steagall.
En outre, le Conseil général de l’Ille-et-Vilaine, département d’un million d’habitants, a adopté le 13 novembre un vœu en faveur d’une véritable séparation des banques. En octobre dernier, le Conseil régional des Pays de la Loire, qui comprend, 3,5 millions de personnes, avait adopté un vœu similaire.
Par ailleurs, le sénateur Pierre-Yves Collombat et le député vert Eric Alauzet ont rédigé des lettres personnelles à des membres du Congrès américain leur demandant de rétablir sans délai le Glass-Steagall.
En août dernier, des élus locaux français et allemands se sont réunis à Arzviller, en Moselle, et ont adopté une déclaration appelant à couper en deux les grandes banques européennes. Quelque quarante-cinq élus ont signé la « Déclaration d’Arzviller », de même que d’autres élus d’Italie et d’Espagne.

_______________________

27 janvier 2014 – S&P – Municipales : les candidats du Tarn-et-Garonne vont-ils couper les banques en 2 ?

31 janvier 2014 – S&P – Municipales : la finance ou les communes – les candidats doivent s’engager…

20 mars 2014 – S&P – Des candidats aux municipales s’engagent sur la séparation bancaire !

10 juin 2014 – S&P – Le Conseil général de l’Hérault veut couper les banques en 2 !

_______________________

27 août 2014 – Un article en cinq parties publié dans le quotidien La Tribune reflète le fait que le Glass-Steagall reste un grand débat dans les coulisses de l’establishment bancaire français. Alors que le candidat François Hollande avait promis d’aller dans cette direction pour scinder les grandes banques, l’article note que la loi adoptée en juillet 2013 est bien loin de cet objectif. Une telle séparation serait nécessaire, écrit le quotidien, pour protéger l’économie réelle et en permettre la croissance.

–> Les fantômes de Henri Germain et du Glass Steagall continuent de hanter les élites françaises

_______________________

 26 septembre 2014 – S&P – Haute-Garonne : Unanimité pour couper les banques en deux !

30 décembre 2014 – S&P- Glass-Steagall : même les anciens de BNP Paribas en parlent !

Revenir au sommaire

 

Finland

8. EN FINLANDE

 

En Finlande, le chef de l’influent parti de gauche Vasemmistoliiton, Paavo Arhinmäki, également ministre de la Culture, a soutenu la mise en place d’une loi Glass-Steagall dans un article du 28 octobre 2012 publié dans le quotidien Kansan Uutiset .

Revenir au sommaire

United-Kingdom

 

 

9. EN GRANDE BRETAGNE

 

En Grande Bretagne et jusqu’au coeur de l’empire financier qu’est la City de Londres, la bataille pour le Glass Steagall fait rage. Doit-on s’en étonner ? Pas vraiment.

Après une stratégie de reconquête du pouvoir politique par le biais de la finance (Londres et ses dépendances contrôlent la majorité des flux financiers mondiaux) lancée en 1987 au moment du BigBang de Mme Thatcher, le monstre qui a été créé risque aujourd’hui de dévorer ses maîtres. L’intérêt de certains pour la séparation en deux des banques semble donc tenir en grande partie d’une stratégie de survie bien comprise, laquelle recoupe visiblement la discussion actuelle sur une éventuelle sortie de l’Union européenne.

Quoiqu’il en soit, il faut noter que l’on n’hésite pas, outre-Manche, à parler des questions essentielles ouvertement et publiquement (contrairement à ce qui se passe en France) et ce, sans œillères idéologiques (à l’inverse des habitudes hexagonales), dès lors que l’intérêt fondamental du pays est en cause. Mais la question demeure : “succesfull State or failed Empire” ?

6 janvier 2012 – conservativehomeblogs.com – Lord Flight: We need to contemplate much more radical reform of the City

4 juillet 2012 – ukcolumn.org – Lord Myners Calls For Full Glass Steagall

5 juillet 2012 – ft.com – Banks beyond Bob

9 juillet 2012 – S&P – Le Financial Times de Londres confirme son offensive pour Glass-Steagall

27 novembre 2012 – S&P – Glass-Steagall vs Vickers : Couper les banques ou les voir s’effondrer

28 décembre 2012 – S&P – Les députés britanniques veulent couper les banques en deux, les banques françaises menacent de déménager à Londres !

7 janvier 2013 – S&P – Le think-tank britannique IPPR recommande un Glass-Steagall

–> IPPR – Don’t bank on it: The financialisation of the UK economy

8 janvier 2013 – S&P – A la City, on réclame un Glass-Steagall intégral !

12 janvier 2013 – Daily Telegraph – At last, question time for the money printer

4 février 2013 – Les Echos – Grande Bretagne : Les banques imprudentes risqueront le démantèlement

_______________________

Au siège de J.P. Morgan (sic) : Une déclaration ferme du chancelier de l’Echiquier, Georges Osborne, sur la séparation des banques mais pour une version Vickers renforcée du Glass Steagall (séparation des seules activités et non des établissements). Potentiellement intéressant si cela débouche sur le Glass Steagall authentique que défendent certaines personnalités britanniques de haut niveau.

4 février 2013 – The Guardian – VIDEO : Georges Osborne annonce une réforme des banques

 

Traduction (la vidéo commence à partir du deuxième paragraphe) :

«Aujourd’hui, nous irons plus loin que précédemment annoncé, nous allons sanctuariser ces principes dans la loi. Je peux vous annoncer que la banque grand public aura des patrons différent pour sa branche investissement. Votre banque grand public gérera ses propres risques, mais pas les risques de la partie investissement. Et la banque d’investissement n’aura pas la possibilité de prendre votre épargne pour financier ses investissements qui, de manière inhérente, sont risqués.

“Mon message aux banques est clair : si la banque se moque des règlements, le régulateur et le Trésor auront le pouvoir de les séparer – une séparation totale, non un simple cantonnement. Nous n’allons pas répéter les erreurs du passé. En Amérique et ailleurs, les banques ont trouvé le moyen de saper et contourner les règlements. La cupidité a pris le dessus de la bonne gouvernance. Nous pourrions voir cela de nouveau – c’est pourquoi nous allons nous y préparer en nous armant. Dans le jargon, nous allons “électrifier la clôture”.

_______________________

5 février 2013 – S&P – Réforme bancaire : Britanniques et Allemands moins dociles que les Français ?

_______________________

12 mars 2013 – En Grande-Bretagne, George Osborne, le chancelier de l’Echiquier doit faire face à une fronde parlementaire à propos de son projet de loi sur la séparation bancaire (inspirée du rapport Vickers), qui est actuellement examinée par la chambre des Communes. Alors qu’en France, le vote en première lecture sur la prétendue séparation bancaire s’est faite dans la plus grande indifférence – grâce à la complicité des medias – il n’en est pas de même chez nos voisins.

Évidemment, le renflouement avec l’argent du contribuables des banques en difficulté a laissé des traces.

Alors que dans son rapport sur la structure des banques, Sir John Vickers, professeur d’économie à Oxford, avait recommandé de mettre les activités de banque de détail à l’abri des activités d’investissement, une commission spéciale parlementaire chargée d’examiner la loi avait d’abord demandé, et obtenu, que le régulateur puisse transformer cette séparation en scission pure et simple en cas de nécessité.

Cette même commission demande cette fois-ci que la séparation passe par la création d’entités juridiques distinctes et non pas seulement de filiales et que le renforcement des fonds propres imposé aux banques soit plus draconien que ce que souhaite le Trésor.

Ce dernier voulait les limiter à 3% du total des actifs, le rapport Vickers parlait de 4%. Les parlementaires veulent davantage.

_______________________

17 avril 2013 – Andrew Haldane, directeur exécutif pour la Stabilité financière de la Banque d’Angleterre et membre du Comité de politique financière, a de nouveau souligné la simplicité aussi efficace qu’élégante de la loi Glass Steagall de 1933 [séparation des banques en deux] dans le discours qu’il a prononcé mercredi10 avril à Londres lors d’un dîner de l’International Financial Law Review. Haldane avait déjà évoqué le Glass Steagall à d’autres occasions, notamment au cours de la réunion de Jackson Hole en août 2012 à laquelle participait notamment Ben Bernanke, le patron de la réserve fédérale américaine. Ce récent discours d’Haldane reflète clairement l’intensité du débat sur le Glass Steagall agitant les cercles financiers britanniques.

En particulier, Haldane a déclaré : « Comparez les réponses législatives face aux deux plus graves crises financières du siècle dernier – la Grande dépression et la Grande récession. La Grande Dépression a engendré la loi Glass Steagall (1933) – probablement l’élément de législation financière le plus important du 20ème siècle. Cela se limitait simplement à 37 pages. Plus récemment, la Grande récession a engendré la loi Dodd-Franck (2010). Elle fait 848 pages, soit plus de 20 fois le Glass Steagall. Une fois complétée, la loi Dodd-Franck pourrait aller jusqu’à 30.000 pages de directives. » « Mais », a-t-il conclut, « à la lumière de la crise financière, il semblerait que nous approchions d’un point d’inflexion où le pendule sociétal s’apprête à osciller dans le sens opposé. Il y a de toute évidence des signes que la marée de la routine bureaucratique commence à se renverser dans le domaine de la régulation financière. »

_______________________

3 juin 2913 – Un article du chroniqueur économique Liam Halligan dans le Daily Telegraph le 1er juin rapporte le fait (soigneusement dissimulé aux Français par notre presse nationale) que des propositions de loi sont maintenant en discussion dans les deux chambres (représentants et sénat) du Congrès américain, et observe « qu’aux E.U. le débat sur Glass-Steagall est en train de basculer », alors qu’au Royaume-Uni des voix tardent encore à se faire entendre.

Dans son article, « le manque de réforme véritable sème les graines de la prochaine crise », Halligan rappelle l’introduction récente d’une proposition de loi au sénat américain, pour le rétablissement de la séparation des banques, sur le modèle de la loi Glass Steagall de Roosevelt. Il souligne que si les partisans de Glass-Steagall avaient été tournés en dérision au lendemain de la crise (de 2008), plusieurs personnalités importantes se sont depuis ralliées à l’idée, dont le gouverneur de la Banque d’Angleterre Mervyn King (dont le mandat s’achèvera bientôt), l’ancien chef de la Réserve fédérale américaine Paul Volcker, l’ancien chancelier de l’échiquier britannique Lord Lawson, les banquiers américains John Reed et Sandy Weill (ex patron de Citigroup, à l’origine de l’abrogation de Glass-Steagall en 1999), l’économiste néolibéral Jeffrey Sachs et plusieurs autres.

Halligan termine en dénonçant la pseudo-réforme de la loi Vickers, adoptée en Grande Bretagne, et appelle les nombreuses personnalités qui lui ont confié en privé être en faveur de Glass-Steagall à se prononcer publiquement, haut et fort, et ce le plus tôt possible.

_______________________

23 juin 2013 – Dans sa colonne dominicale du Telegraph, Liam Halligan, le conseiller en investissements de la City de Londres appelle de nouveau à une séparation stricte entre activités de banques, de facto sur le modèle du Glass Steagall Act. A l’inverse des “experts” continentaux, Halligan identifie parfaitement l’ineptie de la politique de renflouement interne à la chypriote que la Commission européenne est sur le point d’adopter. Il montre également l’insuffisance du rapport que vient de produire la Commission parlementaire britannique sur les standards bancaires, Commission dirigée par Andrew Tyree, avant de conclure que le seul moyen pour la Grande Bretagne et, plus spécifiquement, pour la City de Londres, de se préparer à une catastrophe financière imminente est de passer par une séparation stricte des banques en deux.

Comme toujours, l’empire sait ce qui est bon pour lui tout en préconisant – par Commission européenne interposée – l’inverse pour ses “amis”.

_______________________

26 juin 2013 – Financial Times – Dans une lettre à l’éditeur, André Gué, ancien directeur de la Banque mondiale, appelle à un Glass Steagall strict pour éviter une nouvelle crise dévastatrice. André Gué – FINANCIAL TIMES

_______________________

18 décembre 2013 – Lors d’un long débat sur la réglementation bancaire à la Chambre des Lords les 26 et 27 novembre, le gouvernement Cameron s’est de nouveau mis du côté des banques de la City, pour empêcher tout durcissement du système actuel de « cantonnement » (ring-fencing). De l’autre côté, de nombreux Lords conservateurs et travaillistes ont proposé un amendement donnant aux régulateurs un « pouvoir de réserve », les autorisant à intervenir et contraindre les banques à séparer complètement leurs activités d’investissement et de détail, si le cantonnement ne met pas un terme à la spéculation sur les dépôts bancaires. Lord Hamilton d’Epsom a fait valoir que bien des banques réfléchissent déjà aux moyens de faire passer les dépôts dans leur branche investissement. « Le problème est qu’il y a une incitation financière énorme à contourner ce cantonnement, a-t-il dit. Si cette incitation subsiste en l’absence d’une séparation, ce n’est qu’une question de temps. »

L’amendement n’a été rejeté que par 9 voix (226-217). Mais Cameron a dû donner son accord pour la conduite d’une enquête indépendante sur l’efficacité du cantonnement après trois ans. Le débat est réel en Grande-Bretagne. Le 11 décembre, un éditorial du Financial Times a de nouveau appelé au Glass-Steagall Act, dans un commentaire sur la Règle Volcker. La meilleure façon de rendre les banques plus sûres, écrit la rédaction, « est de leur interdire certains types d’activités risquées. C’était l’approche du Glass-Steagall Act, qui séparait les banques des sociétés de titrisation avant son abrogation. (…) La promulgation d’une règle inefficace ne devrait pas être confondue avec un progrès authentique. »

_______________________

Rétrospective 2013 en Grande-Bretagne

Des deux côtés de l’Atlantique, des débats intenses sur la nécessité d’effectuer une stricte séparation entre banques de dépôt et banques de marché pour protéger les citoyens et l’économie réelle se sont intensifiés tout au long de l’année dernière. Dans tous ces cas, un rôle catalyseur a été joué par le mouvement international associé à Lyndon LaRouche. A souligner toutefois qu’une séparation de type Glass-Steagall n’est qu’un premier pas vers un nouveau système de crédit destiné aux investissements productifs, après avoir éliminé les milliers de milliards de dollars de déchets toxiques.
Face à cela,  en étroite coopération avec ses alliés de la Troïka et de la BCE, le lobby bancaire s’est mobilisé pour saboter une telle réforme en défendant la poursuite des sauvetages bancaires et la mise en œuvre de l’expropriation des dépôts, ou « bail-in ».
Nous avons choisi quelques points forts de la bataille en Europe en 2013, pays par pays.

Les temps forts

Les 26 et 27 novembre, la proposition de loi instaurant le ring-fencing (cloisonnement « électrifié ») a été adoptée à la Chambre des Lords, après une tentative d’y ajouter un amendement prévoyant une « pleine séparation à la Glass-Steagall » si le cloisonnement s’avérait insuffisant. L’amendement, qui avait le soutien de nombreux hommes politiques de poids, dont Nigel Lawson et Andrew Tyrie, président de la Commission du Trésor de la Chambre des Communes, n’a été rejeté que par neuf voix.
Notons que le Financial Times est parmi les défenseurs les plus solides d’une loi de type Glass-Steagall.

Dimanche 21 avril

Un nouveau désastre financier est imminent tant que la séparation stricte des banques ne sera pas opérée, avertissent des partisans convaincus d’un retour au Glass-Steagall.

Liam Halligan, chroniqueur financier du Daily Telegraph, écrivait le 5 avril que les craintes de voir la BCE recourir bientôt à un nouvel « assouplissement quantitatif » vont « vraisemblablement rouvrir le débat au Royaume-Uni sur la nécessité d’imposer un Glass-Steagall pour séparer les banques de détail, où les entreprises et les ménages mettent leurs dépôts, et les banques d’affaires, qui prennent de grands risques ». Dans l’article, Halligan fait état d’un débat qu’il avait animé une semaine auparavant à la Cass Business School, dans lequel l’ancien chancelier Lord Lawson a vivement appelé à un Glass-Steagall.

Membre de la Commission bancaire du Parlement, Lord Lawson ne croit pas qu’un simple « cantonnement » entre banques d’affaires et banques de dépôts puisse fonctionner. Il faisait ainsi référence au ring-fencing prôné par la Commission Vickers, qui est censé entrer en vigueur en 2019. « Le modèle de gouvernance d’entreprise de Vickers n’a jamais fonctionné nulle part dans le monde et je ne crois pas qu’il soit viable », a-t-il continué. « Et je ne connais aucun banquier expérimenté qui croie en privé que ce modèle soit praticable. » Il a ensuite renouvelé son appel de longue date à ce que le Royaume-Uni mette en place un Glass-Steagall complet. « Les régulateurs ne réussiront jamais à réguler les banques universelles, jamais. Il est naïf de penser qu’ils le pourront. » Andrew Haldane, responsable de la stabilité financière à la Banque d’Angleterre, a récemment averti dans un discours à la London Business School que l’activité des fonds d’investissement, qui gèrent 87 000 milliards de dollars, représente un risque majeur pour l’ensemble du système financier. Si les prix venaient à baisser rapidement, on pourrait assister à une « braderie » soudaine des actifs par les gestionnaires du patrimoine.

Haldane a rappelé que les dix plus importants gestionnaires contrôlent juste un peu moins de 30 % des actifs totaux, à comparer aux plus grandes banques du monde, qui en contrôlent 20 %. Pour lui, cela pose le même problème pour les fonds d’investissements que pour les « banques trop importantes pour sombrer ».

_______________________

17 avril 2014 – Un nouveau désastre financier est imminent tant que la séparation stricte des banques ne sera pas opérée, avertissent des partisans d’un retour au Glass-Steagall.

Liam Halligan, chroniqueur financier du Daily Telegraph, écrivait le 5 avril que les craintes de voir la BCE recourir bientôt à un nouvel « assouplissement quantitatif » vont « vraisemblablement rouvrir le débat au Royaume-Uni sur la nécessité d’imposer un Glass-Steagall pour séparer les banques de détail, où les entreprises et les ménages mettent leurs dépôts, et les banques d’affaires, qui prennent de grands risques ». Dans l’article, Halligan fait état d’un débat qu’il avait animé une semaine auparavant à la Cass Business School, dans lequel l’ancien chancelier Lord Lawson a vivement appelé à un Glass-Steagall.

Membre de la Commission bancaire du Parlement, Lord Lawson ne croit pas qu’un simple « cantonnement » entre banques d’affaires et banques de dépôts puisse fonctionner. Il faisait ainsi référence au ring-fencing prôné par la Commission Vickers, qui est censé entrer en vigueur en 2019. « Le modèle de gouvernance d’entreprise de Vickers n’a jamais fonctionné nulle part dans le monde et je ne crois pas qu’il soit viable », a-t-il continué. « Et je ne connais aucun banquier expérimenté qui croie en privé que ce modèle soit praticable. »

Il a ensuite renouvelé son appel de longue date à ce que le Royaume-Uni mette en place un Glass-Steagall complet. « Les régulateurs ne réussiront jamais à réguler les banques universelles, jamais. Il est naïf de penser qu’ils le pourront. »

Andrew Haldane, responsable de la stabilité financière à la Banque d’Angleterre, a récemment averti dans un discours à la London Business School que l’activité des fonds d’investissement, qui gèrent 87 000 milliards de dollars, représente un risque majeur pour l’ensemble du système financier. Si les prix venaient à baisser rapidement, on pourrait assister à une « braderie » soudaine des actifs par les gestionnaires du patrimoine.

Haldane a rappelé que les dix plus importants gestionnaires contrôlent juste un peu moins de 30 % des actifs totaux, à comparer aux plus grandes banques du monde, qui en contrôlent 20 %. Pour lui, cela pose le même problème pour les fonds d’investissements que pour les « banques trop importantes pour sombrer ».

_______________________

13 mai 2014 – The Telegraph – Only full separation will make our big banks safe

_______________________

20 mai 2014 – «Seule une séparation stricte rendra nos grandes banques saines » Tel est le titre d’un article de Liam Halligan, un défenseur de longue date du Glass- Steagall, dans le Daily Telegraph du 10 mai. Il y réagissait à l’annonce de la banque Barclays de licencier 14.000 personnes en 2014 suite à sa décision d’abandonner sa branche « affaires » au profit de sa division « banque de détail » – une explication qui ne convainc pas Halligan.

«Malgré tout le bruit autour de cette annonce, la Barclays restera lourdement impliquée dans la banque d’affaires. (…) [La décision] ne remet nullement en cause la nécessité irrésistible et urgente d’effectuer une séparation décisive entre activités de banque d’investissement à haut risque d’une part, et de banque d’intérêt public servant les entreprises et les ménages d’autre part. (…) La seule façon d’assurer que nos grandes banques soient saines, ou aussi saines que possible, consiste en une séparation stricte et nette entre banque d’affaires et banque de dépôt. (…) C’est la division du Glass-Steagall, mise en place aux Etats-Unis après le krach de Wall Street en 1929. (…) Ma fille de onze ans le comprend. Et la seule raison pour laquelle le lobby bancaire ne le comprend pas est que, pour des raisons financières évidentes, il ne le veut pas ».

Halligan explique ensuite pourquoi la réforme Vickers et autres cantonnements des activités ne fonctionneront jamais, notant qu’il y a de nombreux « anciens banquiers d’affaires extrêmement expérimentés qui, après avoir fait fortune, cherchent à embellir leurs mémoires en disant que la fin du Glass-Steagall Act était une erreur ».

_______________________

16 septembre 2015 – S&P - Le triomphe de Corbyn inscrit le Glass-Steagall à l’ordre du jour

 

Revenir au sommaire

Iceland

 

10. EN ISLANDE

 

Quand, en 2008, l’Islande s’est retrouvé du jour au lendemain dans une tourmente financière provoquée par l’insolvabilité de la banque Icesave, personne ne donnait cher de son avenir. Le secteur financier en faillite de l’Islande représentait plus de 10 fois son PIB ! Or, ce petit pays est aujourd’hui l’un des seuls en Europe à afficher une croissance (+ 2%) qui se reflète dans la baisse du chômage (- 5,4% au début de l’année 2013).

La raison de ce succès ? Ne pas s’être soumis aux diktats des institutions agissant pour le compte de l’oligarchie financière, comme le rappelle son président cinq fois élu Olafur Ragnar Grimsson : «Nous n’avons pas choisi la voie orthodoxe. (…) Nous avons laissé les banques faire faillite, instauré le contrôle des capitaux et n’avons pas appliqué de cure d’austérité comme il est imposé dans plusieurs pays européens, Nous avons veillé dans nos plans d’économies à préserver l’État-providence, en particulier sur l’éducation et la santé

Le 24 octobre 2012, la résolution 239 pour la séparation des banques commerciales des banques d’investissement a été réintroduite au Parlement, avec le soutien de 17 députés sur un total de 63, représentant tous les partis sauf un : le Parti de l’indépendance, de tendance conservatrice, qui a sa propre résolution pour une séparation des activités bancaires. Débattue et soutenue par des membres de tous les partis, la résolution 239 est actuellement devant la commission des Affaires économiques et commerciales. Cependant, puisque le gouvernement s’apprête à présenter un plan de réforme bancaire plus général au début de cette année, les signataires de la résolution ont demandé que la séparation des activités bancaires soit incluse dans les propositions de réforme avant le 1er février. Un vote pourrait ainsi avoir lieu avant l’élection nationale prévue pour avril 2013.

Transcription du débat parlementaire du 24 octobre 2012 :

24 octobre 2012 – Althing – Aðskilnaður viðskiptabanka og fjárfestingarbanka

En octobre 2012, la vice-présidente du Parlement islandais, Álfheidur Ingadóttir (chef de file du Parti de gauche et écologiste), a appelé les « parlementaires du monde entier à se familiariser avec [cette] résolution pour la séparation des banques… et à sérieusement considérer la possibilité de faire de même » .

_______________________

19 mars 2013 – La nuit dernière, la commission de l’Économie et du Commerce du Parlement islandais a adopté à l’unanimité une version modifiée de la résolution 239 chargeant le ministre de l’Economie de mettre en œuvre une séparation totale des banques. Bien qu’amoindrissant le texte original, cette version stipule néanmoins que “Le ministre doit mettre en place une commission pour explorer si et comment la séparation doit être menée afin de minimiser le risque que fait courir le système bancaire à l’économie de la nation“.

Cette résolution est désormais enregistrée sous le numéro 228 : http://www.althingi.is/altext/141/s/1290.html

Dans un message de soutien au mois de novembre, la députée Álfheidur Ingadóttir, à l’origine de cette résolution, avait fait part de son engagement total pour éviter que la prochaine crise financière aboutisse à la ruine des citoyens et de l’économie islandaise. Elle avait appelé « les parlementaires du monde entier à prendre connaissance de la motion pour une séparation bancaire que nous avons introduite au Parlement islandais, et à envisager de faire de même dans leurs pays ».

_______________________

Rétrospective 2013 en Islande

Des deux côtés de l’Atlantique, des débats intenses sur la nécessité d’effectuer une stricte séparation entre banques de dépôt et banques de marché pour protéger les citoyens et l’économie réelle se sont intensifiés tout au long de l’année dernière. Dans tous ces cas, un rôle catalyseur a été joué par le mouvement international associé à Lyndon LaRouche. A souligner toutefois qu’une séparation de type Glass-Steagall n’est qu’un premier pas vers un nouveau système de crédit destiné aux investissements productifs, après avoir éliminé les milliers de milliards de dollars de déchets toxiques.
Face à cela,  en étroite coopération avec ses alliés de la Troïka et de la BCE, le lobby bancaire s’est mobilisé pour saboter une telle réforme en défendant la poursuite des sauvetages bancaires et la mise en œuvre de l’expropriation des dépôts, ou « bail-in ».
Nous avons choisi quelques points forts de la bataille en Europe en 2013, pays par pays.

Les temps forts

Cinq parlementaires ont déposé une motion favorable à la séparation des banques. Trois d’entre eux appartiennent au groupe Gauche-Verts, et deux à l’Alliance social-démocrate.

_______________________

19 février 2014 – Le Comité des affaires économiques et commerciales du parlement islandais a tenu des auditions sur la séparation des banques.

Revenir au sommaire

Italy

11. EN ITALIE

 

En Italie, quatre propositions de loi Glass-Steagall ont été déposées au Parlement italien en 2012, tant à la Chambre des députés qu’au Sénat. Cependant, aucune d’entre elles n’a été étudiée par les commissions responsables, alors que la session législative vient de se terminer. Ces propositions devront être réintroduites après l’élection générale des 24 et 25 février, ce qui est assez probable étant donné que l’un des candidats, l’ancien ministre de l’Economie Giulio Tremonti, qui avait introduit l’une des propositions, a fait de Glass-Steagall et de la création d’une banque nationale pour l’émission de crédit productif l’un des principaux éléments de sa campagne.

25 janvier 2012 – Le sénateur Oskar Peterlini (Svp, Sudtiroler Volkspartei) a introduit au Sénat italien la proposition n° 3112 : « Mandat au gouvernement pour séparer les activités bancaires ordinaires des activités spéculatives. » Onze sénateurs du Svp, du Partito Democratico, de la Lega Nord et de l’Italia dei Valori l’ont signée.

25 janvier 2012 – Senato della Repubblica – Delega al Governo per la separazione delle attivita` bancarie ordinarie da quelle speculative

_______________________

15 mars 2012 - La Lega Nord a introduit à la Chambre des députés la proposition n° 5054 : « Mandat au gouvernement pour la séparation du modèle de banques commerciales du modèle de banques d’investissement. » Elle l’a présentée le 10 octobre 2012 au Sénat sous le numéro 3514.

15 mars 2012 – Senato della Repubblica – Delega al Governo per la separazione del modello

di banca commerciale dal modello di banca

_______________________

18 mai 2012 – L’ancien ministre de l’Economie Giulio Tremonti a introduit la proposition n° 5218 à la Chambres des députés : « Mandat au gouvernement pour une réforme du système bancaire par une séparation du crédit productif des activités financières spéculatives. »

18 mai 2012 – Camera dei Diputati – Delega al Governo per la riforma dell’ordinamento bancario mediante la separazione tra credito produttivo e attività finanziaria speculativa

_______________________

GSA_Italie

_______________________

16 avril 2013 – Claudio Morganti, député européen de droite affilié à la Ligue du Nord, est intervenu lors de la session plénière du parlement européen pour saluer l’initiative visant à réduire les bonus des banquiers tout en insistant qu’à son avis, la solution la plus simple serait de revenir à une séparation claire entre les activités des banques de dépôt et celles des banques d’affaires (celles qui spéculent sur les marchés), en s’inspirant du modèle de la loi américaine Glass Steagall Act dont l’abrogation a provoqué une spirale de crises internationales. M. Morganti a déclaré devant des journalistes qu’il jugeait immoral que les principaux responsables de la crise soient récompensés avec des millions d’euros. Pour illustrer son propos il a cité le cas de M. Antonio Vigni – faisant actuellement l’objet d’une enquête – qui est parti de son poste de directeur général de la banque Monte Dei Paschi di Siena en empochant un bonus de 5 millions d’euros après avoir provoqué la faillite de l’une des grandes banques européennes.

_______________________

ComLiberazioneNazionale13 mai 2013 – Création d’un Comité de libération nationale dont l’objectif est de réunir les 50.000 signatures nécessaires pour introduire une résolution exigeant la séparation des banques en deux sur le modèle du Glass Steagall Act.

Dès le 9 septembre 1943, plusieurs partis politique italiens agissant alors dans la clandestinité avaient formés un Comité de libération nationale, qui s’était donné comme but de libérer l’Italie du fascisme.

Aujourd’hui comme alors, l’Italie – comme les autres pays européens – vit sous la botte d’une nouvelle forme de dictature plus subtile mais en fin de compte aussi brutale que celle de la deuxième guerre mondiale. Le Comité de libération nationale entend donc mettre en œuvre les politiques nécessaires pour vaincre cette nouvelle forme du fascisme que représente le féodalisme financier et ses relais ( Union européenne, FMI, Banque centrale européenne).

http://www.comitatodiliberazionenazionale.org/progetto-di-legge-di-iniziativa-popolare-separazione-tra-banche-ordinarie-e-banche-speculative/

_______________________

15 mai 2013 – le site italien gonews.it annonçait que le Conseil régional de Toscane venait d’approuver une résolution demandant la séparation en deux des banques sur le modèle explicite du Glass Steagall Act. L’Italie devient le premier pays européen où des élus ont le courage de défendre publiquement la séparation des banques même si, malheureusement, les promoteurs de cette résolution demandent à ce que le gouvernement charge la Banque centrale européenne de procéder à cette séparation, ce qui jette un grand doute quand aux chances de succès de cette dernière. En dépit de cela, le simple fait que cette résolution existe et ait été passée prouve que, face aux conséquences dramatiques de l’austérité, les élus sont enfin prêts à poser les vraies questions et, surtout, à se battre pour les vrais solutions.

Le parti M5S de l’humoriste Beppe Grillo a également présenté une motion programmatique en faveur du Glass-Steagall le 7 mai à la Chambre des députés, sur recommandation de l’économiste Nino Galloni, qui est conseiller des députés du M5S. La motion affirme que le gouvernement devrait adopter des mesures «pour garantir que le système financier et bancaire contribue au développement harmonieux de l’économie et de la société. La loi bancaire devrait suivre le modèle de la loi Glass-Steagall, quoique respectant les particularités du marché bancaire italien, avec une séparation totale entre banques d’affaires et banques commerciales ordinaires (…).»

_______________________

3 juin 2013 – L’ancien ministre des Finances Giulio Tremonti, aujourd’hui sénateur, vient d’introduire formellement, le 28 mai, la <a href=”http://www.senato.it/leg/17/BGT/Schede_v3/Ddliter/41077.htm” target=”_blank” rel=”external”>proposition de loi S. 717</a> au Sénat italien, « confiant au gouvernement un mandat pour réformer le système bancaire par l’entremise d’une séparation entre le crédit productif et l’activité financière spéculative ».

_______________________

14 juin 2013 – En Italie, deux motions en faveur de la réintroduction d’une séparation des banques viennent d’être présentées par les conseils municipaux d’Alessandria dans le Piémont et d’Olgiate Olona, en Lombardie. Dans ce dernier, l’initiateur de la motion a demandé au maire d’informer les citoyens sur les effets de l’austérité sur les petites et moyennes entreprises, lui même étant à la tête d’une petite entreprise, et d’informer également les citoyens sur la séparation des banques en deux comme seule véritable solution pour sortir de la crise.

La motion présentée à Alessandria est directement inspiré de celle présentée le 15 mai dernier au conseil régional de Toscane et affirme que “Si les banques étaient de nouveau séparées, un nouvel ordre financier serait créé, les spéculateurs seraient laissés à leur sort sans mettre en danger les flux financiers liés à l’économie réelle et le crédit nouvellement émis ne finirait pas dans le casino de la finance spéculative. M. Botta, l’initiateur de la motion, a par ailleurs fait référence explicite au Glass Steagall Act de Roosevelt comme le modèle à suivre.

_______________________

24 juin 2013 – Une deuxième proposition de loi (C.762) appelant à la séparation des banques a été déposée le 16 avril dernier à la Chambre des députés, après celle du 22 mars à l’initiative d’un député de la Lega Nord. La nouvelle proposition a été déposée par quatre membres du groupe Parti démocratique, à l’initiative de Marco Di Lello, qui est également coordinateur national du Parti socialiste, dont les trois autres sont également membres.
Par ailleurs, le 28 mai, l’ancien ministre de l’Economie Giulio Tremonti a déposé de nouveau au Sénat sa propre proposition pour un Glass-Steagall, qui a été co-signée par six sénateurs de quatre partis différents.

La C.762 commence par les recommandations du Groupe Liikanen et précise: «La séparation entre activités bancaires de dépôt et de trading n’est pas nouvelle. Dans le New Deal, une telle réforme (la loi Glass-Steagall de 1933 qui prescrivait une séparation stricte entre banques commerciales et banques d’investissement) avait été adoptée en réaction à la grande crise de 1929 et fonctionnait pendant quelque 70 ans. Elle a été abrogée en 1999 sous la présidence Clinton (Gramm-Leach-BlileyAct) et cette intervention est considérée comme une cause et un multiplicateur du processus de financiarisation de l’économie qui, en l’absence de contrôles adéquats, a créé les déséquilibres à l’origine de la crise actuelle.

_______________________

5 juillet 2013 -Une proposition de loi pour couper les banques en deux vient d’être présentée au Sénat italien par 48 des 50 sénateurs du Mouvement Cinque Stelle (M5S) ; c’est la 4ème initiative parlementaire de la sorte après les tentatives de l’ancien ministre de l’Economie Giulio Tremonti, du socialiste Marco di Lello et d’élus de la Lega Nord.

En coupant le cordon reliant les banques de dépôt et de crédit à la finance de marché, la séparation stricte s’est imposée comme une évidence pour mettre fin à la désintégration économique et pouvoir relancer une politique de crédit. C’est le remède opposé à la politique de « bail-in » – renflouement des banques avec l’argent des déposants et des épargnants – promue par la Troïka et les gouvernements européens.

Cette proposition de loi italienne devrait être envoyée en commission par le président du Sénat, qui a été élu avec les voix du M5S. En un texte de six articles, elle définie deux catégories de banques et établit les règles strictes de leurs incompatibilités, selon le même principe que la contre-proposition de loi à la réforme bancaire Moscovici présentée en France par Solidarité & Progrès.


Nous vous présentons ci-dessous une traduction française fidèle mais non certifiée. Ne figure ici que la partie législative du texte, pas l’exposé des motifs. L’original est disponible ici. Cette traduction existe en version .pdf .

_______________________

24 novembre 2013 – Le Conseil régional de Lombardie a approuvé à l’unanimité, le 13 novembre, une motion en faveur de la séparation des banques en deux sur le modèle du Glass-Steagall Act. Celle-ci avait été introduite par le groupe «Lista Maroni». Le texte appelle le gouvernement à séparer les banques de dépôts des banques de marché et les autorités européennes à exclure tous les déposants, y compris les entreprises, des projets de «résolution» (bail-in).

Le même jour, une motion similaire a été déposée au Conseil régional de Vénétie. Si elle est adoptée, cela portera à quatre le nombre de régions italiennes ayant opté pour le Glass-Steagall : la Lombardie, le Piémont, la Toscane et la Vénétie. Ces quatre régions représentant plus d’un tiers de la population italienne, et à peu près le tiers du PIB.

_______________________

Rétrospective 2013 en Italie

Des deux côtés de l’Atlantique, des débats intenses sur la nécessité d’effectuer une stricte séparation entre banques de dépôt et banques de marché pour protéger les citoyens et l’économie réelle se sont intensifiés tout au long de l’année dernière. Dans tous ces cas, un rôle catalyseur a été joué par le mouvement international associé à Lyndon LaRouche. A souligner toutefois qu’une séparation de type Glass-Steagall n’est qu’un premier pas vers un nouveau système de crédit destiné aux investissements productifs, après avoir éliminé les milliers de milliards de dollars de déchets toxiques.
Face à cela,  en étroite coopération avec ses alliés de la Troïka et de la BCE, le lobby bancaire s’est mobilisé pour saboter une telle réforme en défendant la poursuite des sauvetages bancaires et la mise en œuvre de l’expropriation des dépôts, ou « bail-in ».

Les temps forts

Quatre propositions de loi ont été présentées au Parlement national, proposées par des membres de partis différents.
Toutes appellent à une stricte séparation entre banques commerciales et banques d’affaires et citent comme modèle la loi Glass-Steagall.
Sur les quatre propositions, deux sont à la Chambre des députés : une déposée en mars par Davide Caparini de la Lega Nord, et une autre en avril par Marco Di Lello du Parti démocrate.
Les deux autres sont au Sénat : l’ancien ministre de l’Economie Giulio Tremonti a réintroduit sa proposition en mai, signée par sept sénateurs de quatre groupes, suivie de celle de Giuseppe Vacciano en juillet, qui est parrainée par quarante-huit sénateurs du groupe M5S.
Une résolution appelant le gouvernement national à couper les banques en deux a été déposée dans quatre conseils régionaux – Lombardie, Piémont, Toscane et Vénétie – et déjà adoptée par les trois premiers.

_______________________

2 mars 2014 – Face à cinq propositions de loi différentes, appelant toutes au retour à une séparation bancaire stricte sur le modèle du Glass-Steagall Act, le Sénat italien a d’abord reporté leur examen pendant de longs mois pour ensuite prévoir un débat au sein de la Commission des finances. Selon des sources bien informées, le débat pourrait commencer dès l’entrée en fonction du gouvernement Renzi.

Toutefois, une sixième proposition de loi a été déposée en décembre par le principal partenaire de la coalition gouvernementale, le Parti démocrate, qui espère rallier une majorité contre une véritable séparation des banques de type Glass-Steagall. Elle appelle donc à une régulation « qui prenne en compte les évolutions dans les principaux Etats membres de l’Union européenne et les grandes lignes exprimées par la Commission européenne ».

Cette proposition de loi dite S. 1204 a été introduite par Gianluca Rossi et neuf autres collègues du Parti démocrate. Elle commence par reconnaître le Glass-Steagall qui avait été acté en réponse à la crise de 1929, pour déclarer ensuite que « le modèle de la séparation entre banques de dépôt et banques d’affaires a été surmontée dans les années 1990 pour laisser la place à un type de système de crédit caractérisé à nouveau par le modèle de la «banque universelle», à même d’offrir une plus large gamme de services aux clients tout en menant simultanément des activités de trading ».

Elle décrit ensuite la règle Volcker, le cantonnement de Vickers, la proposition Liikanen pour l’UE et les réformes financières française et allemande, en insistant que le gouvernement italien tiennent compte du processus en cours dans l’UE. La partie opérationnelle explique comment séparer les activités sous un même toit : en d’autres termes, une fausse séparation qui permettra à la bulle spéculative de se maintenir en bénéficiant des garanties implicites de l’Etat et des contribuables.

Au début du mois de février, l’Ufficio Studi du Sénat a publié un examen comparatif de toutes les propositions de loi relatives à la séparation bancaire, qui constate de fortes ressemblances entre elles à l’exception de la S.1204.

_______________________

29 mai 2014 – Une nouvelle initiative législative pour couper les banques en deux a été prise par le conseiller régional Gabriele Chiurli. Exploitant une disposition de la Constitution autorisant les parlements locaux à transmettre une proposition de loi à la Chambre des députés, Chiurli a déposé un texte au Conseil régional de Toscane, qui sera débattu et soumis au vote. Le Conseil de Toscane avait déjà adopté une résolution en faveur du Glass-Steagall (ainsi que ceux du Piémont, de Lombardie et de Vénétie).

Le nouveau texte présente de manière détaillée les modifications devant être effectuées dans la législation actuelle afin d’établir un régime de séparation bancaire.

_______________________

5 juillet 2014 – S&P – Italie : le Conseil régional de Toscane force le Parlement à débattre du Glass-Steagall

_______________________

22 août 2014 – Alors que différentes auditions parlementaires sur la séparation bancaire  débuteront en septembre, Luciano Gallino, professeur émérite à l’Université de Turin et président honoraire de l’Association italienne de sociologie, appelle le Premier ministre italien Matteo Renzi à imiter le président américain Franklin Roosevelt dans sa meilleure réforme : la Loi bancaire de 1933.
Dans un article du 22 août dans La Stampa , intitulé « Quatre années de gâchées », Gallino présente les résultats drastiques de la politique d’austérité de l’UE : perte de capacité productive, hausse du chômage et six millions d’Italiens vivant sous le seuil de pauvreté. Il fait ensuite référence au discours inaugural de Roosevelt en mars 1933 : « En l’espace de quelques semaines, Roosevelt a créé trois agences qui ont donné en quelques mois un emploi à quatre millions de chômeurs, parce qu’il a mis en place la plus grande et la plus efficace réforme du système bancaire jamais vue en Occident, le Glass-Steagall Act. Faites quelque chose du même type, Matteo Renzi, dans une période de temps analogue, et nous commencerons à penser que votre gouvernement peut être moins désastreux qu’il ne semble être aujourd’hui. » Un livre de Gallino paru en 2013 – Le coup d’Etat des banques et des gouvernements – dénonce l’« élimination progressive de la démocratie » accomplie en Europe sous couvert d’état d’exception.

_______________________

Revenir au sommaire

Russia

12. EN RUSSIE

 

La loi Glass-Steagall est également discutée au plus haut niveau dans le gouvernement russe, où Victor Ivanov, directeur du Service fédéral pour le contrôle des stupéfiants, a demandé à plusieurs reprises la mise en application de la « logique de Glass-Steagall » comme élément essentiel « pour liquider le trafic de drogue global » et le blanchiment de l’argent du crime organisé.

Voir le texte de sa présentation au CSIS de Washington :

18 novembre 2011 – EIR – Drug Trafficking and the Financial Crisis

 

27 juin 2012 – http://fskn.ru/includes/periodics/speeches_fskn/2012/0627/183019472/detail.shtml (russe)

20 juin 2013 – Strategic Culture Foundation – The Return of the Glass-Steagall Act?

15 novembre 2014 – S&P – Les attaques contre le rouble provoquent un débat sur Glass-Steagall

Revenir au sommaire

 

Sweden

13. EN SUEDE

La résolution Fi234, « Banques commerciales et banques d’investissement », a été présentée le 3 octobre 2011 par les députés Valter Mutt et Annika Lillemets, du Miljoepartiet (le Parti vert). Cette résolution, qui se réfère à la loi Glass-Steagall de 1933 aux Etats-Unis, propose : « Le Parlement déclare au gouvernement ce qui est dit dans la résolution, qui est d’investiguer une nouvelle loi pour le secteur bancaire, ayant pour objectif de séparer les banques commerciales des banques d’investissement et de restreindre les garanties de l’Etat aux premières. » Bien que tous les représentants du Parti vert et du Parti de gauche aient voté en sa faveur, la résolution fut rejetée le 19 juin 2012 par 280 voix contre 41 lors d’un vote au Parlement.

3 octobre 2011 – Sveriges Riksdag – Affärsbanker och investmentbanker

La résolution Fi201, « Régulation financière », a été soumise le 18 septembre 2012 par six députés du Parti de gauche (Ulla Andersson, Josefin Brink, Rossana Dinamarca, Christina Höj Larsen, Wiwi-Anne Johansson et Jacob Johnson), proposant : « Le Parlement déclare au gouvernement ce qui est dit dans la résolution, à savoir qu’il demande rapidement une enquête parlementaire, ayant pour objectif de préparer une proposition de loi séparant les activités bancaires traditionnelles des activités dites d’investissement. » La résolution a été transmise à la commission des Finances, où elle sera étudiée lors des réunions des 5 et 26 mars 2013.

18 septembre 2012 – Sveriges Riksdag – Finansiell reglering

Le 5 octobre 2012, la résolution Fi298, « Stabiliser les secteurs bancaire et financier », a été déposée par les députés Valter Mutt, Annika Lillemets et Jan Lindholm du Miljoepartiet (Parti vert). Faisant référence à la loi Glass-Steagall de 1933 aux Etats-Unis, elle propose : « Le Parlement déclare au gouvernement ce qui est dit dans la résolution, qui est d’initier une nouvelle loi pour le secteur bancaire suédois, ayant pour objectif de séparer les banques commerciales des banques d’investissement, et de restreindre les garanties de l’Etat aux premières. » La résolution a été transférée à la commission des Finances, où elle sera préparée lors des réunions des 5 et 26 mars 2013.

5 octobre 2012 – Sveriges Riksdag – Stabilisera bank- och finanssektorn

_______________________

Rétrospective 2013 en Suède

Des deux côtés de l’Atlantique, des débats intenses sur la nécessité d’effectuer une stricte séparation entre banques de dépôt et banques de marché pour protéger les citoyens et l’économie réelle se sont intensifiés tout au long de l’année dernière. Dans tous ces cas, un rôle catalyseur a été joué par le mouvement international associé à Lyndon LaRouche. A souligner toutefois qu’une séparation de type Glass-Steagall n’est qu’un premier pas vers un nouveau système de crédit destiné aux investissements productifs, après avoir éliminé les milliers de milliards de dollars de déchets toxiques.
Face à cela,  en étroite coopération avec ses alliés de la Troïka et de la BCE, le lobby bancaire s’est mobilisé pour saboter une telle réforme en défendant la poursuite des sauvetages bancaires et la mise en œuvre de l’expropriation des dépôts, ou « bail-in ».

Les temps forts

Le 25 septembre, le Parti vert a déposé pour la troisième année de suite une résolution pour la séparation bancaire, qui compte cinq parrains, soit assez pour assurer qu’elle soit débattue au cours de l’année parlementaire 2013/2014.
Elle fait directement référence à la loi Glass-Steagall de 1933.
En 2012, le Parti de gauche avait déposé une résolution pour la séparation bancaire, signée par six de ses membres.

Revenir au sommaire

 

Switzerland

14. EN SUISSE

 

 

Dès avant la crise de 2007/2008, Solidarité et Progrès et ses amis dans le monde mettaient en garde contre l’abandon du Glass Steagall Act et les conséquences désastreuses que cela ne manquerait pas d’entraîner. De ce fait, quand la crise a éclaté, le terrain était déjà préparé et un débat a très vite eu lieu sur l’urgence de le remettre en place. Ce débat s’est bien sûr rapidement étendu à la Suisse où l’on a vu certaines des plus grandes banques de la place financière faire circuler, en interne, des documents de recherche sur le Glass Steagall. Il y eut également des rumeurs selon lesquelles le gouvernement envisageait une éventuelle filialisation des activités bancaires ce dont il aurait, à l’époque, déjà prévenu les banques. En tout état de cause, le Conseil fédéral demandait le 4 novembre 2009 à une commission d’experts d’étudier les risques que les grandes banques font courir aux contribuables et à l’économie ainsi que les moyens de minimiser ces risques.

D’autre part, sous la pression de scandales retentissants, UBS et  Crédit suisse se retrouvaient dans l’obligation de prendre leurs distances avec les pratiques douteuses liées à leurs activités les plus spéculatives.

C’est dans ce contexte, qu’en septembre 2011, le parti Vert introduisait devant le Conseil national (Parlement suisse) la motion 11.3857 portant sur l’Institution d’un système bancaire différencié.

Sans le nommer, cette motion se référait directement au Glass-Steagall Act. Elle dénonçait notamment le fait qu’en Suisse, « les experts chargés d’établir le rapport “too big to fail” (banques trop grandes pour être mises en faillite) n’ont pas creusé l’option d’un système bancaire différencié parce qu’ils estiment qu’un tel système constituerait une intrusion excessive dans la sphère bancaire. Ils se bornent à proposer un relèvement des fonds propres et des liquidités des banques, ce qui est de toute évidence insuffisant si on veut contenir les risques liés aux activités bancaires. Au regard des intérêts de l’Etat et de l’économie, on ne saurait se contenter de telles mesures. Il convient donc d’examiner les conditions de la mise en place d’un système bancaire différencié tel que les Etats-Unis l’ont connu jusqu’en 1999. On étudiera les différents modèles envisageables qui feront ensuite l’objet d’un projet de loi. »

Dans son avis du 16 novembre 2011, le Conseil fédéral (l’exécutif suisse) proposait toutefois de rejeter la motion au motif que « ces mesures ne seraient pas adéquates et qu’elles peuvent être remplacées par d’autres mesures moins contraignantes pour les banques ».

Le 28 septembre 2011, le Conseil national (chambre basse) et le Conseil des Etats (Chambre haute) adoptaient le projet de révision de la Loi sur les banques [http://origin.swissinfo.ch/fre/tour-de-vis-pour-les-banques--mais-des-failles-subsistent/31254064 ] dites Loi TBTF (Too Big To Fail) prévoyant un renforcement drastique des fonds propres des banques.

A l’image de la réforme Moscovici en France, cette loi permettait de prétendre qu’une réponse était apportée aux risques de faillite que faisaient peser les grandes banques sur l’économie et le pays tout en ne touchant pas au système ayant causé la crise. Surprenant ? Déjà, au moment de la discussion, des amendements en faveur d’un Glass-Steagall apportés à la loi TBTF, furent rejetés par les deux chambres.

Le 23 décembre 2011, le Groupe socialiste soumettait à son tour le postulat 11.4185 [http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20114185] (intervention parlementaire interpellant le Conseil fédéral) intitulé « Diminuer les risques par l’instauration d’un cloisonnement des activités bancaires » dans lequel le gouvernement était appelé à préparer une étude sur une séparation des banques et la manière dont il peut protéger l’économie suisse, en prenant comme modèle le Glass-Steagall américain.

On pouvait y lire : « Le cloisonnement des activités bancaires, tel qu’il a été instauré aux Etats-Unis, en 1932, par la loi Glass-Steagall, a retrouvé depuis 2008 les faveurs des milieux internationaux spécialisés face au risque systémique que présentent les grandes banques. Des propositions allant en ce sens ont également été formulées en Suisse lors de la récente révision de la loi sur les banques (projet “too big to fail”). Par ailleurs, s’inspirant des propositions de la commission Vickers (Independent Commission on Banking), la Grande-Bretagne vient de décider de restructurer son système bancaire en obligeant les banques à séparer les activités de détail avec les clients et les PME des activités d’investissement qui présentent un risque accru. Le but est de pouvoir maintenir en fonction les activités essentielles au fonctionnement de l’économie même si le secteur de la banque d’investissement venait à faillir. »

En septembre 2012, lors d’un débat au Conseil des Etats, l’entrepreneur Thomas Minder, à l’origine de la votation contre les bonus excessifs, évoquait le cas de Kweku Adoboli (trader d’UBS à Londres condamné à sept ans de prison pour avoir fait perdre deux milliards de dollars à son employeur) comme étant de nature à réveiller les législateurs quant à l’urgence de mettre en place des mesures de régulation plus performantes.

Pour Minder, la nouvelle Loi sur les banques était insuffisante : « Nous serons bientôt obligés de débattre de la nécessité d’un système de séparation des banques, puisque la résolution 11.3857 est encore en attente. Je la soutiendrai. »

Il ajoutait que « Cela nécessiterait l’introduction d’une politique de séparation bancaire à la Glass-Steagall Act. Cette législation américaine adoptée suite à la grande dépression avait imposé une séparation institutionnelle entre le métier de collecte de dépôts et celui du commerce des titres, ou, dans le jargon du secteur, entre la banque d’investissement et la banque commerciale. Après avoir fonctionné pendant 66 ans, le Glass-Steagall Actintroduit par deux élus – a été abandonné en 1999. Nous en connaissons les conséquences : la crise financière.

« Pour ma part, j’irai encore plus loin. Dans mon modèle, j’envisage la séparation de trois activités et pas seulement deux : la banque d’investissement, la banque commerciale et la banque privée. Évidemment, ces trois unités doivent être indépendantes et gérées séparément sans qu’une société holding ou parente puisse être tenue responsable pour leurs actions. Cette approche représenterait l’avantage de répartir les risques sur trois épaules. En cas d’insolvabilité d’un secteur, les conséquences en seraient prévisibles et supportables pour l’économie suisse. » La motion a finalement été rejeté par le Conseil des Etats le 12 mars 2014.

 

Une alliance inédite pour couper les banques en deux !

 

Peu à peu, les arguments pour la séparation des banques s’affinait, se détournait des fausses solutions (Commission Vickers, renforcement des fonds propres, etc.) pour aborder l’essentiel, c’est-à-dire un cloisonnement étanche entre les différents types de banques, par opposition au cloisonnement entre les différentes activités bancaires hébergées sous un même toit.

C’est ainsi que le 9 septembre 2013, jour de la rentrée parlementaire à Berne, le Conseil national adoptait par une majorité aux deux tiers les trois résolutions présentées respectivement par l’Union démocratique du centre (UDC), le Parti socialiste suisse (PSS) et le Parti écologiste suisse (PES) exigeant du gouvernement qu’il prépare une séparation bancaire stricte sur le modèle du « Glass-Steagall ». Bien que chaque parti présentât son propre texte il soutenait chacun des deux autres dans une démarche originale et prenant le lobby bancaire à contre-pied.

Le site du Parlement [http://www.parlament.ch/f/sessionen/sitzung-in-kuerze/rueckblick-sda-archiv/Pages/herbstsession-2013.aspx], rapporte officiellement le résultat du vote rapporté dans les termes suivants :

« BANQUES: il [le Conseil national] a adopté trois interventions demandant que les activités des grandes banques soient cloisonnées. La gauche et l’UDC ont fait front commun pour demander au Conseil fédéral de plancher sur une telle réforme, deux ans après l’adoption des mesures visant à éviter qu’UBS et Credit Suisse n’entraînent toute l’économie en cas de faillite (“too big to fail”). Le Conseil des Etats doit encore se prononcer. »

Dès le lendemain, alors que le débat éclatait entre partisans et adversaires de la séparation des banques en deux, le lobby bancaire s’efforçait de torpiller ces propositions qui dépendaient d’un vote positif du Conseil des Etats pour contraindre le gouvernement à prendre des dispositions en vue de leur validation puis application. En effet, même si celles-ci ne constituaient pas à proprement parler des propositions de loi, contrairement à celles présentées au Congrès américain et au Sénat italien, elles pouvaient néanmoins contraindre le gouvernement suisse à établir une séparation stricte entre les branches d’UBS et de Credit suisse opérant à la City de Londres et Wall Street, c’est-à-dire celles étant les plus exposées.

Le gouvernement s’opposa au vote mais fut lui-même mis en échec ce qui, néanmoins, l’obligea ainsi à préparer une réponse formelle quant à la faisabilité ou non de la séparation des banques en deux en Suisse.

En réalité, tout le monde savait que le gouvernement se contenterait de mettre en place une commission d’experts, choisis pour leur hostilité au projet, ce qui aboutirait à un rejet comme en 2010.

Face à cette position négative, les députés et chef de file socialistes Susanne Leutenegger-Oberholzer et Corrado Pardini interpellèrent les représentants du gouvernement et répliquèrent qu’en cas de rejet, un recours à une votation populaire (scrutin organisé sur la base d’une proposition émanant de citoyens ayant recueilli un nombre donné de signatures et dont le résultat est contraignant) était d’ores et déjà en préparation [http://www.sp-ps.ch/fre/Medias/Communiques/2013/Des-banques-plus-sures-le-PS-etudie-un-projet-d-initiative-populaire]. Le quota de signatures nécessaire à la votation serait en effet facilement atteignable si les trois partis restaient unis, compte tenu du soutien massif de la population (comme partout en Europe d’ailleurs) à une stricte séparation bancaire.

Le 19 septembre, le Parti socialiste suisse (PSS) et l’Union démocratique du centre (UDC) déposèrent de nouveau deux résolutions [http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20133743], quasi identiques, en faveur d’une séparation bancaire, la seule différence consistant en un point supplémentaire ajouté dans celle de l’UDC :

« Le Conseil fédéral est chargé de présenter un projet de loi applicable aux banques d’importance systémique (ou “too big to fail”) pour réduire les risques liés à leurs activités. Il se fondera sur les principes suivants:

« 1. La banque pratiquant la gestion de fortune et la banque d’affaires seront séparées de la banque effectuant le négoce pour compte propre.

« 2. La banque pratiquant la gestion de fortune et la banque d’affaires exerceront les activités de banque de dépôt, de crédit, les activités commerciales et la gestion de fortune.

« 3. La banque pratiquant la gestion de fortune et la banque d’affaires ne pourront pas pratiquer le négoce pour compte propre; elles seront cependant autorisées à émettre des actions et des obligations classiques pour assurer le financement d’entreprises et à placer des emprunts de la Confédération, des cantons et des communes.

« 4. Les banques suisses pratiquant la gestion de fortune et les banques d’affaires ne pourront avoir aucun lien financier avec leurs succursales étrangères qui effectuent des opérations pour compte propre. »

La motion de l’UDC, au point 4, mentionne aussi les filiales en Suisse. Son cinquième point prévoit un ratio de capitaux propres non pondéré de 6%. Le PSS, dans une motion séparée, prévoit un ratio de 10%.

Les motions, comme l’on pouvait s’y attendre, provoquèrent une grande nervosité dans les rangs du lobby bancaire à commencer par Sergio Ermotti, patron d’UBS attaquant l’initiative dans une interview avec la revue économique L’Agefi.

Le Neue Zürcher Zeitung, en tant que porte-parole de la place financière zürichoise, menait la danse tout en laissant aux tenants de la séparation bancaire la possibilité de s’exprimer.

Ainsi le 2 octobre 2013, le quotidien publiait une lettre de l’économiste autrichien Karl Socher réfutant les trois principaux arguments mis en avant par les défenseurs de la banque universelle. D’abord, si la séparation bancaire ne permet pas d’éviter des crises, concède Socher, celles-ci seront gérables sans avoir recours à un renflouement public. Deuxièmement, ce n’est pas vrai qu’il est difficile de séparer les « bonnes » activités des « mauvaises », il suffit de définir « l’activité de dépôts et de crédit qui y est associée » de manière à protéger le système des paiements. Troisièmement, si on peut douter de la capacité des hommes politiques à établir une telle définition, ils n’auront pas à le faire, parce qu’il suffit de reprendre la séparation qui a si bien fonctionné dans le passé, « par exemple le Glass-Steagall Act aux États-Unis ».

Enfin, lors d’un débat télévisé le 18 octobre, les deux auteurs des initiatives parlementaires pour la séparation bancaire, le socialiste Corrado Pardini et le vice-président de l’UDC Christoph Blocher firent comprendre que leur « alliance contre nature », baptisée ainsi par le lobby bancaire, restait solide. Contrairement à ce qu’écrivait le Neue Zürcher Zeitung, les deux hommes politiques entendent obtenir une séparation totale et stricte des banques selon le modèle de Glass-Steagall.

Face aux arguments de leurs adversaires, tant Blocher que Pardini, défendirent leurs deux résolutions parlementaires – identiques mais distinctes – appelant à séparer « les banques faisant du trading pour compte propre » de celles « gérant les dépôts et le patrimoine », et se sont dits confiants de pouvoir s’entendre sur le second point aussi, celui du niveau des réserves obligatoires.

La Suisse a besoin de banques, s’est exclamé Pardini, mais de banques qui sont utiles à la communauté, qui accordent du crédit, prennent les dépôts, financent les hypothèques et gèrent le patrimoine. Il faut les séparer de celles qui sont actives sur les marchés financiers. Les premières doivent être protégées contrairement aux secondes. Si elles font faillite, cela ne mettra pas en danger la société.

Blocher appela en plus à mettre fin à l’« américanisation » du système bancaire suisse, signifiant la croissance anormale du trading financier, en particulier à l’étranger, de la part des deux géants que sont UBS et Crédit Suisse.

Face à leurs adversaires qui faisaient l’éloge de la « stabilité » des deux mégabanques, les deux dirigeants ont démontré le contraire. En effet, il n’existe aucun autre pays au monde où deux banques possèdent cinq fois plus d’actifs que le PIB (chiffres de 2011). Ceci est un risque systémique qui doit être éliminé.

De son côté, l’auteur Gian Trepp, mettait en garde les dirigeants politiques contre la riposte du lobby bancaire. Membre du groupe de travail pour une réforme bancaire au sein du Parti socialiste suisse qui a négocié l’alliance avec le PPS de Blocher, il réfutait le 16 octobre, le président de la Fédération des banques cantonales, Urs Müller, qui avait prôné plus de régulation pour les grandes banques et moins pour les banques cantonales, actives à l’échelle nationale. Gian Trepp dénonçait également la règle Volcker américaine, prise comme exemple mais qui, en réalité, à l’instar de la loi Moscovici en France, n’était qu’un enfumage de l’opinion publique en faveur des banques.

En dépit de cette mobilisation sans précédent, les deux motions étaient rejetées par le gouvernement.

Dans une lettre au Conseil national posté sur son site le 6 novembre, celui-ci justifiait son rejet avec l’argument qu’il serait trop difficile de définir l’interdiction des opérations de trading pour compte propre, proposée dans le texte, et que la séparation entre banque de marché et banque de dépôt et de crédit serait une intrusion inacceptable dans les droits économiques des mastodontes bancaires que sont UBS et Crédit suisse.

Le gouvernement rejetait également l’autre proposition mise en avant par le PSS et l’UDC , notamment l’augmentation du ratio de capitaux propres sans pour autant faire l’unanimité dans ses propres rangs. C’est ainsi que la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf déclarait qu’UBS et Crédit suisse « pourraient » être amenées à accroître leurs capitaux propres et à repenser « leur modèle d’affaire » de banque de marché (leurs activités spéculatives à Londres et Wall Street).

Pour le Neue Zürcher Zeitung, les commentaires de la conseillère, publiés dans la presse helvétique le dimanche 3 novembre veille d’ouverture de la Bourse, auraient coûté très cher aux actions d’UBS et du Crédit suisse. Le quotidien financier l’a critiquée aussi pour son désaccord avec la position du gouvernement.

 

Nervosité au Conseil des Etats

 

A la mi-janvier 2014, les résolutions étaient portées à l’examen de la Commission des affaires économiques et fiscales du Conseil des Etats (représentant les cantons) qui après un débat des plus animés, les rejeta par un vote très serré de sept voix contre six.

La Commission avait, au préalable, auditionné plusieurs experts : Jean-Pierre Dantine, de la Banque nationale suisse, le Britannique Mark Branson, responsable de l’agence suisse de régulation des marchés FINMA et ancien manager d’UBS, Axel Weber, ancien patron de la Bundesbank allemande et membre du conseil d’administration d’UBS, Urs Rohner du Crédit suisse et le professeur d’économie Ernst Baltensperger, de Bern.

Si l’on considère que les « experts » auditionnés étaient principalement des opposants à la séparation bancaire et que les deux grandes formations politiques promouvant la scission bancaire, le PSS l’UDC, n’ont pas la majorité au Conseil des États, le résultat du vote apparaît malgré tout plus favorable que ce à quoi l’on pouvait s’attendre et confirme combien la séparation des banques bénéficie d’un large soutien.

Après le vote de la Commission, c’est sans surprise que le 12 mars Conseil des Etats rejetait définitivement les deux résolutions. Ce dernier sera cependant appelé à reprendre la discussion puisque de nouvelles motions ont été déposées par les mêmes partis au Conseil national. Le Conseil des Etats aurait pu reporter le vote en attendant l’arrivée des nouvelles motions, comme le proposait le PSS, mais la majorité en a décidé autrement.

Alors que les partis soutenant le gouvernement insistent que la séparation des banques n’est pas nécessaire en raison des nouvelles règles sur les ratios de capitaux, le dirigeant du PSS Christoph Levrat a déclaré à juste titre que la question des banques « trop importantes pour faire faillite » pend au-dessus de l’économie suisse comme une épée de Damoclès.

Alors que Neue Zürcher Zeitung chantait victoire contre l’« alliance mémorable des populistes », le journaliste Philipp Löpfe, un chroniqueur du Tagesanzeiger écrivait sur le site internet watson.ch que l’idée d’une séparation bancaire est « tout sauf exotique ». Il rappelait que c’était le fondateur de Swatch, Nicolas Hayek, qui en 2010 avait poussé le PSS et l’UDC à la proposer conjointement.

Löpfe rappelait également l’histoire du Glass-Steagall et de l’époque de la banque traditionnelle 3-6-3 (3% d’intérêt sur les dépôts, 6% d’intérêt sur les prêts et à 3 heures de l’après-midi sur le terrain de golf). Selon lui, la banque d’investissement, en particulier le trading sur fonds propres, n’a produit que des pertes pour les grandes banques suisses. Il suggère d’écouter l’ancien Pdg de Citibank John Reed et d’autres qui ont changé d’opinion sur les banques universelles.

Le Neue Züricher Zeitung, faisant preuve d’un sens des réalités, notait que la bataille était loin d’être terminée et que le sujet reviendrait, sous une forme ou une autre, sur la table.

C’était bien vu, car le 28 juin, une nouvelle organisation suisse Impulsewelle annonçait son intention de lancer un appel intitulé : « Comment la FINMA entend sauver les banques en Suisse et pourquoi nous avons urgemment besoin d’un système de séparation des banques ».

L’appel présente les enjeux :

« Le 1er novembre 2012, la FINMA [Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers] a mis en vigueur une nouvelle régulation. Elle oblige les Suisses et les Suissesses à sauver une grande banque menacée d’insolvabilité en suivant le modèle chypriote, ce qui démontre dramatiquement ce qui nous attend.

«Pour cela, notre épargne, nos retraites et le capital d’exploitation de nos entreprises déposés dans la banque en question seront mis à contribution. Ceux qui ne pourront plus payer leur hypothèque risquent alors de perdre leur maison ou leur appartement au cours d’une saisie-éviction. Il est douteux que les dépôts inférieurs à 100.000 francs soient réellement garantis en cas d’urgence. L’argent des clients serait transformé en capitaux propres de la banque (bail-in), ce qui se traduirait par notre expropriation et la fin de notre système social.»

«Le système financier actuel se dirige vers l’effondrement sur le plan international. Nous voulons que les responsables de l’effondrement aient l’obligation de porter seuls le risque, sans pouvoir rejeter les pertes sur la population. Nos deux grandes banques suisses (UBS et Crédit Suisse) et les compagnies d’assurance (Swiss Re et Zurich) sont trop grandes pour être sauvées lors de l’éclatement de la prochaine bulle.»

Quelle est l’alternative à ce diktat ? «Notre proposition: l’introduction d’un système efficace de séparation des banques.»

Notons qu’Impulswelle a organisé en juin 2014 à Zürich une conférence sur l’urgence de la mise en place d’un Glass Steagall Act. Cette conférence réunissait pour la première fois en Suisse alémanique des universitaires, de simples citoyens et des représentants de l’Institut Schiller.

 

28 septembre 2011 – La motion n° 11.3857, « Institution d’un système bancaire différencié (Glass-Steagall) »,  soumise à la Chambre basse du Parlement (Nationalrat) par le Parti vert demande au gouvernement d’étudier les meilleurs moyens permettant de mettre en œuvre un « cloisonnement des activités bancaires ». Dans son avis du 16 novembre 2011, le Conseil fédéral propose toutefois de la rejeter au motif que « ces mesures ne seraient pas adéquates et qu’elle peuvent être remplacées par d’autres mesures moins contraignantes pour les banques.

_______________________

23 décembre 2011 – Dans leur rapport (11.4185) « Diminuer les risques par l’instauration d’un cloisonnement des activités bancaires », les sociaux-démocrates appellent le gouvernement suisse à préparer une étude sur une séparation des banques et la manière dont il peut protéger l’économie suisse, en prenant comme modèle le Glass-Steagall américain.

_______________________

7 septembre 2012 – Tagesanzeiger – Dans ce qui constitue une contribution importante au débat sur le Glass Steagall, le quotidien suisse Tagesanzeiger, avertit que le système bancaire actuel est extrêmement vulnérable à un nouveau krach, potentiellement pire que celui de Lehman Brothers. A l’appui de cette affirmation le journal publie un graphique très instructif de l’économiste américain Alan Taylor, sur la fréquence des crises financières systémiques dans les pays industrialisés de 1870 à 2008.

On y voit clairement qu’entre la fin des années 1930 et la fin des années 1970, au moment où l’on a commencé à « liquider » en douceur le Glass-Steagall Act ainsi que d’autres réglementations du même type, « il n’y a pas eu de crise bancaire systémique dans les pays industrialisés, pas une seule ».

« A partir des années 1980, le Glass-Steagall a progressivement été détricoté, jusqu’à son abrogation définitive en 1999. Au cours de la même période, la fréquence des crises financières s’est de nouveau accélérée. Peut-on penser que ce soit un effet du hasard ? »

_______________________

28 septembre 2012 – BOM – Le Glass Steagall évoqué au Sénat suisse

4 décembre 2012 – BOM – Pas de paix ni de sécurité sans Glass Steagall

_______________________

28 juin 2013 – Une nouvelle organisation suisse Impulsewelle a annoncé son intention de lancer prochainement un appel intitulé : « Comment la FINMA entend sauver les banques en Suisse et pourquoi nous avons urgemment besoin d’un système de séparation des banques ».

L’appel présente les enjeux : « Le 1er  novembre 2012, la FINMA [Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers] a mis en vigueur une nouvelle régulation. Elle oblige les  Suisses et les Suissesses à sauver une grande banque menacée d’insolvabilité en suivant le modèle chypriote, ce qui démontre  dramatiquement ce qui nous attend.

«Pour cela, notre épargne, nos retraites et le capital d’exploitation de nos entreprises déposés dans la banque en question seront mis à contribution. Ceux qui ne pourront  plus payer leur hypothèque risquent alors de perdre leur maison ou leur appartement au cours d’une saisie-éviction. Il est douteux que  les dépôts inférieurs à 100.000 francs soient réellement garantis en cas d’urgence. L’argent des clients serait transformé en capitaux propres de la banque (bail-in), ce qui se traduirait par notre expropriation et la fin de notre système social.»

«Le système financier actuel se dirige vers l’effondrement sur le plan international. Nous voulons que les responsables de l’effondrement aient l’obligation de porter seuls le risque, sans pouvoir rejeter les pertes sur la population. Nos deux grandes banques suisses (UBS et Crédit Suisse) et les compagnies d’assurance (Swiss Re et Zurich) sont trop grandes pour être sauvées lors de l’éclatement de la prochaine bulle.»

Quelle est l’alternative à ce diktat ? «Notre proposition: l’introduction d’un système efficace de séparation des banques.» L’appel explique ensuite la loi Glass-Steagall originale aux Etats-Unis et les propositions actuelles pour la rétablir.

_______________________
28 juillet 2013 – Dans son édition dominicale du 28 juillet, le NZZ am Sonntag  publie une interview (UBS und CS sind immer noch viel zu gross fuer unser land) avec Marc Chesney, professeur en finances à l’université de Zürich. Pour Chesney, non seulement il est nécessaire de procéder à une séparation des banques en deux mais il faut également interdire les produits financiers toxiques. Pour être plus précis, il réclame que l’on ne tolère les produits financiers toxiques qu’à la condition qu’ils fassent l’objet d’une certification – exactement comme les produits chimiques toxiques ne peuvent être utilisés dans l’industrie pharmaceutique ou autre que si leur dangerosité est clairement établie par un certificat. Une telle mesure permettrait de bannir ou tout du moins de limiter le commerce de ce type de produit.
Ceci s’applique en particulier aux produits dérivés qui ne sont en réalité d’aucune utilité mais qui se résument à des opérations de jeu accroissant les risques systémiques. Selon Chesney, l’idéologie derrière les dérivés se résume à une logique de “pompiers/pyromanes” qui cherchent leur profit en pariant sur l’effondrement des autres joueurs.
Enfin, et ceci est particulièrement important pour la Suisse, Chesney estime que les deux grandes banques helvétiques, UBS et Crédit suisse, sont “trop grandes pour notre pays”.

_______________________

29 juillet 2013 – S&P – Glass-steagall : bientot une votation populaire en Suisse ?

10 septembre 2013 – S&P – Suisse : alliance Droite-Gauche-Verts pour couper les banques en deux !

13 septembre 2013 – S&P – Suisse : la séparation des banques devient inévitable

_______________________

30 septembre 2013 – Le Parti socialiste suisse (PSS) et l’Union démocratique du centre (UDC) ont déposé le 19 septembre deux motions quasi identiques en faveur d’une séparation bancaire. La seule différence consiste en un point supplémentaire ajouté dans celle de l’UDC. Autrement, les motions présentent les mêmes quatre exigences : « Le Conseil fédéral [l'exécutif] est invité à préparer un projet de loi pour résoudre le problème des « Too Big to Fail » suivant les principes suivants :

« 1. Séparation fondamentale entre la gestion de patrimoine et les banques de dépôt d’un côté, et les banques pratiquant le trading pour compte propre de l’autre.

« 2. Les banques de gestion de patrimoine et les banques commerciales effectuent des activités d’épargne, de crédit, d’affaires commerciales et de gestion de patrimoine.

« 3. Les banques de gestion de patrimoine et les banques commerciales ne doivent pas pratiquer de trading pour compte propre, mais elles pourront gérer l’émission d’actions et d’obligations à des fins de financement d’entreprises, ainsi que des obligations de la Fédération, des cantons et des communes.

« 4. Les banques suisses de gestion de patrimoine et les banques commerciales ne pourront pas avoir de relations de crédit avec leurs filiales à l’étranger, qui pratiquent le trading pour compte propre. » La motion de l’UDC, au point 4, mentionne aussi les filiales en Suisse. Son cinquième point prévoit un ratio de capitaux propres non pondéré de 6%. Le PSS a une motion séparée prévoyant un ratio de 10%.

Les motions, comme l’on pouvait s’y attendre, ont provoqué une grande nervosité dans les rangs du lobby bancaire. Le Neue Zürcher Zeitung a cru y voir une concession aux banques d’affaires.

Le PDG de l’UBS, Sergio Ermotti, au contraire, dans une interview avec la revue économique L’Agefi, a attaqué l’initiative ainsi que le dirigeant de l’UDC Christoph Blocher. Pour Ermotti, il est incompréhensible que ceux qui veulent renforcer le centre financier suisse et ses banques promeuvent la séparation bancaire. « Il est aussi fondamentalement difficile d’avoir une discussion professionnelle sur cette question », a-t-il protesté.

_______________________

10 octobre 2013 – Depuis que le Conseil national Suisse (chambre basse de l’Assemblée fédérale) a voté une véritable séparation bancaire, le lobby bancaire a sorti ses munitions pour tenter de torpiller l’initiative. Le principal porte-parole du lobby bancaire est, sans surprise, le Neue Zürcher Zeitung, qui a néanmoins laissé la parole aux contre-arguments.

Le 2 octobre, le quotidien financier a publié une lettre de l’économiste autrichien Karl Socher, qui a réfuté les trois principaux arguments mis en avant par les défenseurs de la banque universelle. D’abord, si la séparation bancaire ne permet pas d’éviter des crises, concède Socher, celles-ci seront gérables sans avoir recours à un renflouement public. Deuxièmement, ce n’est pas vrai qu’il est difficile de séparer les « bonnes » activités des « mauvaises », il suffit de définir « l’activité de dépôts et de crédit qui y est associée » de manière à protéger le système des paiements. Troisièmement, si on peut douter de la capacité des hommes politiques à établir une telle définition, ils n’auront pas à le faire, parce qu’il suffit de reprendre la séparation qui a si bien fonctionné dans le passé, « par exemple le Glass-Steagall Act aux États-Unis ».

L’auteur Gian Trepp, membre du groupe de travail pour une réforme bancaire au sein du Parti socialiste suisse, a de son côté mis en garde les dirigeants politiques contre la riposte du lobby bancaire. Il a également dénoncé la règle Volcker américaine.

_______________________

22 octobre 2013 – S&P – Suisse : la séparation bancaire fait débat

7 novemvre 2013 – finews.ch – Wir sind auf dem Weg ins Desaster

_______________________

14 novembre 2013 – Dans une lettre au Conseil national (le parlement) posté sur son  site le 6 novembre, le gouvernement  suisse rejette deux des motions déposées par les le Parti socialiste suisse   (PSS) et l’Union démocratique du centre (UDC). Ces deux motions distinctes, bien que d’un même contenu, exigent   la séparation en deux des banques.

Le gouvernement justifie son rejet avec l’argument  qu’il serait trop difficile de définir l’interdiction  des opérations de trading pour compte propre, proposée dans le texte, et que la séparation  entre banque de marché et banque de dépôt et de crédit serait une intrusion inacceptable dans les  droits économiques des mastodontes bancaires que sont UBS et le Crédit suisse.  Le gouvernement rejette également l’autre proposition mise  en avant par le PSS et l’UDC , notamment l’augmentation du  ratio de capitaux propres. Mais ce thème ne fait pas l’unanimité.  En effet, la ministre des Finances Eveline Widmer-Schlumpf  a déclaré qu’UBS et le CS « pourraient » être amenées à accroître  leurs capitaux propres et à repenser « leur modèle d’affaire »  de banque de marché (leurs activités spéculatives à Londres et  Wall Street).

Pour le Neue Zürcher Zeitung, porte-parole consciencieux du lobby bancaire,  les commentaires de la ministre, publiés dans la presse  helvétique le dimanche 3 novembre veille d’ouverture de la Bourse, auraient coûté très cher aux actions de l’UBS et du Crédit suisse.  Le quotidien financier l’a critiquée aussi pour son désaccord  avec la position du gouvernement.

Oswald Grübel, qui a dirigé le Crédit suisse et l’UBS, a accusé Mme Widmer-  Schlumpf d’amener les banques à se séparer de leurs activités  à l’étranger (Wall Street et Londres). Ainsi, on créerait une atmosphère  « médiévale » de régulation des banques.  Le dirigeant du PSS Corrado Pardini avait déjà annoncé qu’en  cas de rejet de la séparation bancaire par le gouvernement, son  parti opterait pour un référendum populaire. Désormais, le PSS  et l’UDC devraient conjuguer leurs efforts pour l’organiser.

_______________________

Rétrospective 2013 en Suisse

Des deux côtés de l’Atlantique, des débats intenses sur la nécessité d’effectuer une stricte séparation entre banques de dépôt et banques de marché pour protéger les citoyens et l’économie réelle se sont intensifiés tout au long de l’année dernière. Dans tous ces cas, un rôle catalyseur a été joué par le mouvement international associé à Lyndon LaRouche. A souligner toutefois qu’une séparation de type Glass-Steagall n’est qu’un premier pas vers un nouveau système de crédit destiné aux investissements productifs, après avoir éliminé les milliers de milliards de dollars de déchets toxiques.
Face à cela,  en étroite coopération avec ses alliés de la Troïka et de la BCE, le lobby bancaire s’est mobilisé pour saboter une telle réforme en défendant la poursuite des sauvetages bancaires et la mise en œuvre de l’expropriation des dépôts, ou « bail-in ».

Les temps forts

Le Conseil national a adopté en septembre trois motions prévoyant de couper les banques en deux, déposées par le Parti socialiste, le Parti populaire et le Parti Vert. Par la suite, les deux premiers, qui détiennent une majorité au parlement, ont rédigé deux motions quasi identiques appelant le gouvernement à préparer une réforme bancaire correspondante.
Le gouvernement a rejeté les deux motions le 6 novembre.
L’option d’un référendum sur la séparation des banques reste ouverte.

_______________________

22 janvier 2013 – S&P – Suisse : une commission de la Chambre haute rejette la séparation bancaire

_______________________

21 mars 2014 – Sans surprise, le Conseil des cantons suisse a voté le 12 mars contre les deux motions en faveur d’une séparation bancaire adoptée par le Conseil national (parlement) en septembre 2013. Toutes deux avaient déjà été rejetées le mois dernier par la Commission économique du Conseil des cantons, mais avec un vote plus serré que prévu (7 contre 6).

Le Parti socialiste (PSS) et l’Union démocratique du centre (UDC), les parrains des deux textes, ne disposent pas de la majorité au Conseil des cantons, si bien que la défaite était prévisible. Ce dernier sera cependant appelé à reprendre la discussion puisque de nouvelles motions ont été déposées par les mêmes partis au Conseil national. Le Conseil des cantons aurait pu reporter le vote en attendant l’arrivée des nouvelles motions, comme le proposait le PSS, mais la majorité en a décidé autrement.

Alors que les partis soutenant le gouvernement insistent que la séparation des banques n’est pas nécessaire en raison des nouvelles règles sur les ratios de capitaux, le dirigeant du PSS Christoph Levrat a déclaré à juste titre que la question des banques « trop importantes pour faire faillite » pend au-dessus de l’économie suisse comme une épée de Damoclès.

Le Neue Zürcher Zeitung (l’organe de la place financière zurichoise) a chanté la victoire contre l’« alliance mémorable des populistes », mais le journaliste Philipp Löpfe, un chroniqueur du Tagesanzeiger , a écrit sur le site internet watson.ch que l’idée d’une séparation bancaire est « tout sauf exotique ». Il a rappelé que c’était le fondateur de Swatch, Nicolas Hayek, qui en 2010 avait poussé le PSS et l’UDC à la proposer conjointement.

Löpfe rappelle également l’histoire du Glass-Steagall et de l’époque de la banque traditionnelle 3-6-3 (3% d’intérêt sur les dépôts, 6% d’intérêt sur les prêts et à 3 heures de l’après-midi sur le terrain de golf). La banque d’investissement, en particulier le trading sur fonds propres, n’a produit que des pertes pour les grandes banques suisses, selon lui. Il suggère d’écouter l’ancien Pdg de Citibank John Reed et d’autres qui ont changé d’opinion sur les banques universelles.

_______________________

2 septembre 2015 – S&P – L’économiste franco-suisse Marc Cheney soutient le retour au Glass Steagall Act

 

Revenir au sommaire

European-Union

15. UNION EUROPEENNE

9 février 2013 – BOM – En réponse à la question d’un journaliste français, lors d’une conférence de presse de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi dernier, Mario Draghi a expliqué qu’il suivait “à distance” le débat et les initiatives législatives discutés en France et en Allemagne sur la séparation des banques mais que la BCE présentera sa propre régulation.

Selon le président de la BCE, “il est évident que nous ne pouvons nous permettre des législations séparées” et qu’il faudra aller vers une seule réglementation pour toute l’eurozone et probablement l’Union européenne. Il a d’ailleurs ajouté que les différentes initiatives ne montraient pas de si grandes différences entre elles qu’elles ne puissent aboutir à une convergence.

Effectivement, elles en montrent d’autant moins qu’elles ont été rédigées sous la pression des banques et pour celles-ci, ce que tout le monde constate unanimement. Nul doute que ceci contribue à la belle assurance de M. Draghi, ancien M. Europe de Goldman Sachs et ancien gouverneur de la Banque d’Italie, dont des amis dévoués tentent de masquer le rôle dans le scandale de la banque Monte dei Paschi (voir billet ci-dessous).

_______________________

26 mars 2013 – L’association Europe’s 500, pour le développement et l’entreprenariat (Association regroupant 500 entreprises européennes), vient de tenir sa conférence annuelle au Parlement Européen (sic) comme le documente son site internet. Dans le communiqué final publié par l’association, celle-ci  appelle à la mise en place de cinq mesures jugées indispensables à un redémarrage de l’économie. Parmi celles-ci figure l’adoption d’une séparation des banques en deux entités distinctes sur le modèle du Glass Steagall Act.
Télécharger le document Europe’s 500 press release all in 2013 sur la page : http://www.europes500.eu/events.html

_______________________

18 juin 2013 – Le Comité des affaires économiques du Parlement européen a approuvé une résolution qui devrai être voté lors de la prochaine session plénière, demandant à la Commission européenne de rédiger un texte pour une réforme bancaire basée sur la séparation des activités commerciales et d’investissement des banques. Conscients que cette approche était une énième mouture d’un faux Glass Steagall, des membres de la Commission ont proposé des amendements visant à une séparation complète des banque en deux entités distinctes. La Commission a malheureusement préféré passer un texte de compromis.

_______________________

29 janvier 2014 – Preuve manifeste de la crainte grandissante que tout le système financier peut sombrer n’importe quand, Michel Barnier, le Commissaire européen au marché intérieur et aux services financiers, après de longs mois de réflexion et de consultation, a présenté aujourd’hui une réforme bancaire détonante. Cette dernière vise à réduire la spéculation très lucrative des trente plus grandes banques européennes dont la faillite déstabiliserait l’économie.

Les positions de Barnier, un libéral qui avait clairement annoncé qu’il ne comptait pas mettre en péril le modèle de banque universelle et qu’il était hors de question d’adopter un nouveau Glass-Steagall, avaient jusqu’ici faussement rassuré les banques.

Car, à la grande surprise de Paris et Berlin, Michel Barnier a cherché à mettre en application les recommandations du groupe des experts de haut niveau dirigé par Erkki Liikanen. Dans leur rapport, ce groupe recommandait :

  1. Une application effective de la « règle Volcker » interdisant le négoce (trading) pour compte propre, signifiant que la banque ne peut plus utiliser ses fonds propres pour spéculer. La réforme Barnier rendrait cette interdiction effective dès 2017.
  2. On accorde « le pouvoir » aux agences de régulation nationales d’imposer le cantonnement (ring-fencing), c’est-à-dire de loger les activités spéculatives à haut risque dans une filiale séparée des activités de détail et de dépôt, mais sous le même toit. Ce « pouvoir » deviendra « une obligation », si le volume des transactions dépasse un certain seuil. Evidemment, ce qui sera décisif, c’est l’endroit où l’on place le curseur.

D’après Le Monde, dans sa forme actuelle, cette réforme obligerait les grandes banques, notamment BNP Paribas et la Société générale, qui sont très actives sur les marchés financiers, à placer une partie importante de leurs activités dans une filiale ad hoc, notamment les produits dérivés, la titrisation et même les activités dites de « tenue de marché » (market making, le fait d’animer un marché spéculatif dans l’unique but de disposer d’un marché liquide).

Pierre Moscovici, notre ministre des banques et des marchés, n’a pas attendu que Bruxelles présente son projet pour mettre en garde la Commission : « La France et l’Allemagne ont déjà légiféré en la matière (…) Nous demandons que le texte respecte les législations que nous avons prises ».

Il apparaît clairement que Paris et Berlin se sont empressées de légiférer en la matière en espérant que Bruxelles s’alignerait sur leurs réformes. Il n’en est rien, et, affirme Le Monde,

Le camp français ne s’attendait pas à un projet aussi tranché. Il est donc mobilisé contre une réforme jugée contraire à ses intérêts, mauvaise pour ses banques et nuisible à l’économie. Banques et politiques sont prêts à faire campagne commune pour dénoncer un ‘mauvais projet’. Ils espèrent ranger Bruxelles à leur position, estimant que la France est parvenue, dans sa loi, à un point d’équilibre.

« Nous sommes sur une proposition dure et contraignante de la Commission européenne », s’exclame Karine Berger, députée socialiste des Hautes-Alpes, secrétaire nationale du PS chargée des questions économiques et ex-rapporteure du simulacre de réforme bancaire.

Etant donné que le Royaume-Uni s’achemine déjà vers un cantonnement de ses banques (réforme Vickers), la City sera temporairement exclue de la directive. Pour Karine Berger, « Il n’est pas normal que le Royaume-Uni bénéficie d’une exemption ! Comment imaginer un texte de régulation bancaire qui ne s’appliquerait pas à la City ? »

Autre pétage de plombs, celui d’un autre symbole de l’arrogance française, Christian Noyer, notre très honorable gouverneur de la Banque de France et président du Conseil d’administration de la Banque des règlements internationaux (BRI), une institution de triste réputation, qui s’est lâché :

Les idées qui ont été mises sur la table par Michel Barnier sont des idées, je pèse mes mots, qui sont irresponsables et contraires aux intérêts de l’Union européenne (…) J’espère que ce projet restera enterré et qu’il n’aura aucune suite.

En réponse à ces critiques virulentes, Michel Barnier a fait valoir que si des banquiers jugeaient trop rigoureuses les règles proposées, des députés européens pensaient au contraire qu’elles étaient insuffisantes, tandis que les Britanniques voudraient des exemptions générales.

« Je me dis que nous avons trouvé le point d’équilibre », a-t-il poursuivi. « Les ministres prendront leurs responsabilités, ils viendront me dire pourquoi ils veulent, pour certains, préserver le proprietary trading. »

Au nom de quoi on autorise les banques à faire de la spéculation pure et simple avec l’argent des déposants (..) sans aucun bénéfice, sans aucun retour pour ces déposants ? a-t-il ajouté. Il y a peut-être un problème de morale.

Le commissaire européen s’est dit prêt à la discussion pour améliorer, préciser, éventuellement renforcer le texte. La « chute ou la faillite désordonnée » d’une des grandes banques « systémiques » visées par le projet de règlement serait « suffisante pour plonger l’Europe dans une grave crise », a-t-il averti dans sa déclaration à Reuters.

Pour sa part, Gérard Mestrallet, porte-parole de la place financière de Paris, vient d’écrire à Michel Barnier afin de faire le chantage habituel : sa réforme impliquerait une « menace sur la compétitivité du secteur bancaire européen et sa capacité à financer l’économie » ; de leur côté, le Medef et la Fédération des industriels allemands ont demandé à José Manuel Barroso, le président de la Commission, dans des courriers séparés, de reporter le projet.

Tant de passion rappelle au monde entier que le problème n’est pas réglé : les banques risquent de faire faillite et refusent, non seulement le Glass-Steagall, mais la moindre hygiène bancaire.

 

 

Revenir au sommaire


16. AILLEURS DANS LE MONDE

20 avril 2013 – En République dominicaine, la télévision câblée Cinevision diffusait dans son programme « Cara a cara » un reportage d’une heure consacré à la bataille de Lyndon LaRouche pour restaurer le Glass Steagall. Cette émission est destinée à être prochainement rediffusée sur les 44 autres télévisions câblées de la République dominicaine. La première partie s’articulait autour d’une discussion avec Dr Ramon Emilio Concepcion, vice-président du Parti révolutionnaire dominicain (centre gauche, membre de l’internationale sociale), sur l’urgence du Glass Steagall et de la mise en place d’une véritable banque nationale hamiltonienne. La deuxième partie était consacrée à une interview de Dennis Small, un collaborateur de Lyndon LaRouche. Cette émission avait reçu une grande publicité notamment avec une bande annonce largement diffusée sur les réseaux nationaux et internationaux de Cinevision.

30 mai 2013 – En Grèce, Theodore Katsanevas, dirigeant du nouveau parti grec anti-euro, Dracma, vient d’envoyer une lettre au congrès des Etats-Unis appelant ses membres a passer instamment le projet de loi S 985 de Tom Harkin pour la réinstauration du Glass Steagall.

_______________________

10 décembre 2013 – S&P – Panos Kammenos appelle à la séparation des banques et un New Deal pour l’Europe

_______________________

Rétrospective 2013 en Grèce

Le soutien pour une réforme bancaire raisonnable a explosé après une année d’austérité draconienne imposée par la Troïka. Le président des Grecs Indépendants, Panos Kammenos, était à Washington le 3 décembre où il a pu rencontrer des parlementaires et/ou des assistants. Quatre jours plus tard, dans l’hémicycle du Parlement grec, il a appelé à un Glass-Steagall et à un New Deal dans la tradition de Franklin Delano Roosevelt, ainsi qu’à un nouveau plan Marshall pour la reconstruction de l’Europe.
Le 15 décembre, Alexis Tsipras, le président du principal parti de l’opposition Syriza, s’est prononcé pour des lois coupant les banques en deux en Europe, lors d’une conférence du Parti de gauche européen à Madrid.
Le nouveau parti Drachma 5, qui veut le retour à l’ancienne monnaie grecque, prévoit dans son programme la séparation des banques. Deux autres partis grecs, le Plan B et le Front populaire uni, ont également soutenu le Glass-Steagall.

_______________________

28 janvier 2014 – S&P – Le Glass-Steagall Act s’inscrit à l’agenda politique du Portugal

_______________________

3 mars 2014 – Pour Paulo Casaca, ancien membre portugais du Parlement européen, le Glass Steagall est la seule alternative au “bail in”, ce mécanisme de renflouement des banques qui prévoit, comme cela a été fait à Chypre, de prendre dans les comptes en banques des particuliers en cas de faillite d’une banque “too big to fail”. M. Casaca faisait référence au communiqué du 19 février du Conseil de l’Europe, dans lequel il était établi que le “bail in” et non pas le “bail out” sera le principe derrière la résolution bancaire.

–> Huffington Post – Bail in Replacing Bail Out

_______________________

7 août 2014 – Dans un message vidéo du 25 juillet réalisé à l’occasion de l’ouverture d’une nouvelle usine sidérurgique dans la province de Chaco, la présidente de l’Argentine Cristina Fernandez de Kirchner a souligné, sans en mentionner le nom, qu’« il y avait jadis aux Etats-Unis une loi qui interdisait le type de spéculation » que pratiquent les fonds vautours contre l’Argentine. Elle a indiqué qu’une telle loi était absolument nécessaire aujourd’hui car « quiconque achète des titres suite à une cessation de paiements n’a clairement pas une bonne intention à l’esprit (…) car il veut spéculer et voir comment il peut faire plus d’argent ». « Nous avons un sens très fort de ce qu’est notre responsabilité historique », a-t-elle déclaré. « Défendre notre modèle, et surtout tous les Argentins (…) je crois que l’Argentine est un test pour l’ensemble du système (…) Si ces pratiques parvenaient à triompher dans le monde, qui voudrait s’engager dans des investissements productifs tels que ceux consentis pour construire l’usine sidérurgique de Chaco si dans six ans quelqu’un peut empocher un retour de 1680 % sans avoir rien [investi] ou rien risqué ? » Si les vautours arrivent à leur fin, a-t-elle prévenu, « il sera très difficile dans le monde de réorganiser les dettes, ou de convaincre les gens d’investir pour réactiver une économie mondiale qui a grand besoin d’emplois, de recherche et de développement dans la science et la technologie, etc. ».

_______________________

10 septembre 2014 – S&P – L’ancien premier ministre australien se lève pour défendre Glass-Steagall

_______________________

20 février 2015 – S&P – La BCE craint que la Grèce adopte le Glass-Steagall

_______________________

22 avril 2015 – S&P – La loi Glass-Steagall : abrogée chez nous, appliquée en Chine

 

Revenir au sommaire

 

 


— POUR ALLER PLUS LOIN —

 17. LA BATAILLE HISTORIQUE DU GLASS STEAGALL

Cette rubrique fait écho à la première mais il s’agit ici d’étudier l’histoire du Glass Steagall. Le lecteur pourra prendre conscience que cette question de “séparation des banques”, qui peut apparaître comme un sujet de spécialistes, est en fait une mesure qui a tout simplement changé la face de l’histoire. Le Glass Steagall de Roosevelt est notamment ce qui a permis de créer les conditions économiques aux Etats-Unis qui assurèrent la victoire contre le nazisme.

24 décembre 1999 – S&P – La loi Glass-Steagall : comment FDR remit les banquiers à leur place

avril 2002 – S&P – Le secret de la réorganisation bancaire de Franklin Delano Roosevelt

16 juin 2011 – S&P – Glass-Steagall fête ses 78 ans… prêt à ressusciter pour manger Wall Street et la City !

Revenir au sommaire