Suisse

Swiss Metro : le futur nous attend !

Lors de ma candidature à l’élection législative de juin 2012, j’avais défendu la remise en marche de la ligne du Tonkin reliant Evian à Saint-Gingolph, sur la rive sud-Léman, car il s’agit non seulement d’un projet de bon sens mais surtout d’un projet dont l’économie transfontalière n’aurait que des bénéfices à recevoir. J’appelais, dans ce contexte, à la remise à jour du concept de SwissMetro développé par l’ingénieur suisse Rodolphe Nieth et qui, malheureusement avait été abandonné. Le  SwissMetro, s’il avait été réalisé, aurait mis la Suisse en position de leadership en terme de transports du futur et aurait permis de résoudre des problèmes spécifiques posés par la géographie du pays. Enfin, il aurait clairement fait de la Suisse une “plate-forme” technologique orientée vers le futur car les transports sont vecteurs intrinsèques de progrès dans d’autres domaines.
C’est donc avec grand plaisir que je vois ce projet être réactivé dans les remous provoqués par l’annonce de l’Hyperloop d’Elon Musk, qui est de toute évidence fortement inspiré du SwissMetro. L’article suivant publié par www.bilan.ch fait le rapprochement qui s’impose entre deux projets.
Je signale également que l’association Pro SwissMetro, mentionnée dans l’article de Bilan, publie une pétition en faveur du SwissMetro que vous pourrez signer à l’adresse suivante : http://www.swissmetro.ch/fr

 

Hyperloop pourrait rebooster Swissmetro

2 Septembre 2013

Par Fabrice Delaye Le projet de train subsonique défendu par l’entrepreneur Elon Musk est proche de celui rêvé depuis vingt ans en Suisse. Il faut rouvrir ce tiroir.

  • Musk/ Keystone
    Hyperloop. Les convois circuleraient dans un tube partiellement vidé de son air, jusqu’à 1220  km/h.

Technologies Depuis plus de vingt ans, l’histoire de Swissmetro est jalonnée par les enterrements et les résurrections. Ce projet de train à sustentation magnétique circulant à plus de 500  km/h dans des tunnels partiellement sous vide mettrait Berne à 15  minutes de Zurich ou 10  minutes de Lausanne.

Depuis 2009 et la liquidation de la société Swissmetro, une association Pro Swissmetro tente de continuer à faire vivre le projet. Elle a lancé en juin dernier une pétition en ligne pour mobiliser des Helvètes qui constatent l’encombrement croissant des réseaux de transport du Plateau. Surprise: elle vient de recevoir un soutien inattendu venu de Californie.

Quelques milliards d’écart

Là, le milliardaire Elon Musk a révélé le 12 août dernier un projet assez similaire de train susceptible de relier San Francisco à Los Angeles en 35  minutes. Capable d’atteindre 1220  km/h, cet Hyperloop ressemble beaucoup au concept de Swissmetro puisque, pour atteindre cette vitesse, les convois circuleraient dans un tube partiellement vidé de son air afin d’éviter les frottements.

La principale différence est que le projet américain prévoit des tubes en surface alors que Swissmetro emploierait des tunnels. Cela a un effet sur les coûts: une facture de 6 milliards de dollars pour Hyperloop contre une de 25 milliards de francs pour Swissmetro. Cela dit, cette dernière estimation date de 1997 et ne tient pas compte des progrès technologiques, en particulier dans l’électronique de puissance.

Surtout, Hyperloop va exercer plusieurs influences sur Swissmetro. D’abord, il crédibilise le projet suisse. Cofondateur de PayPal et crédité d’une fortune de 7,7 milliards de dollars construite à partir de zéro en à peine quinze ans, Elon Musk (42   ans) est un entrepreneur aux succès extraordinaires avec le fabricant automobile Tesla ou dans la privatisation du spatial avec SpaceX.

Au point qu’il est le mieux placé pour succéder à Steve Jobs au panthéon des entrepreneurs de la Silicon Valley. De plus, Hyperloop fait de Swissmetro un produit potentiel d’exportation, au-delà de sa capacité à projeter les transports suisses dans le XXIe siècle comme à conforter notre image de pays innovant.

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