Monde

A la veille de l’élection présidentielle américaine

Demain, les citoyens  américains se rendront dans les bureaux de vote pour élire le 45ème président des Etats-Unis. Toutefois, cette élection ne sera semblable à aucune autre car elle intervient dans un contexte de crise particulièrement grave, tant à l’échelle extérieure aux Etats-Unis, qu’intérieure. Déjà, on s’attend — dans  certains Etats, dont l’Ohio — à de sérieux problèmes en termes du vote et du décompte des résultats. Dans d’autres endroits, comme la ville de New York, où de nombreux bureaux de vote ne seront pas en état de fonctionner, on parle de recoursir aux moyens de l’armée pour organiser des bureaux de vote ambulants dans des camions militaires …

La situation exceptionnelle que vit les Etats-Unis : élection présidentielle très serrée juste au moment où la ville sans doute la plus emblématique du pays est sous le choc d’une catastrophe naturelle peut créer des surprises.

Car, même si la presse européenne se fait – pour une fois – très discrète sur l’ampleur des dégats subit par New-York (que l’on peut légitimement comparer aux dégats causés par Katrina en 2005), la réalité est qu’il n’y a à peu près aucune chance que la ville puisse fonctionner de nouveau avant longtemps. Lyndon LaRouche a souligné que la destruction se caractérise par le fait qu’elle touche à des infractructures essentielles telles que le métro (déjà passablement décati) mais, surtout, dont les entreprises qui les avaient bâties n’existent plus depuis belle lurette ! Pour n’en rester qu’au seul aspect des inondations, n’oublions pas que c’est de l’eau salée qui s’est répandue partout.

Pour beaucoup le choc est immense, d’autant plus que des villes comme celles de Providence dans l’Etat voisin de Rhodes Island n’ont eut à subir aucuns dégâts significatifs car des investissements avaient été faits pour construire une digue puissante permettant de protéger la ville des intempéries. C’est donc la politique de désinvestissement constant envers ce qui concerne l’intérêt général qui est directement en cause dans cette catastrophe comme n’ont pas manqué de le remarquer avec colère les New Yorkais. De plus, il aura fallu une vive polémique, pour que Michael Bloomberg, le maire démocrate de New York, se décide enfin à annuler le sacro-saint marathon annuel. S’il ne l’avait pas fait, il aurait vraisemblablement fallu s’attendre à des émeutes tant l’indignation était grande de voir des moyens logistiques (blocs électrogènes) et humains (personnel de sécurité et d’encadrement) être monopolisés pour des futilités pendant qu’un grand nombre de New Yorkais se retrouvent à la rue, ou dans des conditions très pénibles, dans le froid et en ayant des difficultés à s’approvisionner en nourriture.

C’est en cela que l’élection de demain – en plus du contexte international – ne sera pas comme les autres et l’on peut d’ores et déjà se dire que le 6 novembre 2012 risque de devenir synonyme d’une profonde rupture.

C’est en ce sens qu’il m’a paru utile de publier ci-dessous le dernier éditorial de Jacques Cheminade qui capture clairement les enjeux de cette élection.

 

Obamney

par Jacques Cheminade

lundi 5 novembre

L’élection présidentielle américaine, dont je ne connais pas encore le résultat en écrivant ces lignes, est le symptôme de la gravité de la situation dans laquelle se débat le monde. Le grand poète allemand Friedrich Schiller jugeait, alors que se déroulait la Révolution française, qu’un grand moment de l’histoire avait échu à un peuple petit. Aujourd’hui, la situation est pire : dans le pays le plus déterminant pour l’histoire du monde, le président sortant mérite de perdre et son rival ne mérite pas de gagner. Leur peuple est, lui, incapable de juger l’enjeu. Manipulé par une saturation d’informations et d’images qui flattent ses instincts et ses désirs, bouleversé par les conséquences sociales de la crise, il se trouve réduit à une servitude volontaire.

Barack Obama, par le refus qu’il a opposé à toute intervention pour sauver la vie de l’Ambassadeur de son pays et des soldats américains à Benghazi, s’est rendu coupable d’un crime politique passible de destitution. Le père d’une des victimes, le Navy Seal Ty Woods, a déclaré que ceux qui ont refusé de lui porter secours sont « les assassins de son fils » et se sont comportés comme des « lâches et des menteurs ». Il a ajouté qu’il « ne leur en voulait pas, mais espérait qu’ils prennent leurs responsabilités et soient capables de changer de comportement ». Ce n’est pas le cas d’Obama. Il a tenté de se défausser de ses responsabilités sur Hillary Clinton et le Département d’Etat, bien qu’un fonctionnaire de ce ministère, Patrick Kennedy, ait déclaré dès le 12 septembre que tout le monde savait ce qui s’était passé. L’on a appris par la suite que la présidence américaine recevait en direct des images de Benghazi. Si Obama n’est pas intervenu puis n’a pas reconnu la réalité des faits, c’est que la résurgence d’Al Qaida en Libye ôtait toute crédibilité à ses rodomontades électorales suivant lesquelles il serait parvenu à l’éradiquer en assassinant Ben Laden !

A ce comportement criminellement irresponsable, l’on peut ajouter que sous la présidence d’Obama les drones américains ont tué plus de civils que sous la présidence de Bush-Cheney, qu’il a violé la Constitution de son pays en lançant la guerre contre la Libye sans demander l’autorisation du Congrès, que par le National Defense Authorisation Act il a permis à l’exécutif d’emprisonner sans jugement ni même poursuites judiciaires tout suspect de terrorisme dans le monde et qu’il a assuré l’impunité aux tortionnaires américains. Ajoutons pour finir qu’il a annoncé le 25 octobre que lui président, il ne remettrait jamais en vigueur la loi Glass-Steagall de Roosevelt, qui « coupait les banques en deux ».

Tant de complaisance fait que The Economist, le porte-parole « libéral » de la City de Londres, a appelé à voter Obama. L’on répondra que Wall Street a massivement financé Romney et que celui-ci est un va-t-en guerre de l’austérité et un va-t-en guerre tout court. C’est vrai. Cependant, c’est l’aveuglement concernant Obama qui est inquiétant en France.

Jean-Marc Ayrault a déclaré que « s’il était américain, il voterait Obama ». Bernard Cazeneuve, devenu chantre du Pacte budgétaire européen d’austérité, a fait de même. Peut-on dès lors s’étonner si le Terminator politique de Californie, Arnold Schwarzegger, a pris fait et cause pour l’austérité budgétaire de François Hollande ? Bernard-Henri Lévy voit en Obama un « Kennedy noir » . Pour améliorer leur entendement, nos responsables devraient écouter ce que Lyndon LaRouche a eu à dire, en ce 2 novembre, au National Press Club de Washington.

 

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