Economie

Le scandale des onze millions de logements vacants en Europe

Ce n’est un secret pour personne que les banques européennes détiennent des milliards d’euros de prêts non productifs (non performing loans) dans le secteur immobilier et les présentent comme s’ils étaient productifs afin de masquer leur situation de banqueroute. Si ces banques devaient vendre ces biens (avec d’importantes pertes) ou encore  les réévaluer au prix du marché actuel, le volume total des prêts non productifs exploserait, révélant leur état réel.

Mêmes si les chiffres effectifs ne sont pas connus, le Guardian de Londres a divulgué dans un article du 23 février des chiffres qui donnent une idée de l’énormité du scandale : plus de 11 millions de logements sont inoccupées dans toute l’Europe, presque trois fois le nombre de sans-abris (4,1 millions). Le plus grand nombre se trouve en Espagne (3,4 millions), suivie de l’Italie (2,7 millions), la France (2,4 millions), l’Allemagne (1,8 millions) et l’Angleterre (700 000). La situation dans les pays plus petits est encore pire par rapport à leur population : le Portugal compte 735 000 unités inoccupées, l’Irlande 400 000 et la Grèce 300 000.

Nombre de logements vacants en Europe

Nombre de logements vacants en Europe

En Espagne, en plus des 3,4 millions d’unités inoccupées mentionnées, ce qui correspond à 14 % de tout le parc résidentiel, un demi-million de logements inachevés ont été détruits dans le seul but d’empêcher les prix de l’immobilier de baisser car, pour bon nombre de riches propriétaires, une maison ou un appartement ne sont pas achetés en vue d’y vivre mais simplement comme un placement dont on espère un retour financier. C’eci expose une nouvelle fois le dogme de la “concurrence libre et non faussée” pour ce qu’il est réellement. Derrière la novlangue se cache une guerre économique criminogène où le mensonge, les coups tordus et l’escroquerie sont la norme.

L’article du Guardian souligne d’autre part que bon nombre de ces propriétés ont été saisies par les banques pour cause de non remboursement des prêts par leur propriétaire, suite à l’explosion de la bulle immobilière qui s’était développée comme un cancer dans toute l’Europe au cours de la période 2004-2008.

Néanmoins, l’article ne mentionne pas l’entourloupe se dissimulant derrière les chiffres officiels sur les prêts non productifs : en laissant les logements vides, les banques peuvent les garder dans leurs écritures comme ayant une certaine valeur financière. En outre, les banques déguisent leur insolvabilité grâce à la pratique frauduleuse de la « tolérance », permettant de rééchelonner les prêts non productifs de manière à maintenir l’illusion qu’ils pourront encore être remboursés.

D’après ce que les banques déclaraient en juin 2012, 6,7 % de tous les prêts accordés par les banques européennes étaient non productifs, pour un total de 1100 milliards d’euros environ.

Si vous comprenez l’anglais, une petite vidéo édifiante accompagne l’article du Guardian –> Scandal of Europe’s 11m empty homes

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